5

Angela


La réalité revint en force. J'avais fait l'amour — une partie de jambes en l'air d'anthologie – avec un client. Pas n'importe quel client, un extraterrestre. Un extraterrestre célèbre connu dans le monde entier comme étant le dernier Bachelor La Bête Célibataire. Mon dieu, c'était trop bon. Non, formidable. Incroyable. Pas seulement la première fois quand il m'avait installée en hauteur sur une chaise sur le lit, mais quand il m'avait soulevée, envoyé valdinguer la chaise et possédée une fois de plus. Puis une troisième. Tous les hommes que je connaissais avaient besoin de temps pour récupérer. Braun semblait pouvoir tenir une journée entière.

Ma chatte bénéficiait des attentions d'un amant extraterrestre, et je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire du reste de ma vie. J'étais endolorie parce qu'il était énorme. J'étais comblée parce qu'il était doué.

Je jetai un coup d'œil à Braun, étalé en travers du lit, seul moyen pour que son corps massif ne déborde pas. Les draps et les couvertures étaient au sol, les oreillers éparpillés de partout. Pas la peine de faire un dessin pour comprendre ce qui s'était passé.

Mais ce n'est pas moi qui ferai le ménage.

Ce n'était pas près d'arriver. Je regardai la montre sur la table de chevet, j'étais là depuis presque une heure et demie, un temps raisonnable si la suite était en bordel. Ce n'était pas le cas avant mon arrivée, mais une lampe gisait désormais au sol, l'abat-jour défoncé. Le lit penchait, Braun avait cassé le sommier suite à ses violents coups de rein. J'avais trop pris mon pied pour le remarquer.

Je ne pus m'empêcher de sourire.

J'avais fait l'amour si sauvagement que nous avions saccagé une chambre d'hôtel. Ça ne me ressemblait pas.

Eh bien, j'avais changé. Je pouvais tout à fait vivre en l'assumant. Vivre avec le souvenir de ce qu'on venait de faire. Je n'allais pas penser à Braun en train de baiser comme un sauvage la femme qu'il avait enfin choisie et à laquelle il passerait ses bracelets de mariage, mais je refusais de foutre en l'air les sensations post-orgasme que j'éprouvais maintenant avec ces idées sordides.

Je me glissai hors du lit, à la recherche de mon uniforme.

— Où tu vas ? demanda Braun. Il ne bougea pas mais me suivit du regard dans la pièce.

— Je dois travailler.

— Tu fais combien d'heures par jour ?

Je retrouvai ma culotte et réalisai qu'elle était déchirée. Je lui lançai un regard, pas du tout en colère.

— Je travaille à temps plein, c'est-à-dire huit heures par jour, cinq jours par semaine. Mais je fais un max d'heures supplémentaires pour essayer d'entrer dans une école.

— Tu travailles trop.

Je haussai les épaules et passai mes bras dans les bretelles du soutien-gorge.

— L'argent ne tombe pas du ciel.

— Tu as d'autres chambres à faire aujourd'hui ?

J'attrapai ma jupe et m'assis au bord du lit pour l'enfiler. Ma culotte était foutue, rester cul nu était ma seule option. Non. Mais je ne peux pas rester ici plus longtemps. Mon chariot est dans le hall, ça va jaser.

— Je me fiche de ce que pensent les autres.

Mes longs cheveux fouettèrent mon visage comme je tournais la tête, je les mis derrière mon oreille.

— Pas moi. J'ai enfreint les règles en couchant avec toi. Je risque de me faire virer.

— De perdre ton travail ? Il s'assit dans le lit comme s'il s'apprêtait à tuer des dragons pour moi. Hors de question.

Je ne pus m'empêcher de rire devant tant de véhémence.

— Mon patron ne croira jamais que tu puisses avoir envie de coucher avec moi de toute façon.

Il plissa les yeux avec une rapidité surprenante. Il tendit la main, m'attira sur ses genoux et me donna une tape sur les fesses par-dessus ma jupe. Je mis ma main dessus.

— Hé ! Pourquoi tu fais ça ?

— Je refuse que tu parles de toi de la sorte.

