7 TRAVAILLER AVEC SOI-MÊME

« Penser est facile. Agir est difficile. Mais agir en accord avec sa pensée est le plus difficile de tout. »

JOHANN WOLFGANG GOETHE, ÉCRIVAIN ALLEMAND ET ESPRIT UNIVERSEL

V otre corps et votre esprit sont les outils que vous utilisez pour agir. Apprenez à travailler efficacement avec vous-même, et vous agirez pour atteindre vos objectifs plus facilement et plus agréablement.

Dans notre environnement économique actuel, nous avons tendance à être stressés par tout ce que nous avons à accomplir. C’est pourquoi apprendre à travailler efficacement peut nous donner les moyens de renoncer à une carrière épuisante au profit d’une carrière épanouissante.

Dans ce chapitre, vous découvrirez comment prendre vos décisions, vous fixer des objectifs et les atteindre, suivre l’évolution de vos tâches quotidiennes, surmonter les résistances et travailler de façon plus productive sans risquer le fameux burn out.

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L’acrasie

« Certaines de vos plus belles batailles seront menées dans les chambres silencieuses de votre âme. »

EZRA TAFT BENSON, ANCIEN SECRÉTAIRE D’ÉTAT AMÉRICAIN À L’AGRICULTURE

D ans l’un de ses spectacles comiques les plus célèbres, le roi de l’humour new-yorkais Jerry Seinfeld décrit ses difficultés à aller se coucher :

Je ne dors jamais assez. Je me couche très tard parce que je suis du soir. Les personnes du soir veulent se coucher tard. Comment se lever après cinq heures de sommeil ? C’est le problème des personnes du matin. Ce n’est pas mon problème puisque je suis une personne du soir. Je me couche aussi tard que je veux. Vous, vous vous levez le matin complètement groggy, épuisé… La personne du soir baise toujours le type du matin. La personne du matin n’arrive à rien. La seule chose qu’elle peut faire, c’est se réveiller systématiquement trop tard pour que la personne de la journée perde son job et que la personne du soir n’ait plus d’argent pour sortir.

Cela vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Nous savons ou sentons que nous devons faire quelque chose, mais ne faisons rien. Cela s’appelle de l’ Acrasie .

L’Acrasie et la procrastination sont liées, mais ne désignent pas exactement la même chose. Avec la procrastination, vous avez bel et bien décidé d’accomplir une tâche, mais vous la remettez toujours à plus tard. Si vous devez absolument répondre à un e-mail mais surfez sur Internet pendant des heures sans répondre à votre e-mail, c’est de la procrastination.

L’Acrasie est un problème plus profond : vous avez le sentiment que vous « devez » faire quelque chose sans nécessairement décider de le faire. Ce sentiment de devoir n’aboutit pas à une décision ni à une action, même si vous savez que vous avez tout intérêt à prendre cette décision ou à accomplir cette action. La plupart des individus expérimentent l’Acrasie lorsqu’ils envisagent de changer leurs Habitudes (concept abordé ultérieurement) (« Je devrais arrêter de fumer »), de faire quelque chose qu’ils n’ont encore jamais fait (« Je devrais faire un don à cette association caritative ») ou de faire quelque chose dont l’idée les rend mal à l’aise (« Je devrais écrire mon testament et le faire enregistrer chez le notaire »). Un sentiment de devoir omniprésent, mais qui ne débouche jamais sur une action, d’où une frustration intense.

L’Acrasie n’est pas un concept récent : on retrouve des débats sur la source de l’Acrasie chez Socrate, Platon et Aristote. Ce terme, dérivé du grec, signifie « absence de pouvoir », « impuissance » ou « faiblesse de la volonté ». Selon Socrate et Platon, l’Acrasie est un défaut moral, tandis que pour Aristote il provient d’une croyance erronée sur ce qu’un individu « devrait » faire. Et même si les philosophes débattent du sujet depuis des siècles, ils n’ont pas encore trouvé le remède.

