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La campagne de Tunisie

 


A partir du 8 novembre 1942, après leur défaite à El-Alamein, les troupes germano-italiennes se replient vers l’ouest, poursuivies par la 8e armée britannique commandée par le général Montgomery. Le front se stabilise devant les fortifications de la ligne Mareth le 23 février 1943.

Pendant ce temps, les Allemands ont envoyé des renforts en Tunisie sans que l’armée française n’oppose, sur les ordres de Vichy, aucune résistance, alors qu’elle s’était dressée, notamment à Casablanca, contre le débarquement des forces américaines.

Quant à la DFL, ayant quitté le 17 avril les environs de Derna, où elle avait pris ses quartiers d’hiver, elle fonce vers l’ouest et avale 2 500 kilomètres avant de rentrer en Tunisie, en terre française, le 2 mai. Seules, d’ailleurs, les 1re et 2e brigades sont du voyage. Le bataillon d’infanterie de marine du Pacifique a poursuivi l’Afrikakorps avec la 8e armée depuis El-Alamein, avant de rejoindre la colonne Leclerc qui, en remontant du Tchad, a chassé les Italiens de l’oasis de Koufra au sud de la Libye. Le général Lelong vient de remplacer à la tête de la 1re brigade le général Kœnig, appelé à Londres par le général de Gaulle pour coordonner les mouvements de résistance.

Le 5 mai, après deux jours de repos, les reconnaissances ont lieu pour relever la 5e division écossaise sur les positions du djebel Garcia et de Takrouna, à l’ouest d’Enfidaville : la Légion face au djebel Garcia, les coloniaux à Takrouna. Les combats en Tunisie touchent à leur fin, mais l’ennemi résiste avec l’acharnement de la déception et de la colère dans le réduit du djebel Zaghouan. Devant nous, nous retrouvons nos vieux adversaires italiens des divisions Ariete et Trieste, et allemands de la 90e division légère, avec qui bien souvent nous nous sommes mesurés dans les combats du désert.

Le point fort de la résistance est l’éperon chaotique des Djebillat qui, terminant le massif du Zaghouan, au sud-est, par le roc de Takrouna, s’enfonce comme une épine dans la position amie. Les Ecossais s’y sont épuisés, réussissant néanmoins à occuper le village de Takrouna, haut bâti sur le roc ; il est tout juste accessible par le nord, des falaises à pic d’une cinquantaine de mètres composant les autres faces.

La 2e brigade s’installe à la pointe des Djebillat, le bataillon de marche n° 5 a Takrouna à ses pieds, le bataillon de marche n° 4 en arrière à gauche, face au piton isolé dit cote 136 ouest ; le bataillon de marche n° 11 encore plus à gauche, face à la 1re brigade, elle-même voisine des éléments Leclerc. Partout l’ennemi nous domine, de près ou de loin, et dispose d’une très puissante artillerie qui sanctionne tout mouvement diurne : aussi la relève doit s’opérer de nuit, souvent sous des tirs de harcèlement. En somme, nos positions défavorables ne peuvent être améliorées que par l’occupation des crêtes, à commencer par celle des Djebillat.

Les Alliés ont pris Tunis le 7 mai, mais l’ennemi ne veut pas lâcher le cap Bon et le protège par le réduit du Zaghouan. L’attaque du saillant sud est décidée pour gêner la retraite des troupes du général von Arnim10. Déjà, le 9, nous avions tenté de nous emparer du blockhaus sud de la cote 150 qui tient les deux compagnies mal accrochées entre ce piton et le roc. L’opération-surprise montée à l’aube par le capitaine Piozin avait échoué de justesse ; les oiseaux de ce nid de charognards, véritable fortin naturel, faisaient bonne garde. Depuis, le bombardement n’avait pas cessé, surtout sur Takrouna, où chaque éclatement se multipliait de la pierraille des ruines. Le 11 mai, la 2e brigade, avec les BM4 et BM5, attaquera donc les crêtes successives des Djebillat.

