— Voilà, dit- elle en lui tendant l'œuvre soigneusement roulée. Je l'ai
terminé pour vous.
Il le déroula et le fixa quelques instants en silence, avant de lever enfin les
yeux vers Ava.
— C'est un cadeau merveilleux. Je ne vous remercierai jamais assez pour
ça. Je dois y aller, à présent. Je serai là vendredi prochain à 20 heures.
Il franchit le perron en deux bonds souples, monta dans son camion et lui
jeta un regard curieux avant de mettre le contact. Le moteur toussa, puis
la camionnette s'éloigna dans l'allée. Il avait démarré si brusquement que
ses pneus avaient laissé deux traces sombres sur le gravier.
Ava continua de fixer le jardin vide longtemps après son départ. Puis, très
lentement, elle rentra et appuya sur le bouton qui commandait la
fermeture du portail. A quoi avait pensé Vince avant de démarrer ?
Pourquoi cet étrange regard ? L'avait-il comparée mentalement à ses
conquêtes passées ? Regrettait-il déjà de l'avoir invitée ? Avait-il honte à
l'idée de se montrer en sa présence ?
Peut-être un peu des trois. Mais elle refusait, cette fois, de se laisser
abattre. Sept jours la séparaient du vendredi suivant. Sept jours et sept
nuits. Elle ne doutait pas, d'ici là, pouvoir accomplir des miracles. Car si
Vince était assez généreux pour la conduire à la soirée de Byron, elle allait
tout faire pour qu'il n'eût pas à rougir d'elle...