Juste un baiser

Depuis son accident, il y a cinq ans déjà, Catherine n'aime plus vraiment prendre des médicaments. Deux fois de suite, à deux mois d'intervalle, elle a présenté une réaction allergique sévère accompagnée d'une urticaire géante, d'un œdème de Quincke et d'une gêne respiratoire, provoquée par des anti-inflammatoires.

Désormais, Catherine ne peut plus absorber ce type de produit sans risquer une crise encore plus violente. À chaque consultation chez un médecin, elle doit d'ailleurs signaler cette allergie. Par chance, depuis quelques mois, Catherine n'a pas eu à prendre ce type de traitement et ne présente plus de crises d'urticaire. En revanche, comme près de 20 % de la population, elle souffre chaque année au printemps du rhume des foins...

Rien de bien grave. De toute façon, Catherine s'en moque. Elle est amoureuse. Quelques mois après son divorce, elle a rencontré Frédéric. Un véritable coup de foudre. C'est dans un club de vacances au Sénégal qu'elle a croisé le second amour de sa vie. Peu après leur retour, ils s'installaient ensemble. C'est l'amour fou. Dès qu'ils ont quelques heures devant eux, ils se rejoignent dans un café, au restaurant ou dans un parc. Au grand jour, ils se baladent enlacés en échangeant de fougueux baisers. À 50 ans, Catherine et Frédéric vivent une seconde jeunesse.

Un soir, près d'une heure après avoir fait l'amour, Catherine présente une gêne respiratoire. Son cœur s'accélère, des plaques rouges apparaissent sur sa poitrine et sur ses bras. Puis, son visage se met à enfler. Catherine réalise rapidement qu'elle est victime d'une nouvelle crise d'allergie. Malheureusement, elle ne possède plus aucun des médicaments que l'allergologue lui avait pourtant conseillé d'avoir avec elle en permanence. Il lui reste seulement deux comprimés d'antihistaminiques qu'elle prend habituellement pour soigner son rhume des foins. Elle les avale d'un coup, mais aucun effet ne se produit. Au contraire, les manifestations ont même tendance à s'aggraver. Paniqué, Frédéric appelle un docteur qui arrive quelques minutes après le malaise de Catherine.

Devant l'urgence de la situation, le médecin effectue immédiatement une injection d'adrénaline et de corticoïdes avant d'appeler le Samu. L'état de Catherine s'améliore progressivement. Néanmoins, par sécurité, elle est transférée dans un service de réanimation.

L'enquête allergologique révélera que Catherine a fait un choc anaphylactique provoqué par les baisers fougueux échangés avec son partenaire. Ce dernier, en effet, était depuis quelques jours traité avec des anti-inflammatoires pour des douleurs lombaires. L'allergie de Catherine avait donc suivi le chemin des baisers.

Diagnostic

L'allergie médicamenteuse transmise par un baiser est une situation encore rarement décrite. Dans certains cas, des patients embrassés, allergiques à certains médicaments, peuvent déclencher une allergie lors d'un baiser fougueux avec leur partenaire si celui-ci est traité avec un des traitements qui leur est interdit. Cela peut également se produire avec certains aliments, comme une pomme, auquel la personne est allergique.