L’Acrasie est l’un des obstacles à l’action les plus répandus et les plus durables. Si vous voulez avancer et ne plus rester en proie à un conflit intérieur paralysant, adoptez une stratégie vous permettant de reconnaître et de combattre l’Acrasie.

D’après mon expérience, l’Acrasie comprend quatre aspects : une action, un désir/une volonté, un sentiment de devoir et une résistance émotionnelle. Et les sources de résistance potentielles peuvent être nombreuses. Par exemple :

  • images  Vous êtes incapable de définir ce que vous voulez.

  • images  Vous croyez dur comme fer que l’action à effectuer va vous rapprocher de quelque chose que vous ne voulez pas.

  • images  Vous êtes incapable de savoir comment vous allez aller du point A – là où vous êtes actuellement – au point B – là où vous voulez être.

  • images  Vous idéalisez la Finalité souhaitée au point que votre cerveau estime que vous avez peu de chance d’y parvenir, d’où une Aversion pour la perte.

  • images  Votre sentiment de devoir vous a été dicté par quelqu’un d’autre, d’où votre Résistance à la persuasion.

  • images  Une autre action dans votre Environnement (concept abordé ultérieurement) actuel vous promet une gratification immédiate, alors que la récompense de l’action en question viendra bien plus tard. (Un concept que les psychologues ont baptisé « actualisation hyperbolique ».)

  • images  Les avantages de l’action en question sont abstraits et lointains, alors que d’autres actions possibles vous apporteront des avantages concrets et immédiats. (Un concept que les psychologues appellent « théorie des niveaux de représentation » ou « pensée de la proximité et de la distance ».)

Les situations d’Acrasie peuvent revêtir plusieurs formes : manger un cookie au lieu de suivre un régime pour être en meilleure santé. Surfer sur le Web au lieu d’aller à la salle de sport. Rester dans une relation de couple frustrante au lieu de rompre et s’en aller. Rêver d’une nouvelle idée à appliquer au lieu de la tester. À chaque fois que vous « devriez » faire quelque chose mais vous abstenez de le faire, vous faites preuve d’Acrasie.

L’Acrasie est un problème délicat pour lequel il n’existe pas de solution facile et universelle. Cela dit, il existe de nombreuses stratégies et techniques capables de prévenir et de résoudre les situations d’Acrasie. Nous les traiterons dans ce chapitre.

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Le monoïdéisme

« Just do it . (Faites-le.) »

SLOGAN DE NIKE

O n a beaucoup écrit ces dernières années sur la productivité, comment en faire davantage dans son travail. De nombreux ouvrages (comme S’organiser pour réussir de David Allen, L’art d’aller à l’essentiel de Leo Babauta ou encore Master Your Workday Now! de Michael Linenberger) proposent différentes méthodes pour atteindre le « nirvana productif ».

Lorsque nous essayons d’être productifs, que cherchons-nous exactement ? Idéalement, vous voudriez concentrer toute votre énergie et toute votre Attention sur une seule tâche à la fois.

Le Monoïdéisme correspond justement à cet état : vous consacrez votre énergie et votre attention à une seule chose, sans conflit intérieur. Le Monoïdéisme est souvent appelé état de « flow » – un terme inventé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi. Il s’agit d’un état de productivité optimale où l’esprit est clair et parfaitement concentré sur la tâche en cours. L’attention et l’effort sont dirigés vers un, et seulement un seul, sujet pendant une période prolongée.

P. J. Eby, un ancien programmeur qui aide aujourd’hui les individus à utiliser leur cerveau de façon plus productive, définit le Monoïdéisme comme suit :

Quand quelqu’un vous dit « Fais-le », il essaie de vous dire que vous ne devez pas faire autre chose en même temps. En fait, il vous dit : « Fais-le sans penser à rien, même pas à ce que tu es en train de faire. Tu n’as même pas à le faire, mais à te regarder faire, sans essayer de faire quoi que ce soit. »

Le « monoïdéisme » est simplement l’état où vous n’avez qu’une seule chose en tête, sans conflit intérieur. Il en résulte une action naturelle en accord avec la pensée. Il ne s’agit pas d’une technique… L’utilité d’une technique (de productivité) particulière pour un individu particulier va largement dépendre de sa capacité à résoudre ses pierres d’achoppement particulières pour lui permettre d’atteindre un état de monoïdéisme.