Un appui puissant de notre artillerie (notre 1er RA et un régiment d’artillerie britannique) précédera chaque attaque partielle. L’observatoire d’artillerie est installé dans les rochers croulants de Takrouna. Aucun préparatif spécial ou apparent ; tout le monde est prêt. Quant à moi, devenu observateur en Piper Cub, un petit avion monomoteur à deux places, je suis chargé, puisque je suis bilingue, de régler les tirs du régiment britannique. J’apprends également à piloter bien que ce soit, paraît-il, interdit aux officiers d’artillerie, mais comme dit le sergent aviateur : « Si je suis blessé, il vaut mieux que vous puissiez atterrir. »

On a d’ailleurs eu une petite émotion quand, un avion allemand nous ayant pris pour cible, nous sommes descendus au ras du sol pour nous poser, en catastrophe mais indemnes, en bordure d’une plantation d’oliviers.

La nuit se passe calmement. Depuis El-Alamein, c’est le premier baroud de la brigade. L’aube du 11 est sereine ; il flotte sur les pentes des écheveaux de fumée des combats précédents et, à 5 h 30, le concert d’artillerie commence. On voit alors les éclatements précis des canons de 150 couronner le blockhaus sud.

Toutefois, l’ennemi n’a pas bougé devant le BM11 ni devant la 1re brigade. Celle-ci, depuis sa montée en ligne, n’a pas été vraiment engagée, mais elle a envoyé de nombreuses patrouilles qui accrochent parfois durement l’adversaire. Les 10 et 11, une opération est menée sur le djebel Garcia par le 1er bataillon de la Légion qui ramène 28 prisonniers et subit des pertes sensibles. Les prisonniers volontaires commencent à affluer. Et le 13 mai, à 9 h 30, retentit enfin le « cessez-le-feu ». Pour nous, cette joyeuse sonnerie marque l’heure de la fin de notre errance, celle de notre retour en terre française, du moins le croyions-nous à ce moment.

Le 14 mai, dans l’après-midi, les Allemands et les Italiens se rendent ; se déroulant à perte de vue, nous voyons une immense colonne de troupes et de véhicules avancer lentement. En tête, une rutilante voiture noire. Ma Jeep, au milieu du chemin, stoppe ce convoi. Dans la somptueuse Lancia, quelqu’un palabre avec un de nos officiers, c’est le général de corps d’armée Orlando. L’Italien est bien sanglé dans un uniforme noir, sa casquette est dorée, son col blanc, ses bottes vernies. Nous sommes tous en short, le col ouvert, et couverts de poussière, mais nous sommes vainqueurs.

Il faut maintenant compter nos morts. Nos pertes sont lourdes. La 1re brigade a 37 tués ; au sein de la 2e, nous ne reverrons plus 54 de nos camarades, dont 6 officiers. Le BM5 a perdu 27 hommes. Cinq officiers de ce bataillon sont tombés dans la rocaille des Djebillat, et parmi eux le capitaine Laurelle, qui aura eu une belle mort pour un officier d’ordonnance, et le médecin-capitaine Beon, fauché par un obus au milieu des blessés.

Le 20 mai, pour le défilé de la victoire à Tunis, les Free French de Leclerc et de Larminat sont peu nombreux ; il y a tellement d’autres participants. Mais la population tunisienne ne s’y trompe pas en acclamant frénétiquement les combattants à la croix de Lorraine.

Et puis, puisque nous avions fait des prisonniers, nous sommes allés les garder : les « cages » – le terme n’est pas très digne – déroulent leurs barbelés dans la région de Sousse, sur le bord de mer heureusement. Le général Orlando a droit à une villa personnelle. Les Allemands restent arrogants et disciplinés, ne croyant nullement à leur défaite prochaine. Ils enragent d’être gardés par nos soldats noirs, qui de leur côté ne leur passent aucune fantaisie. Les Italiens, eux, ont compris et n’aspirent qu’à leur pain quotidien.