Il me laissa partir et je descendis du lit pour attraper le haut de mon uniforme. Mes fesses me brûlaient un peu mais j'étais aussi super excitée. Je n'avais jamais reçu de fessée auparavant, mais… waouh.

— Super. Je dois rendre mon chariot et pointer. Je veux dire, terminer ma journée de travail.

— Excellent. Je t'accompagne.

Je me retournai et le dévisageai.

— Quoi ?

— Je n'ai rien à faire, avoua-t-il. Chet Bosworth a une conjonctivite et l'émission a pris du retard.

Je me mordis la lèvre pour ne pas rire.

— Sérieusement ?

— C'est quoi cette maladie ?

— Tu veux vraiment savoir ?

Il hocha la tête.

— Eh bien, c'est quand tu as un microbe dans l'œil, qui devient rose et enflammé. C'est causé par… eh bien, ne pas se laver les mains ou toucher quelqu'un qui ne s'est pas lavé les mains après être allé aux toilettes, puis qui se frotte l'œil.

Il me dévisagea comme s'il essayait de comprendre ; avant de faire la grimace.

Je ne pus m'empêcher de rire à nouveau.

— On pourrait y remédier facilement avec une baguette ReGen.

Je fronçais les sourcils.

— C'est quoi ?

— Un appareil qui guérit les blessures corporelles.

Ce serait génial.

— Oui, mais une baguette magique peut guérir pire qu'une conjonctivite.

— La Terre est trop primitive pour une telle technologie. Et vu l’infection dont souffre Chet Bosworth, je ne serrerais plus la main de personne sur cette planète, jura-t-il. J'ai du temps libre à cause de son manque d'hygiène. Des journées entières, j'ai déjà été interviewé à plusieurs reprises, au tour des candidates maintenant. Angela Kaur de la Terre, je souhaite continuer à passer du temps avec toi.

La joie m'envahit à l'idée qu'il veuille être avec moi.

— Mais pas ici dans ta chambre… ou à l'hôtel, et je suppose que tu ne peux pas sortir du bâtiment.

Il demeura silencieux un moment.

—Tu pourrais avoir des ennuis si tu restais, c'est ça ?

Je hochai la tête. On ne devait pas me voir entrer et sortir de la suite de Braun avec lui, que ce soit durant mes heures de travail ou en dehors.

— Je risque d'avoir des problèmes si je quitte l'hôtel, comme tu viens de le dire, répéta-t-il. Je ne vois qu'une seule solution. Je vais, comme disent les humains, filer en douce.

Je ris à nouveau.

— Toi ? Filer en douce ?

Un éléphant traverserait plus facilement le hall sans se faire remarquer qu'un magnifique extraterrestre de deux mètres.

Il descendit du lit et s'approcha de moi. Nu, viril, le mâle dans toute sa splendeur. Je ne pouvais pas m'empêcher de le fixer.

— Veux-tu passer le reste de la journée avec moi ?

Une bulle de bonheur envahit ma poitrine, et je penchai la tête en arrière pour lui sourire.

— Oui.

— Alors nous devons trouver un moyen pour que je m'éclipse.

Je me sentais comme une adolescente essayant de faire entrer un garçon par la fenêtre de sa chambre sans que les adultes le découvrent. La tête à l'envers.

— Oh ! J'ai une idée. Ce n'était pas génial, mais ça pouvait marcher. Tu m'accordes quelques minutes ?

— Oui.

Je me retournai pour quitter la chambre.

— Attends ! Où tu vas ? Il se précipita derrière moi et se posta devant la porte avant que je puisse l'ouvrir. Ma bête n'est pas contente que tu nous quittes.

— Dis à ta bête que je dois changer de chariot, je dois descendre au sous-sol.

Un grondement monta de sa poitrine. Il serra les poings sur ses cuisses, qui tremblaient.

— Tu vas revenir ?

Je posai instinctivement mes mains sur ses poignets, et pour une raison que j’ignorai, il se calma. Je ne savais pas pourquoi il était si inquiet que je ne revienne pas. Je réalisais qu'il n'était pas seulement fort, sexy et dominateur, mais également vulnérable. Je devais avouer que produire un effet aussi puissant sur quelqu'un d'aussi grand me faisait un peu chaud au cœur. Pas qu’un peu. Je fondais littéralement, je me retrouvais à vouloir prendre soin de lui.