Lorsque vous vous contentez de « faire » telle ou telle chose, vous êtes dans un état de « flow », un état Monoïdéique. Pas de distractions, pas d’interruptions, pas de jugements sur soi, pas de doutes. Et quand votre cerveau fonctionne à 100 % en mode « faire », vous abattez beaucoup de travail sans vous en rendre compte.

Alors comment entrer dans un état Monoïdéique ?

Premièrement, éliminez les distractions et les interruptions potentielles. Selon le niveau d’activité cognitive nécessaire à l’accomplissement de votre tâche, il faut de dix à trente minutes pour que votre esprit soit totalement absorbé par ce qu’il fait. Les coups de fil, les collègues qui viennent faire appel à vos lumières et d’autres exigences extérieures vont briser votre état Monoïdéique. Par conséquent, commencez par veiller à ne pas être dérangé. J’utilise souvent des boules Quies ou je mets de la musique instrumentale pour supprimer les bruits de fond, et quand je ne veux pas être interrompu dans mon travail, je décroche le téléphone ou éteins mon portable.

Lorsque j’écris, je supprime temporairement ma connexion à Internet (voir l’Épuisement de la volonté), ce qui contribue à me maintenir dans un état Monoïdéique. Sinon, j’ai trop tendance à surfer sur la Toile dès que je suis en panne d’inspiration. Vous pouvez également utiliser des techniques de Structure directrice similaires pour empêcher votre attention de vagabonder ailleurs.

Deuxièmement, éliminez les Conflits intérieurs. Vous pouvez avoir du mal à vous mettre au travail parce que vous êtes en proie à un conflit entre deux systèmes de contrôle dans votre cerveau. Supprimer ces conflits avant de démarrer vous aide à atteindre un état Monoïdéique beaucoup plus rapidement. Si vous sentez une résistance intérieure, prenez le temps d’explorer ce conflit de manière plus approfondie.

Lors de l’écriture de ce livre, j’ai ressenti une résistance frustrante à plusieurs reprises. Au lieu d’essayer d’ignorer cette résistance intérieure ou de tenter de la combattre (le moyen le plus sûr d’aboutir à un Épuisement de la volonté), j’ai décidé de l’explorer en utilisant la Simulation mentale et la Réinterprétation. Et j’ai découvert un Conflit caché. Je n’étais pas satisfait de la tournure que prenait mon travail, alors je me disais : « À quoi bon continuer quelque chose qui ne marche pas ? C’est du temps de perdu. » Pour résoudre mon conflit intérieur, j’ai passé du temps à revoir la structure de mon livre, ce qui m’a permis de l’améliorer et de supprimer la source de résistance qui m’empêchait d’écrire.

Troisièmement, défoulez-vous un bon coup ! Puisqu’il faut de dix à trente minutes pour entrer en état de flow, prendre dix à trente minutes pour se livrer à une bonne dépense d’énergie peut permettre d’atteindre l’état Monoïdéique plus rapidement par la suite. Si vous n’êtes toujours pas productif après avoir piqué un cent mètres, vous êtes autorisé à vous arrêter et à faire autre chose. Mais c’est rarement le cas, car une fois que vous vous êtes vraiment mis à travailler, il vous est facile de continuer sur votre lancée.

J’utilise souvent une technique appelée Pomodoro1 du nom de son créateur, Francesco Cirillo, inventeur des minuteurs en forme de tomate (pomodoro en italien). Voici comment fonctionne cette technique : réglez un minuteur sur vingt-cinq minutes et essayez de focaliser votre attention sur une seule tâche pendant ces vingt-cinq minutes. Si vous vous interrompez, ce n’est pas grave, concentrez-vous à nouveau jusqu’à ce que le minuteur sonne. Après avoir travaillé pendant vingt-cinq minutes, vous pouvez faire une pause de cinq minutes – soit un total d’une demi-heure, un modèle que nous pouvons répéter plusieurs fois dans la journée.

