Marie-Camille Gélinas décida de s’établir à Montréal en 1956 après une jeunesse passée dans le village de Sainte-Cécile, dans les Hautes-Laurentides. Elle quittait ainsi un cocon familial constitué entre autres de son père Édouard, veuf depuis vingt-deux ans, et de sa tante Florie. Cette dernière avait été pour elle une figure maternelle de remplacement, après le décès de sa mère Clémentine, causé par une chute liée à son diabète, survenue en juillet 1934. Au sein de cette tribu tissée serré se trouvait aussi son oncle Laurent, qui vivait entouré de ses animaux et tentait d’oublier les tourments de son existence. Seule sa tante Adèle avait quitté la région pour vivre enfin son amour avec Jérôme Sénéchal au grand jour, et Marie-Camille se faisait un plaisir de la retrouver dans la métropole.
Pendant les quatre premières années suivant son arrivée à Montréal, la jeune femme étudia et trouva un travail de serveuse à temps partiel dans un restaurant du nord de la ville. Elle s’installa dans un petit logement du quartier Rosemont et obtint son diplôme d’infirmière.
Heureuse de sa liberté, elle désirait avant tout s’épanouir et, à l’instar de sa tante Adèle, une des premières femmes journalistes du Québec, était bien déterminée à ne laisser rien ni personne l’empêcher de suivre ses rêves…