Moi. Ridicule au possible, c'était une vraie montagne de muscles et le sommet de ma tête atteignait à peine sa poitrine, mais d'une manière étrange, j'exerçais un pouvoir sur cet homme — cet extraterrestre — le pouvoir de le rendre heureux. Au moins pour aujourd'hui.

— Oui. Je te donne ma parole. Je reviens. Je me regardais dans le miroir avant de quitter la suite, pour vérifier que je n’avais pas l'air de m'être fait sauter par un extraterrestre. Je pris une profonde inspiration et m'efforçai de ravaler le sourire que je ne pouvais pas m'empêcher d'esquisser. Réalisant que je ne pouvais pas partir les mains vides après avoir soi-disant travaillé une heure, je me dirigeai vers une des poubelles et pris le sac en plastique que j'emportais dans le couloir.

La porte se referma derrière moi et je fourrai la poubelle dans le chariot. Un rapide coup d'œil dans le couloir m'assura qu'il était vide. Mes mains tremblaient, comme si je venais de braquer une banque au lieu de baiser un extraterrestre. Je poussai le chariot jusqu'à l'ascenseur de service et fis de mon mieux pour arborer un air innocent et strict à la fois. J'effectuai le trajet jusqu'au sous-sol sans problème, pointai et cherchai un chariot de linge vide.

Le sous-sol de l'hôtel était une vraie ruche à toute heure du jour. Les employés étaient partout puisque les deux étages du sous-sol abritaient tout, de l'entretien ménager au service de restauration. Personne ne prêta attention à moi lorsque je pris une pile de couvertures propres sur une étagère que je déposais sur le chariot.

De retour à l'étage VIP, je frappai de nouveau à la porte de Braun, en criant :

— Femme de Ménage ! Puisque c'était ce que j'étais censée faire. Une femme qui attendait devant l'ascenseur regarda dans ma direction mais l'ascenseur arriva et elle monta avant que Braun n'ouvre la porte. Il s'était habillé en mon absence.

Je poussai le chariot à l'intérieur et la porte se referma derrière moi. Braun me plaqua doucement contre et m'embrassa sans me laisser le temps de dire 'ouf'. Embrasser était un terme trop basique pour décrire ce que sa bouche faisait. Dévorer conviendrait mieux. Je n'étais partie que depuis dix minutes, mais il était déjà littéralement affamé. Un grondement s'échappa de sa poitrine, je le sentis jusque dans la mienne.

Quand je pus enfin reculer, je levai les yeux vers lui.

— Je ne me suis absentée que quelques minutes.

Il me tenait serrée contre lui, une main au creux de mes reins, l'autre levée pour caresser ma joue.

—Non, ça m'a paru une éternité.

Sa chaleur m'enveloppait. Sa paume était une ancre qui me faisait sentir une douzaine de choses différentes à la fois. En sécurité. Désirée. Belle. Chérie. Protégée. Tout mon corps voulait se fondre en lui, dans son bien- être et sa chaleur. Et puis je voulais à nouveau me retrouver nue, son odeur m'excitait comme jamais.

Je perdais la tête. Ça devait être ça. L'esprit. Mon libre arbitre. Ma volonté. Mon autodiscipline. Il faisait de moi ce qu'il voulait et j'aimais ça.

— Je suis dans un sacré pétrin. Je ne pouvais détacher mon regard du sien un seul instant.

— Tu n'as plus rien à craindre, Angela. Plus rien du tout. Braun baissa la tête, et cette fois, quand il m'embrassa, il le fit avec tendresse. Si j'étais de la porcelaine brisée, il était la colle qui recollait les morceaux, il me faisait comprendre que j'étais une personne de qualité, belle et parfaite.

Je me mis à pleurer sans aucune raison valable. Aucune raison du tout. Personne ne n'avait jamais pris dans ses bras comme ça. Embrassée comme ça.

Merde.