Ce qui me plaît dans la technique Pomodoro, c’est qu’elle fait d’une pierre deux coups : elle facilite le démarrage et elle vous autorise à ignorer les distractions. Même si vous n’êtes pas emballé par la tâche à effectuer, vous dire « Ce n’est que l’affaire de vingt-cinq minutes » peut vous aider à surmonter votre résistance initiale. Cette technique est aussi une bonne excuse pour ignorer les distractions : si le téléphone sonne, vous rappeler que ces vingt-cinq minutes forment un bloc indivisible est un moyen efficace de vous autoriser à l’ignorer et de rester dans votre état Monoïdéique.

Si vous supprimez les distractions et les Conflits avant de vous mettre à travailler, vous allez entrer dans un état Monoïdéique en quelques minutes.

La méditation est un bon entraînement au Monoïdéisme. Des méditations simples, par exemple vous concentrer sur votre respiration, puis réorienter consciemment (mais sans jugement) votre attention vers votre souffle dès que vous vous laissez distraire par autre chose est un moyen de pratiquer l’aptitude à rester attentif et concentré face à des distractions. Il suffit de dix minutes de méditation quotidienne pour améliorer considérablement sa capacité de concentration.

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La sanction du changement cognitif

« Gouvernez votre esprit ou c’est lui qui vous gouvernera. »

HORACE, POÈTE LATIN

T out projet sur lequel vous décidez de travailler réclame une certaine Attention et une certaine énergie pour être réalisé. La question est la suivante : comment pouvez-vous accomplir tout ce que vous devez accomplir le plus efficacement possible ?

Beaucoup d’individus optent pour le multitâche en essayant de faire plus d’une chose à la fois. Et bien qu’ils soient nombreux à penser que cela augmente leur efficacité, le Monoïdéisme et le multitâche sont à l’opposé l’un de l’autre. Sur le plan neurologique, le cerveau est incapable de faire plusieurs choses à la fois. Lorsque vous essayez de faire plus d’une chose en même temps, ce n’est pas réellement en même temps. En fait, votre attention passe rapidement d’une chose à l’autre. Autrement dit, quand vous prêtez attention à la tâche A, vous ignorez la tâche B, puis réorientez votre attention vers la tâche B en ignorant la tâche A, et ainsi de suite.

Par conséquent, être productif en faisant plusieurs choses à la fois est un mythe. Selon plusieurs études neurologiques récentes,2 plus il y a de choses auxquelles vous essayez de prêter attention à un moment donné, moins vous les faites bien. C’est pourquoi il ne faut pas téléphoner en conduisant. Car en voulant vous concentrer sur deux actions à la fois, vous diminuez votre temps de réaction dans des proportions comparables à celles de quelqu’un qui conduit en état d’ébriété.3

À chaque fois que vous passez d’un sujet à l’autre, vous encourez la Sanction du changement cognitif . Pour agir, votre cerveau doit « charger » le contexte de ce que vous êtes en train de faire dans sa mémoire de travail. Si vous zappez constamment, vous obligez votre cerveau à charger et recharger sans cesse des contextes, ce qui réclame du temps et de l’énergie. C’est pourquoi il est possible de passer toute sa journée en mode multitâche, de ne rien faire efficacement et de se sentir épuisé le soir. Vous avez dépensé toute votre énergie à changer constamment de contexte au lieu d’avancer.

La Sanction du changement cognitif est un coût lié au Frottement (concept abordé ultérieurement) : moins vous zappez sur le plan cérébral, plus le coût est bas.

C’est ce qui explique l’efficacité du Monoïdéisme : en focalisant votre attention sur une seule chose à la fois, vous permettez à votre cerveau de charger le contexte dans sa mémoire de travail une seule et unique fois, ce qui signifie que vous pouvez concentrer votre énergie sur l’accomplissement de la tâche en cours.