Dans un grand geste de générosité, le commandant Laurent-Champrosay a invité les officiers d’artillerie allemands de la 90e division, celle qui nous avait attaqués à Bir Hakeim, à prendre un pot dans la tente qui nous sert de mess. La conversation s’engage très facilement et même très cordialement, et nous discutons en comparant nos matériels comme le feraient des ingénieurs de deux constructeurs automobiles concurrents. A l’occasion d’une réunion d’affaires en Allemagne, j’ai rencontré, soixante ans plus tard, un de ces officiers, qui se souvenait parfaitement de cette réunion, et comme je lui demandais quel était celui d’entre eux qui semblait bouder dans un coin, il m’a répondu : « Oh, c’était LE nazi du régiment ! »

Les rapports avec les officiers de l’armée d’Afrique, qui avaient prêté serment à Pétain, ne sont naturellement pas très bons ; il faut se rappeler que si Darlan a donné l’ordre de tirer sur les Américains et les Anglais qui débarquaient à Casablanca, il a laissé les Allemands s’installer en Tunisie. Les Free French sont assez mal vus. L’anecdote suivante en est une illustration. Accompagné de l’aspirant Aumeran, nous arrivons pour déjeuner au mess de la garnison de Kairouan. Un adjudant au col non boutonné est attablé au rez-de-chaussée avec au mur, derrière lui, un portrait de Pétain ! Quand nous arrivons et nous apprêtons à monter, il nous arrête : « Les aspirants ne sont pas admis au mess. » De mon ton le plus sec, je lui réponds : « Adjudant, d’abord boutonnez-vous et mettez-vous au garde-à-vous quand vous parlez à un officier. » Furieux, il s’exécute et je lui demande d’appeler le responsable du mess. Pendant qu’il est parti, Aumeran met la chaise sur le bureau, décroche le portrait de Pétain et passe son pied à travers au moment même où arrive un capitaine suivi de l’adjudant. Il fallait voir leurs têtes ; mais ils n’ont rien dit.

Au garde-à-vous, je salue le capitaine et lui dis que nous souhaitons déjeuner. Il nous regarde longuement, sans rien dire, puis finit par faire remarquer que nos tenues – short et chemise (et aussi décorations qu’il n’a pas) – ne sont pas convenables. Ce à quoi, furieux, je réponds : « Mon capitaine, je comprends que vous ne les connaissiez pas, ce sont les tenues des officiers qui se battent ; et maintenant je vous prie très fermement de nous laisser monter. » Il obtempère, et nous nous asseyons. Si les regards des officiers présents avaient pu nous tuer, nous serions morts sur-le-champ.

Pour le général Giraud, commandant les troupes françaises d’Afrique du Nord avec l’accord des Américains, qui voit d’un mauvais œil ses soldats déserter pour rejoindre les unités des Forces françaises libres, Sousse, où nous sommes cantonnés, n’est pas assez loin de Tunis. Le 8 juin, la DFL et la colonne Leclerc sont jugées indésirables sur le territoire français et reçoivent l’ordre de quitter la Tunisie.

Nous voici donc de retour en Libye, ce 9 juin, et nous installons nos campements près de l’ancienne cité romaine de Sabratha où subsistent de superbes ruines. Il n’y a pas grand-chose à faire, sauf de belles baignades dans cette Méditerranée si chaude, et d’interminables parties de bridge.

Un mal de dents m’amène dans le camion qui sert de salle d’opérations au médecin-capitaine Prochasson, le dentiste de la brigade. Son adjoint est, dans le civil, vétérinaire, mais comme il n’y a plus d’animaux on l’appelle « la brêle », le mulet en argot militaire.

Je me souviens de la fraise qui était actionnée par un jeu de pédales, et surtout de la façon dont une de mes dents fut arrachée : « Nous n’avons pas d’anesthésique mais ne vous inquiétez pas, vous ne sentirez rien. » J’aurais dû me méfier car, à peine installé dans le fauteuil, on m’attache les deux poignets aux accoudoirs. Je ressens une forte douleur et, dès que mon bras droit est détaché, mon poing part dans la mâchoire de « la brêle » encore penché sur moi pour détacher l’autre bras... Et c’est à son tour de perdre une dent !