Je reculais me retournai et essuyai discrètement mes joues.

— Nous devrions y aller. Tu dois appeler la réception et leur dire que tu ne veux être dérangé sous aucun prétexte.

— Pourquoi ?

— Fais-moi confiance. Tu es un client VIP. Si tu leur dis que tu ne veux pas être dérangé, même Chet et sa conjonctivite ne pourront pas monter dans ta chambre sans escorte de police.

— D'accord. Il me regarda fixement, sourcils froncés comme s'il ne comprenait pas où je voulais en venir. Mais il s'éloigna pour passer le coup de fil. Il reposa le combiné sur son socle et secoua la tête. Les systèmes de communication humains sont vraiment primitifs.

— Ça fonctionne. Et c'était juste parfait. Maintenant, allons-y.

— Je vais filer là-dedans ? demanda-t-il en indiquant le chariot d'un signe de tête.

— Tu vas devoir te faire tout petit.

J'attrapai les couvertures et attendis qu'il grimpe dans le chariot. Une fois monté, il dut se baisser pour ne pas se cogner la tête au plafond.

Il me lança un regard qui en disait long, puis s'accroupit.

Je riais, il était tellement grand qu'il ne rentrait même pas correctement sous le haut du chariot.

Il me jeta un nouveau coup d'œil, plissa les yeux et parvint à se faire une place — en grommelant — il se pelotonna sur le flanc et se recroquevilla étroitement sur lui-même. Je me penchai pour le regarder et me demandai quelle taille il faisait bébé. Il était probablement immense.

— Je vais mettre ces couvertures sur toi, dis-je en les déployant lentement pour le recouvrir. Je ferai le plus vite possible, mais nous devons descendre au sous-sol et aller au parking. Reste bien planqué.

Il grogna à nouveau sans rien dire.

J'ouvris la porte et inspectai le couloir. Je pris la pancarte Ne Pas Déranger que je suspendis à sa porte pour faire bonne mesure — la réception allumerait une lumière rouge devant sa chambre afin que personne ne le dérange, mais je ne pouvais pas me porter garante du bon comportement des candidates. Ceci fait, je poussai le chariot à linge et me dirigeai vers l'ascenseur de service, malgré la présence de deux femmes au bout du couloir. Ce fut la seule fois où j'appréciais d'être invisible, elles jetèrent des regards dans ma direction sans m'accorder la moindre attention.

Je me remis au travail… et exfiltrai un seigneur de guerre extraterrestre sexy de l'hôtel, en douce.

J'habitais un immeuble de trois étages en briques, construit à l'époque où les choses étaient bâties pour résister au souffle d'une bombe. C'était moche, mais au moins je n'entendais pas la télé des voisins. J'habitais au dernier étage, ma petite terrasse donnait sur le parking situé à l'arrière.

— Voilà mon chez-moi, dis-je en entrant et en lui tenant la porte.

Il baissa la tête et entra dans mon petit salon. Il ne me restait pas beaucoup d'argent après avoir aidé à payer les médicaments de Papy. Une partie partait dans mes cours à l'université, mais j'étais parfois à sec et je ne pouvais pas suivre plus d'un cours par semestre. Tout ce qui restait, partait dans le loyer et la nourriture. Entre le travail à plein temps à l'hôtel et l'école, je n'avais pas le temps de m'amuser, ce qui était une bonne chose puisque je n'avais pas d'argent à dépenser.

Un jour, j'aurais une meilleure situation. Les postes d'infirmière ne manquaient pas, j'étais impatiente de toucher un plus gros salaire... et travailler dans un domaine que je trouvais épanouissant.

Il jeta un coup d'œil autour de lui, et j'essayai d'imaginer comment il percevait mon foyer. Le vieux canapé de Papy trônait dans le salon, il me l'avait légué lorsqu'il avait emménagé dans l'appartement d'une maison de retraite, il faisait son jardin et organisait des réunions au clubhouse de la communauté. J'avais jeté une couverture dessus pour dissimuler les coussins avachis et effilochés, mais il était très confortable. Je mangeais sur la table basse et la table à manger faisait office de bureau. J'y avais installé mon vieil ordinateur, mes manuels et mes cahiers. La cuisine n'était pas assez grande pour que je puisse y tenir avec Braun, je dormais dans un lit une place, mieux valait qu'il n'ait pas envie de faire la sieste. Ma salle de bain comportait une baignoire, des toilettes et un lavabo couleur vert avocat, nul doute que Braun croirait pour de bon que les humains étaient loin d'être un peuple civilisé.

