Alliés inattendus
Sylvie n'oubliera jamais les 4 ans de galère qu'elle vient de vivre. Ce terrible accident de voiture à l'origine d'un traumatisme crânien et d'une double fracture du tibia et du péroné suivi de 2 mois d'hospitalisation, puis la perte de son travail, la séparation avec son compagnon, le décès de sa mère et la dépression, conséquence de cette série noire. Les problèmes ne s'arrêtent pas pour autant. Il faut rajouter les nombreux séjours hospitaliers liés à l'apparition d'une infection nosocomiale secondaire à son accident, la résistance à des antibiotiques impossibles à utiliser, suivi de l'apparition d'effets secondaires à ceux qui auraient pu être efficaces, la plaie qui ne se referme pas et pour terminer des douleurs de plus en plus violentes rendant les déplacements presque impossible. Et pour clore cette liste impressionnante de mauvaises nouvelles, l'annonce de la nécessité d'une amputation de la jambe droite. Une date est rapidement fixée pour l'intervention. Sylvie est abattue. C'est en sortant de la consultation d'anesthésie qu'elle va prendre la terrible décision d'en terminer avec la vie. Elle sait maintenant qu'elle ne reverra plus jamais le bout du tunnel.
Mais internet et les réseaux sociaux vont la sauver lorsqu'elle découvre un traitement qui va bouleverser sa vie : la phagothérapie.
Diagnostic
La phagothérapie ou « phage thérapy » est un traitement qui a été utilisé de 1920 jusqu'en 1940 environ, avant l'arrivée des antibiotiques. Ce traitement a été découvert en 1917, par Félix d'Herelle, chercheur franco-canadien travaillant à l'Institut Pasteur.
Cette thérapie consiste à utiliser des virus naturels, appelés les phages, combattant et infectant exclusivement des bactéries, donnant le nom à ce traitement.
De plus en plus de personnes ont recours à la phagothérapie et se rendent dans certains pays de l'Est, en Géorgie par exemple, où ce traitement est très utilisé. Les phages se situent dans des zones dans lesquelles se multiplient les bactéries, comme par exemple dans des rivières proches de zones d'évacuation.
Ce traitement pourrait représenter un complément à l'antibiothérapie face aux bactéries multi-résistantes, permettant ainsi de lutter contre les infections nosocomiales et d'éviter, dans certaines situations dramatiques, une amputation. Plusieurs personnes ont eut recours à la phagothérapie alors que l'amputation d'un de leur membre était déjà programmée. Citons cette femme qui avait même déjà essayé sa prothèse avant de faire marche arrière.
La phagothérapie reste encore méconnue dans nos pays occidentaux poussant certaines personnes à se déplacer à l'étranger pour recevoir ce traitement.
Plusieurs médecins, comme par exemple le Docteur Alain Dublanchet, microbiologiste, et le professeur Patey, infectiologue, souhaitent effectuer des études cliniques afin d'obtenir une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour ce traitement, sans bien sûr, remettre en cause l'efficacité des antibiotiques. Ils ont crée le Centre français d'étude de la phagothérapie (Cefep), dont un des objectifs majeurs est de permettre une bonne utilisation des phages.
D'autres chercheurs, à l'Institut Pasteur, étudient les relations entre bactériophages et bactéries dans le but de mieux comprendre comment des phages pourraient traiter les infections bactériennes, notamment sur le plan pulmonaire ou intestinal.