— Je croyais qu'elle n'avait été mariée qu'une fois ! s'exclama Byron.

— Non, elle est passée trois fois devant monsieur le maire, croyez-moi.

— Seigneur...

Byron parut réfléchir à la chose, avant de reporter brusquement son

regard bleu sur Vince.

— Et cette histoire de fiancée italienne ?

— Ma mère s'imagine que je suis un débauché. Sous prétexte que je n'ai

pas de petite amie, elle croit que j'en change tous les jours. Depuis peu,

elle annonce à toutes les femmes qui appellent que je suis sur le point

d'épouser une charmante Italienne tout à fait imaginaire.

— Je vois...

Byron leva les yeux vers Ava qui, assise sur l'accoudoir d'un fauteuil

voisin, faisait de son mieux pour rester impassible malgré les émotions qui

l'agitaient.

— Je... je ne voulais que ton bien, soupira-t-il. Mais je vois que j'ai été un

bien mauvais frère, et un tuteur plus pitoyable encore. Je suis désolé. Me

pardonneras-tu jamais ?

Ava s'approcha de lui et s'agenouilla près du sofa, le regard embué.

— Je savais déjà que tu m'aimais. Alors oublions le passé et allons de

l'avant.

Une expression de sincère étonnement se peignit sur les traits de Byron.

— Tu as tellement changé... J'ai peine à croire que je parle à ma petite

Ava.

— Mais c'est le cas.

— Ava, intervint Vince, pourquoi ne montes-tu pas te changer ? Passe

quelque chose de moins formel. J'aimerais bien t'emmener avec moi à la

maison. Si tu es d'accord, bien sûr.

— Tu veux... me présenter à ta famille ?