— Non, sans doute. Bon, je suppose que je ferais bien d'y aller, alors. Je

retourne à ma solitude.

Gemma ne put s'empêcher de sourire. Nathan l'aimait. Tout irait bien, en

fin de compte.

— Nous organiserons un week-end à deux dès mon retour, lui promit-elle.

En attendant, pourquoi n'en profiterais-tu pas pour écrire ? Tu pourrais

ressortir cette pièce que tu avais mise de côté ?

— Oui... pourquoi pas.

— Je dois y aller, Nathan. Je t'aime.

— Moi aussi, je t'aime. A lundi.

Gemma alla se placer dans la queue, adressa encore un signe à son mari,

puis franchit la porte d'embarquement. Ces trois jours lui paraissaient

soudain une éternité. Elle fut prise d'un si vif désir de faire demi-tour

qu'elle se retourna. Mais Nathan n'était déjà plus là.

Alors, avec un soupir résigné, elle se remit en marche et s'engouffra dans

l'appareil.

Ava était dans un état de nervosité avancé lorsque le vendredi soir arriva

enfin. Jamais elle ne s'était sentie aussi excitée et anxieuse.

Une inspection surprise dans le miroir de la salle de bains, le matin même,

lui avait appris qu'elle n'avait pas fait des merveilles au cours de la

semaine passée... mais bel et bien un véritable miracle !

Elle avait jusque-là résisté à la tentation de se regarder dans la glace,

même si elle avait senti un changement dans la façon dont ses vêtements

semblaient flotter autour d'elle. Mais elle n'avait pas soupçonné l'étendue

de ses progrès avant ce matin. Il était vrai qu'elle ne s'était guère ménagée

dans la salle de sport, et qu'elle s'était astreinte à un régime alimentaire