11.

Le cœur d'Ava se mit à cogner follement lorsqu'il la déposa sur le matelas.

Son désir le plus cher était que Vince lui fasse l'amour. Mais elle avait si

peur... Peur de tout !

Lorsqu'il se pencha pour allumer l'une des lampes de chevet, elle se

redressa brutalement en position assise. Elle était horrifiée à l'idée que

Vince pût la voir nue...

— Vince, je...

— Chut, murmura-t-il en s'asseyant près d'elle et en encadrant son visage

de ses larges mains. Tout se passera bien.

— Mais... la lumière...

— Vous voulez que j'éteigne ?

— S'il vous plaît...

— Vos désirs sont des ordres.

Il se pencha de nouveau et éteignit. Une douce clarté filtrait toujours par

la porte entrouverte, mais la chambre était assez vaste et le lit assez

éloigné pour rester dans une pénombre rassurante.

Les mains de Vince revinrent sur ses joues, ses pouces caressèrent la

commissure de ses lèvres.

— J'ai attendu ce moment toute la semaine, soupira-t-il.

L'esprit d'Ava fut pris dans un tourbillon d'incrédulité. Il avait attendu ce

moment toute la semaine ? Cela signifiait qu'il aurait été capable de faire

l'amour à l'ancienne Ava ?

— Non ! se récria-t-elle en détournant soudain la tête.

— Non ? répéta-t-il, visiblement dérouté.