Un nouveau régiment d’artillerie vient d’être constitué, commandé par le lieutenant-colonel (de réserve) Tricon qui a choisi « Dunois » (un des compagnons de Jeanne d’Arc) comme nom Free French. Les officiers qui l’encadrent, anciens de l’armée de Vichy, ont tous été faits prisonniers à Madagascar par les Anglais. Je suis affecté à ce régiment où je suis, en dehors du colonel, le seul Français Libre. Le 21 juin a lieu un grand rassemblement ; toute la division est en carré et le général de Gaulle nous passe en revue. Il s’arrête devant la batterie. On lui présente Meffre, le commandant de batterie – « Bonjour Meffre » – puis il s’arrête devant moi : « Aspirant Boris, mon général. — Bonjour Boris », montrant ma croix de guerre : « Où avez-vous gagné ça ? — A Bir Hakeim, mon général. — C’est bien Boris, et depuis quand êtes-vous aspirant ? — Depuis le 1er mai 1941, mon général. » Alors, se tournant vers sa suite : « Il faut le nommer sous-lieutenant tout de suite, c’est inadmissible. — La question est en train, mon général ; il vient d’être muté du 1er RA. » De Gaulle : « Il faut le faire » et – me serrant la main : « Nous nous reverrons », et il continue. J’ai dû payer à boire à tous les amis.

Plusieurs jours plus tard, nous sommes quelques-uns, dont Léo Wormser, un de mes amis d’enfance, attablés à l’Albergo del Mehari à Tripoli, en Libye. A une table voisine, des comédiens anglais venus distraire les troupes ; parmi eux, Laurence Olivier et, surtout, Vivian Leigh que j’ai tant admirée dans Autant en emporte le vent. Je dis aux copains que j’aimerais bien la tenir dans mes bras. Comme ils me disent « Chiche » et que – avouons-le – j’ai déjà bu, je me lève, m’arrête devant le général Montgomery : « Aspirant Boris, Free French Forces » et je continue, toujours en anglais : « Mon général, me permettez-vous d’inviter Miss Leigh à danser ? — Pourquoi ne lui demandez-vous pas ? — Miss Leigh, voulez-vous m’accorder le grand honneur et le grand plaisir d’une danse ? — Mais certainement. » Et nous voilà sur la piste, sous les regards médusés et envieux de mes copains ; nous bavardons gentiment et le roi n’est pas mon cousin. Je la raccompagne et, French gentleman jusqu’au bout, je lui baise la main.

Mais les choses se gâtent et je suis hospitalisé à l’ambulance chirurgicale légère avec une dysenterie qui semble résister aux piqûres d’émétine dont on me parsème les fesses. Je suis sous une tente, allongé sur une civière trouée, et je me vide dans un trou fréquenté par un essaim de mouches malgré les pelletées de sable versées périodiquement. Le 12 août, on m’annonce qu’il n’y a plus d’émétine et que de toute façon cela ne servait plus à rien, chaque injection ressortant immédiatement par les trous des piqûres précédentes. Inutile de dire que j’ai le moral au plus bas, mais, ô miracle, le cauchemar s’arrête. En douze jours, j’ai perdu 24 kilos. Je n’en pèse plus que 48 et les amis qui viennent me voir me conseillent de ne pas sortir de la tente tant qu’il y aura du vent. Je ne vais pas courir le risque d’être emporté, car c’est sur une civière que je suis transporté à l’avion qui doit m’emmener à Alexandrie.

A peine arrivé, je suis derechef transporté sur une autre civière au centre de convalescence des FFL. Au bout de trois semaines, je me sens de mieux en mieux et le toubib me conseille d’aller parfaire ma récupération en altitude au Liban. C’est ainsi que je me retrouve dans un petit hôtel à Dhour-el-Choueir, où j’ai vite fait de retrouver les kilos perdus.

Ma santé s’étant bien rétablie, j’ai fait venir deux amis de Beyrouth qui sont arrivés avec des chevaux, des ordonnances et du matériel de camping. Nous voilà donc partis tous les trois dans les monts du Liban, déjeunant dans un des nombreux monastères maronites, et, le soir, chacun se retrouve sous sa tente après le dîner préparé par les ordonnances ; la guerre est parfois dure !

