Je reviens à moi. À la maison. À M.
J’étais mal partie, pourtant me voilà.
Je me déshabille, touche mes cicatrices.
J’ai fait du mieux que j’ai pu.
J’ai aimé aussi fort que j’ai pu. Je me suis souvent oubliée. J’avais mes raisons.
À présent, je comprends.
Je vais dans la chambre de ma fille, m’assois sur son lit vide.
Je suis maman. Je serai toujours maman.
Sur la table de la cuisine, le mot écrit de ma main.
Quarante-huit heures écoulées, pour moi une vie.
M est endormi, je rentre dans le lit.
Il me prend la main. Tu es là ? Sa voix a changé, elle ne sonne plus comme avant.
Il n’est pas parfait. Il n’a jamais été question de perfection entre nous. Mais d’humanité. J’aurais pu tuer des gens mais je l’ai aimé. J’ai choisi. Je ne crois pas au hasard. Entre nous, il n’y en a jamais eu. Il y a cet équilibre, ce fil tendu sous mes pieds. Je ne le sens plus. Je sens la chaleur d’une passion qui passe son chemin. Je le regarde dormir, mon idéal. Je suis revenue sur terre. Je suis un animal qui pense. Il était question de survie. Grâce à lui, j’ai survécu. Je ne regrette rien. J’ai toujours pensé qu’il était le problème et la solution.
Je suis le problème ; je suis la solution.
Nous, l’exception.
J’enfouis ma tête dans le creux de sa nuque, inspire, caresse.
Notre histoire sur cette peau.
Je le retrouverai toujours ici. Juste là.
M, mon amour ; je suis rentrée.
Alors, je gagne.
Je l’aime toujours, une dernière fois comme avant.