— Il est petit comme toi, dit-il, avant d'être distrait par Oscar qui se faufilait entre ses jambes.

Mon chat était un petit Persan blanc tout doux aux yeux verts, avec un mauvais caractère. Il était si adorablement farouche étant chaton que je l'avais appelé Oscar dès mon retour à la maison. Comme Oscar dans Sesame Street1.

Le nom était resté — il lui convenait parfaitement. Ce chat détestait mon ex, Kevin. Mais peut-être qu'Oscar sentait quelque chose que j'ignorais, j'aurais dû plus observer son attitude envers ce loser. Oscar tolérait la voisine, mais uniquement parce qu'elle lui jetait des friandises tous les matins sur la terrasse.

— Quelle est cette créature ? Il leva les mains devant lui, comme apeuré.

J'allai vers lui, me baissai et pris Oscar dans mes bras. Il se mit à ronronner tandis que je caressais sa tête toute douce. Je levai les yeux vers Braun.

— Il te ressemble.

— Je ne ronronne pas comme ça, rétorqua-t-il, offensé.

Je poussai Oscar vers lui.

— Tiens.

Il n'eut pas d'autre choix que prendre l'animal et je reculai pour voir comment il s'occuperait d'un mignon petit chat.

Braun caressa Oscar comme je l'avais fait, le chat ferma les yeux, heureux. Il ronronnait plus fort encore et Braun sourit.

— C'est un animal de compagnie ?

— Oui. Un chat. Il en existe de toutes les couleurs. Enfin, de plusieurs couleurs. Les chats bleus ou rouges n'existent pas. Je tenais à le préciser, ne voulant pas lui donner l'impression qu'il existe toute une palette de couleurs de fourrures félines.

Il s'assit sur mon canapé, le vieux châssis gémit légèrement en signe de protestation, sans cesser de caresser le chat. Mon dieu, il était... mignon avec la petite bête dans ses bras. Je n'osais pas le lui dire.

Je le regardais fixement, légèrement entichée de la bête géante et mon petit chat blanc duveteux. À chaque fois que je pensais à quelque chose le concernant, il me faisait changer d'avis. Il était possessif et autoritaire, mais aussi doux et gentil.

Il leva les yeux vers moi.

— Arrête de me regarder comme ça.

Je clignai des yeux puis fronçai les sourcils.

— Comment ça ?

Il me montra du doigt et fit un cercle avec son doigt.

— Comme ça. Comme si tu voulais me lécher, me sauter dessus ou...

Impossible de réprimer mon sourire.

— Je suis jalouse de mon chat.

Il haussa son sourcil blond. Il jeta un coup d'œil au chat, heureux dans ses bras, puis me regarda.

— Pourquoi serais-tu jalouse d'un animal de compagnie ?

— Moi aussi, je veux des caresses.

Ses yeux s'étrécirent, une lueur de désir filtra dans son regard. Il se pencha en avant, posa le chat au sol et se pencha en avant. Il me fit signe d'approcher du doigt.

Je réduisis l'espace entre nous, me plaçai entre ses jambes écartées. Il était si grand que nos yeux se trouvaient presque au même niveau.

— Tu ronronnes quand je te caresse comme il faut, murmura-t-il en posant ses mains sur mes hanches. Tu cries, aussi.

Mes joues s'échauffèrent en repensant à la façon dont il m'avait mis le diable au corps. Bon sang, il avait posé une putain de chaise sur le lit pour me baiser en bonne et due forme. Je n'étais pas la seule à me montrer totalement débridée.

— Tu as mal ? demanda-t-il, ses yeux clairs croisèrent les miens.

