marina qui faisait face à la maison-bateau, cependant, paraissait plein. Ils

le traversèrent lentement, à la recherche d'une place,

— C'est la voiture de Nathan, indiqua Ava, désignant une Mercedes bleue.

Vince freina et s'arrêta.

— Tu crois qu'il va partir tôt ?

— Pas autant que nous.

Son compagnon tourna la tête vers elle, les yeux plissés.

— C'est une promesse ou une menace ?

— C'est un fait.

— Tu as l'air nerveuse.

— On dirait, oui.

Il prit l'une de ses mains dans la sienne et la serra.

— Ne t'inquiète pas, je suis avec toi.

— C'est justement ce qui m'inquiète ! ironisa-t-elle.

— Bon, je vais me garer derrière la Mercedes.

— Mais tu vas la bloquer.

— Et alors ? Tu m'as dit que nous partirions avant lui. Allez, détends-toi.

Ava grimaça. Une telle angoisse lui nouait le ventre qu'il lui était difficile

de se détendre ! Il était probable qu'elle ne pourrait rien avaler. Un verre,

en revanche, ne lui ferait sans doute pas de mal. Peut-être aurait-elle

besoin de plus d'un verre, d'ailleurs, lorsque Byron aurait rencontré

Vince... D'un pas lent, avec la désagréable impression d'aller à l'échafaud,

Ava remonta le ponton au bras de Vince. La maison était brillamment

éclairée, mais personne ne s'était encore aventuré à l'extérieur. Une brise

légère soufflait de la mer, et leur amenait l'écho d'une musique étouffée.

— C'est charmant, ici, observa Vince tandis qu'ils franchissaient la

passerelle. Ça doit coûter une fortune.