Les obligations de service des amis n’ont pas permis que cette promenade dure plus d’une semaine et je rentre à Beyrouth où m’est confiée une mission auprès de l’émir des Rouallas, dans l’Hauran, près de Damas, en Syrie. Me voilà reparti m’installer à l’Orient Palace. Le lendemain, une Cadillac vient me chercher pour m’amener à quelques kilomètres de la ville où je dois alors enfourcher un superbe cheval arabe qui me conduit jusqu’au campement de l’émir. La négociation, dont j’ai oublié les termes, se passe bien et je suis convié à un déjeuner traditionnel qui comprend bien entendu un méchoui. L’émir offre alors à l’invité d’honneur que je suis la plus délicate des friandises : un œil du mouton ! Pas question bien entendu de le refuser, mais, comme j’avais été prévenu, je fais semblant de le mâcher avec délice alors que je l’ai avalé.

Le temps passe et je suis toujours au Liban. Un jour de novembre, un marin, le pacha de l’aviso Commandant Dominé, nous propose de fêter Noël pendant que plusieurs d’entre nous sont temporairement ensemble. Son raisonnement ne manque pas de logique : « Les Rois mages qui se dirigent vers Bethléem pour y être fin décembre sont sûrement passés à Beyrouth en novembre. »

Un jour que je me rends au Grand Sérail, où se trouve l’état-major du général de Larminat, avec un ami, une jeune femme se précipite sur lui, un revolver à la main et tire par trois fois avant que j’aie eu le temps de la désarmer ; elle s’enfuit et je trouve mon copain assis par terre, les épaules secouées de spasmes, mais ce sont des spasmes de rire car les balles, du calibre 5,5 mm, n’ont même pas traversé son manteau : « Figure-toi, me dit-il, que j’ai eu une aventure avec cette jeune femme et qu’elle voulait absolument que je l’épouse ; comme j’ai refusé, elle a voulu se venger. » J’ai longtemps conservé ce revolver.

Avec les premières neiges de décembre, nous décidons d’aller faire du ski au lieu-dit « Les Cèdres du Liban » et je me souviens que nous avons créé un remonte-pente en nous servant du treuil d’un camion pour faire circuler un câble qui s’enroulait en haut autour d’une poulie.

Entre-temps, les opérations étant terminées en Afrique, je demande à être affecté aux services spéciaux pour pouvoir aller aider la Résistance. En fait, j’ai très envie de retourner en France le plus tôt possible pour y retrouver ma famille et j’espère pouvoir ainsi combiner les exigences du service et mes souhaits les plus profonds.

Sur le chemin d’Alger, je m’arrête au Caire et décide de faire une croisière sur le Nil. Aussitôt dit, aussitôt fait, et me voici parti sur un bateau à aube qui va remonter le fleuve et nous amener lentement jusqu’à Louxor.

Je peux profiter pleinement de la visite de tous ces monuments car les seuls touristes sont, comme moi, des militaires avec parfois leurs amies. De ce voyage il me reste notamment le souvenir de la pancarte en anglais : « Prière de ne pas tirer sur les crocodiles pendant la sieste. »

Mais le plus important, lors de cette croisière, a été de faire la connaissance, à Louxor, d’Akhenaton, ou en tout cas de sa statue. J’ai depuis toujours été fasciné par l’histoire de ce pharaon, son influence et les conséquences de son passage au pouvoir.

Donc, vers 1355 avant notre ère, le jeune Aménoteph IV, dixième pharaon de la XVIIIe dynastie, succède à son père. Le jeune souverain va progressivement imposer la première religion hénothéiste connue de l’histoire, privilégiant le culte du disque solaire Aton.

L’hénothéisme est une forme particulière de polythéisme où un dieu joue un rôle prédominant par rapport aux autres, ce qui lui vaut un culte préférentiel. Les hénothéistes ne rejettent pas les autres religions ni leurs dieux, mais pour eux il en existe un au-dessus de tous qu’on pourrait appeler Père de tous les Dieux.