Un peu. Sa bite était impressionnante et je n'avais pas couché avec un mec depuis un moment. J'avais mal, mais quand bien même... ça n'avait pas d'importance. J'avais à nouveau envie de lui.

— Pas assez pour ne pas avoir envie de toi.

— Toi, tu as envie de moi ? Je décelais une lueur amusée dans son regard, comme s'il trouvait ça drôle. Oui, ma déclaration était un peu étrange. Moi, avec mon petit mètre cinquante, en train d'annoncer à un Atlan que j'allais encore me le faire.

Mais je me sentais pleine d'audace. Je savais qu'il me désirait. Il était dans mon appartement, pas à l'hôtel. Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Je ne risquais pas de perdre mon poste ici.

Il ne me jugeait pas. Il ne regardait pas mes cuisses en se demandant pourquoi elles se touchaient. Il n'avait fait aucun commentaire sur la taille de mes fesses ou mes seins plus qu'abondants. Il m'avait vue sous toutes les coutures et s'était montré... respectueux. Complètement différent des mecs sur Terre. Si différent de Kevin.

Arrête. Non. Pourquoi penser à Kevin quand j'avais un extraterrestre chaud bouillant assis sur mon canapé.

Pour la deuxième fois en quelques heures, j'enlevai mon chemisier et mon soutien-gorge. Braun me regardait, me fixait. Il bavait presque. Il toucha mes seins et je fermai les yeux, je rejetai la tête en arrière.

— Ils tiennent bien dans mes mains.

Hmm, effectivement. Ils étaient peut-être aussi volumineux parce que destinés à Braun. J’ignore combien de temps il passa à les malaxer, les tripoter, les pétrir, tirer sur les tétons. Je gémis quand il s'arrêta et le regardai.

— Sors cette bête de ton pantalon, mon grand. Il écarquilla les yeux alors que je baissais mon pantalon et retirais mes baskets.

— Maintenant.

Il obéit, souleva ses hanches, juste assez pour baisser son froc et extirper sa bite.

Je n'avais jamais été aussi impatiente, aussi désireuse d'être baisée. Et même s'il y avait un Atlan sur mon canapé, c'était moi l'agresseur ici. Ou, de façon plus réaliste, il me laissait prendre les choses en main par crainte de me faire du mal.

Je posai la main sur son bras pour rester en équilibre, grimpai sur ses genoux, fis passer mes genoux à califourchon sur ses hanches. Il était presque trop grand pour que ça marche, mais je me calai sur mes genoux et l'embrassai. Sa longue bite dure et épaisse se pressait contre mon ventre.

Ses mains glissèrent le long de mon dos et empoignèrent mes fesses.

Il s'écarta et embrassa l'ovale de mon visage.

— Tu es excitée ? Je ne te ferai pas mal, peu importe ton degré d'impatience.

Bon sang il embrassait comme un dieu. Il était chaud bouillant, une énorme fournaise. Mes mamelons durcissaient, ma chatte se languissait de lui. J'interrompis notre baiser et regardai entre nous. Je ne pouvais pas me hisser plus haut et faire en sorte que sa bite soit au même niveau que ma chatte. Mes jambes étaient tout simplement trop courtes.

— Soulève-moi. Je suis prête. Je mouille, dis-je, frustrée. Il gloussa et son doigt caressa ma fente de haut en bas. Il grogna, j'en déduisis que sa bête était satisfaite.

— Putain, ma belle. Tu dégoulines pour moi.

— Je dégouline à cause de toi. De tout à l'heure. Maintenant, ferme-la et baise-moi"

J'étais si excitée, si folle de désir, que je griffai presque ses bras.

— Tes désirs sont des ordres. Braun me souleva par la taille afin que je m'installe sur lui et m'empala, ma chatte béante avala sa bite pendant qu'il me pénétrait.

— Oh mon Dieu, je gémis, me tortillai pour l'accueillir en entier. Cette position était différente, il me pénétrait en profondeur.

Il grommela de nouveau, un grondement monta de sa poitrine.

— Tu es à moi, dit-il.

— Oui. Oui !

