eût fait perdre l'esprit, et tout souci des bonnes manières dans la foulée. Il

lui semblait en effet qu'elle n'obéissait plus qu'aux injonctions profondes

de son âme et de son corps.

Vince la fixait pendant ce temps intensément, les yeux plissés.

— Ava... Vous avez bu ?

— Non.

— Il est dangereux de jouer avec le feu, pour une petite fille...

— C'est vous qui m'avez embrassée ! lui rappela-t-elle avec irritation. Et je

ne suis pas une petite fille ! Je suis une femme !

Il plongea un regard dans son décolleté avant d'acquiescer.

— Oui, sur ce point, vous avez raison.

Puis, à la stupeur d'Ava, il entreprit de défaire le premier bouton de son

tailleur.

— Que... qu'est-ce que vous faites ?

— Je vous déshabille, répondit-il d'une voix rauque. Il est difficile de faire

l'amour à une femme habillée...

— Mais... mais... vous ne pouvez pas... Je veux dire, pas ici !

Il s'arrêta, les sourcils froncés sur ses beaux yeux bleus.

— Pourquoi ? Nous ne sommes pas seuls ? Oh non, ne me dites pas que

l'ogre est là !

— Non, Byron n'est pas là...

— Ouf. Mais vous avez raison, dit Vince en regardant autour de lui. Nous

ne pouvons pas faire l'amour ici. Il n'y a que du marbre dans cette maison.

L'occasion mérite un minimum de confort.

Ava émit une protestation étouffée lorsqu'il glissa un bras autour de sa

taille, l'autre sous ses genoux, et qu'il la souleva.

— Retirons-nous dans votre chambre, si vous le voulez bien.