Une stratégie de regroupement qui consiste à regrouper des tâches similaires permet d’éviter les changements de contexte improductifs. Certes, éliminer les distractions peut contribuer à prévenir les interruptions inutiles, mais même si vous avez toute la journée de libre, vous pouvez perdre de l’énergie mentale à changer de sujet continuellement.

Par exemple, j’ai du mal à avancer sur des tâches créatives (écrire ou tourner des vidéos de formation) entre les coups de fil aux clients. Au lieu de tenter de jongler avec les deux casquettes en même temps, je me concentre sur l’écriture le matin, travaillant pendant plusieurs heures sans interruption, et je m’occupe de mes appels, rendez-vous et réunions l’après-midi. Ainsi, je peux accorder toute mon attention à chacune de ces tâches.

J’utilise une stratégie similaire pour exécuter les corvées ménagères, faire les commissions ou mettre à jour des rapports financiers. Et, du coup, je m’en débarrasse en très peu de temps.

Paul Graham, capital-risqueur, programmeur et essayiste, utilise une stratégie de regroupement des actions similaires en deux catégories : le planning du créateur et le planning du manager.4 Si vous êtes en train d’essayer de créer quelque chose, ne cherchez surtout pas à trouver du temps entre deux pour les tâches administratives, car vous risquez de tuer votre productivité. Le « planning du créateur » est constitué de périodes de temps étendues et ininterrompues, alors que le « planning du manager » est divisé en plusieurs petites périodes consacrées aux réunions. Ces deux plannings servent des objectifs différents, alors n’essayez pas de les combiner si vous voulez être productif.

En général, j’applique une règle simple pour organiser ma journée : la méthode des 3-10-20. En une journée, je peux réaliser trois grandes actions et dix petites actions. Une tâche majeure est une activité qui réclame plus de vingt minutes de concentration totale ; toutes les autres actions sont mineures. Si je suis interrompu dans une action majeure, la reprendre compte comme une nouvelle tâche.

Exemples d’actions majeures : rédiger une offre commerciale, réaliser un rendez-vous avec un client, réviser un livre. Entre ces tâches, je peux me permettre de passer un coup de fil rapide, consulter mes e-mails et y répondre, lire quelques articles, faire la vaisselle ou ranger mon bureau.

Tant que je réserve suffisamment de temps à mes actions majeures, je peux faire tout ce que j’ai à faire dans la journée. Si je suis interrompu au beau milieu d’une action importante, je ne la réaliserai pas ce jour-là ou je reporterai une autre action majeure. Il me suffit de garder à l’esprit que mes possibilités ont des limites pour trouver le bon équilibre entre Stress et Récupération (concept abordé ultérieurement).

Supprimez les changements de contexte improductifs et vous en ferez plus avec moins d’efforts.

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Les quatre méthodes pour terminer une action

« Je ne suis qu’un seul individu, mais quand même un individu. Je ne peux pas tout faire, mais je peux faire quelque chose. Et ce n’est pas parce que je ne peux pas tout faire que je vais refuser de faire ce quelque chose. Ce que je peux faire, je dois le faire. Et ce que je dois faire, grâce à Dieu, je le fais. »

EDWARD EVERETT HALE, ÉCRIVAIN AMÉRICAIN DU XIXE  SIÈCLE ET HOMME D’ÉGLISE

I l n’existe que quatre manières de « faire » les choses : l’exécution, la suppression, la délégation et le report.

L’exécution – accomplir l’action en question – est l’option à laquelle la plupart des gens pensent. Si vous avez établi une liste de choses à faire, vous partez probablement du principe qu’il est de votre responsabilité de réaliser ces actions. Ce qui n’est pas entièrement vrai. L’exécution doit être réservée aux actions importantes que vous êtes le seul à pouvoir accomplir particulièrement bien. Tout le reste, vous pouvez le gérer autrement.

