— Inutile d'avoir l'air si surprise ! Je t'avais dit que je te rappellerai. Pour
les cinquante ans de papa, tu te rappelles ?
— Oui, oui, bien sûr... Qu'as-tu décidé ?
— Crois-le ou non, mais j'ai réussi à lui faire admettre l'idée d'une soirée
en lui promettant qu'elle ne serait ni trop grande, ni trop formelle. Ça se
passera ici, sur notre maison flottante. Je m'occupe du buffet, Kyle du
Champagne.
— Et Byron a dit oui ?
— A contrecœur. Je crois qu'il déteste se voir rappeler qu'il a cinquante
ans... Mais nous ne pouvions pas laisser passer son demi-siècle sans le
fêter, pas vrai ? Quoi qu'il en soit, il a promis d'amener cette chère
Catherine. Je meurs d'envie de la rencontrer.
— Effectivement, tu pourrais bien mourir après l'avoir rencontrée.
— Allons, elle n'est tout de même pas si terrible que ça ?
— Je te laisserai en juger.
— C'est ce qui s'appelle ne pas se mouiller ! Bon, je t'attends vendredi soir.
Oh, et il te faut un cavalier. Inutile de protester. Si tu n'en as pas, tu
n'auras qu'à en louer.
— Louer un cavalier ? répéta Ava, sidérée par l'idée. Jade, par pitié... Je
viendrai seule.
— Oh, non...
— A quelle heure ?
— A partir de 20 heures. Mais franchement, tu vas gâcher ma parité. Tout
le monde vient accompagné.
— Désolée. De toute façon, puisque ce n'est pas un dîner assis, ça ne se
remarquera pas. Bon, je dois te laisser à présent. J'ai...
Sur le point de dire « un visiteur », elle se ravisa et acheva :
— ... mon café qui refroidit. A vendredi.