J'ondulai des hanches, j'essayai de me soulever mais je ne parvins à m'éloigner de lui que de quelques centimètres. Ses cuisses étaient trop massives. J'étais trop petite. Ça ne marcherait jamais. Je ne pouvais même pas le chevaucher. Je me retrouvais empalée sur lui sans pouvoir rien faire.

— Braun, dis-je en gémissant. S'il te plaît.

—J'ai trop envie de toi. Je meurs d'envie de te baiser, dit-il en empoignant de nouveau mes hanches, en me soulevant et m'abaissant.

— Oui.

Il recommençait.

— Oh.

Encore.

— Oh mon Dieu.

— Tu es la femme de ma vie, Angela Kaur. Il me soulevait et m'abaissait à un rythme régulier. Il me soulevait lentement, m'abaissait violemment afin de me pénétrer profondément. Il fit décoller ses hanches et me donna un coup de rein, il me pénétrait totalement. Je n'étais pas sûre que ce qu'il disait fût vrai. J'étais trop petite et nous devions faire en sorte que ça marche. La chaise sur le lit avait été une bonne idée. Je ne pouvais pas le chevaucher comme je voulais, mais mon Dieu, c'était trop bon.

— Je n'en veux pas d'autre. Tu es à moi. Ma femme.

Il continuait de parler pendant qu'on baisait, mais je n'entendais pas ce qu'il disait. J'étais trop absorbée par mon plaisir, ce qu'il me donnait, ce que je prenais. Je ne pouvais pas supporter plus de plaisir. C'était presque trop. J'étais sur le point de jouir, si fort que j'étais reconnaissante que mon appartement ait tout d'un bunker. Personne ne croirait qu'on m'assassinait en plein orgasme.

Je me penchai entre nous et frottai mon clitoris. Braun ralentit la cadence pour regarder et voir ce que je faisais.

— Oui, ma femme, m'encouragea-t-il en me soulevant plus rapidement et en m'abaissant plus fermement pour me faire jouir.

— Braun, s'il te plaît, ajoutai-je en haletant. J'étais à deux doigts de jouir, mais il était presque trop à fond. Mon cerveau se reconnecta et commença à imaginer à quoi je devais ressembler, en train de rebondir sur ses genoux comme une nymphomane, en train de supplier pour en avoir toujours plus.

Il grogna puis passa à la vitesse supérieure, comme si sa mission consistait à me procurer un orgasme. Plus d'un.

Ça marchait. Il augmentait la cadence, son grognement allant crescendo faisait palpiter ma chatte, j'avais la chair de poule. Mon cerveau partait en tilt, je devenais dingue. Comme si j'allais exploser en mille morceaux sans sa chaleur, sa bite et ses mains pour m'ancrer dans la réalité.

Quel mec faisait des trucs pareils ? Pas uniquement la première fois alors que je hurlais et jouissais sur sa queue, mais la deuxième fois, quand je gémis sur cette déferlante de plaisir, ou la troisième fois quand il me pénétra vigoureusement et jouit en grondant, m'empalant une fois de plus avant que je m'effondre, en loque, sur sa vaste poitrine.

Je me laissais bercer par les battements de son cœur, sa main caressait mon dos en sueur.

J'avais peut-être perdu la notion de la réalité à un moment, mais je me souvenais de ce qu'il avait dit. Il m'avait dit ma femme.

Il le pensait vraiment ? Étais-je la femme de sa vie ? Celle qui porterait ses bracelets ?

Je n'en avais aucune idée, mais si le test se basait sur la compatibilité sexuelle, je dirais qu'il avait peut-être raison.

J'ignorais si je pourrais coucher avec un autre homme que lui.

Je désirais Braun. Je voulais sa bite. Bon sang, je voulais conquérir son cœur parce que le mien lui était déjà acquis.

Blottie contre lui, je ne protestai pas lorsqu'il me porta jusqu'au lit, me déshabilla et me tint dans ses bras, ses mains caressèrent mon dos pendant ce qui me parut être des heures de pur bonheur. Je m'endormis au son des doux ronronnements de mon Atlan et mon chat.

1N.d.T : personnage de l'émission Sesame Street. Oscar a un corps vert, pas de nez apparent et vit dans une poubelle.