Panthéon
La religion républicaine a une manie : déplacer les cercueils ou les cendres des morts, pour les mettre, si l'on peut dire, en perspective. De ce point de vue, le choix opportun de Camus était justifié, et je regretterais que cette apothéose grandiose n'ait pas lieu. Camus était un grand homme de Bien, la Nation se devait de le célébrer comme modèle. Cela dit, la République serait plus claire en établissant aussi un Enfer officiel, une liste d'auteurs non panthéonisables. Dans cette cohorte de noms réprouvés par l'identité nationale, on trouverait pêle-mêle Sade, Baudelaire, Lautréamont, Breton, Bataille, Genet, Céline. Vous imaginez Céline au Panthéon ? Question absurde. À l'extrême limite, Sartre et Beauvoir, mais non, impossible. Alors qui ? Balzac, Stendhal, Proust seraient les bienvenus d'une grande identité nationale, mais, de façon plus modeste, j'aperçois deux candidats qui seraient très « tendance » : Gide et Colette, Colette surtout. L'auteur de Chéri au Panthéon, oui ! Et avec de splendides discours de Roselyne Bachelot et de Carla Bruni !
29/11/2009