— Je ne sais pas pour « et tout », mais j'ai un diplôme. Ça m'a pris un peu
plus longtemps que prévu pour l'avoir, à cause de la mort de mon père.
C'était un bon maçon, mais un très mauvais chef d'entreprise. Il nous a
laissé de lourdes dettes. J'ai donc quitté l'université pour redresser
l'entreprise familiale. J'ai lancé cette petite affaire de jardinage, et j'ai fini
mes études grâce aux cours du soir. Après quoi, Giuseppe a été assez
généreux pour me prêter de l'argent, ce qui m'a permis d'acheter des
terrains et de construire mes premiers immeubles. Giuseppe a récupéré
son investissement depuis longtemps et mon entreprise prospère.
— Mais... pourquoi ne m'as-tu rien dit plus tôt ?
— Je n'en ai pas eu l'occasion. Pas facile de glisser ça dans la conversation
sans avoir l'air de se vanter.
Ava sentit son amour pour Vince grandir encore, si du moins c'était
possible. En sus d'être intelligent, terriblement séduisant et tendre, il était
également modeste. Si seulement il pouvait ouvrir les yeux et comprendre
qu'il y avait de la place, dans son cœur à lui, pour une liaison sérieuse !
Elle-même était prête à faire tous les sacrifices pour avoir une part, fût-
elle minime, dans sa vie !
— Ecoute, je ne t'ai pas amenée ici pour rester dans le froid à nous
raconter nos vies, grommela-t-il. Rentrons et mettons-nous à notre aise. Il
y a quelque chose que j'aimerais te montrer.
L'intérieur de l'immeuble était fini, mais recouvert d'une abondante
poussière de chantier. Vince appela la sécurité de l'un des téléphones
rouges situés dans le hall et leur demanda de ne pas prêter attention aux
lumières dans l'immeuble. Puis ils pénétrèrent dans l'ascenseur, où Vince
dut de nouveau utiliser une clé avant d'appuyer sur le bouton du dernier
étage.