La suppression – supprimer l’action de la liste des choses à faire – est efficace pour tout ce qui est peu important, voire inutile. Et n’ayez pas mauvaise conscience de choisir cette option. Si cette action ne vaut pas la peine d’être exécutée, elle ne vaut pas non plus la peine d’être exécutée parfaitement ou rapidement, alors éliminez-la de votre emploi du temps.

La délégation – attribuer la tâche en question à quelqu’un d’autre – est efficace si la personne peut l’exécuter presque aussi bien que vous – disons à 80 % aussi bien. Mais pour déléguer, vous devez avoir quelqu’un à qui déléguer. Des employés, des fournisseurs ou des sous-traitants peuvent vous aider à en faire davantage en accomplissant des tâches pour votre compte.

Pour préparer les cours du Personal MBA en ligne,5 ma femme et moi avons tourné les vidéos, mais nous avons aussi embauché sa mère, d’une rapidité incomparable pour taper du texte, pour créer des transcriptions de chacune des vidéos. Résultat : nous avons bouclé le cours en un temps record sans nous sentir submergés de travail.

Si vous n’avez personne à qui déléguer vos tâches de routine, faites appel à une société d’assistant virtuel. Pour moins de 100 € par mois, vous pouvez vous entourer d’une équipe de professionnels qui exécuteront vos actions à votre place. Si vous avez peu d’expérience de la délégation, je vous recommande de tenter l’expérience.6

Le report – différer l’exécution de la tâche en question – est efficace pour les tâches mineures ou indépendantes du facteur temps. N’ayez pas mauvaise conscience à les reporter, car le meilleur moyen de vous laisser déborder est de vouloir faire trop de choses en même temps.

Dans son livre S’organiser pour réussir , David Allen vous recommande de conserver une liste de choses que vous aimeriez faire un jour ou l’autre mais que vous n’êtes pas tenu de faire tout de suite. Scott Belsky défend une approche similaire dans Making Ideas Happen , à savoir établir une liste de choses à mettre « en attente » ou « en veilleuse » – vous comptez bien les réaliser, mais rien ne presse. Vous pourrez consulter régulièrement cette liste par la suite lorsque vous chercherez quelque chose de nouveau ou d’intéressant à faire.

Utilisez l’ensemble de ces quatre options pour organiser votre emploi du temps et vous verrez que vous êtes capable d’en faire beaucoup plus que vous l’imaginiez.

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Les actions prioritaires

« Vous devez réfléchir aux grandes choses pendant que vous faites des petites choses pour que toutes vos petites choses aillent dans la bonne direction. »

ALVIN TOFFLER, TECHNOLOGUE ET FUTURISTE

T outes les tâches n’ont pas été créées égales – certaines sont plus importantes que d’autres.

Votre temps et votre énergie à consacrer aux tâches quotidiennes sont, par essence, limités. Parmi toutes les actions qui figurent sur votre liste de choses à faire, certaines sont vraiment importantes, tandis que d’autres ne sont vraiment pas importantes. Si vous voulez tirer le meilleur parti de vos ressources limitées, privilégiez les tâches qui feront toute la différence avant de vous occuper des autres.

Une Action prioritaire est une action déterminante – une action qui vous permettra d’obtenir les résultats qui comptent le plus à vos yeux. Toutes les actions ne sont pas d’une importance capitale, alors ne les considérez pas toutes sur un pied d’égalité. En prenant quelques minutes pour identifier celles qui sont prioritaires et celles qui ne le sont pas, vous mobiliserez plus facilement tout votre temps et toute votre énergie sur les premières.

Au début de la journée, établissez une liste de deux ou trois Actions prioritaires, puis attachez-vous à les réaliser aussi rapidement que possible. Cette liste doit rester séparée de votre liste générale de choses à faire. Personnellement, j’utilise une petite fiche cartonnée ou l’Emergent Task Planner7 de David Seah (ETP), un PDF téléchargeable gratuitement qui facilite l’organisation de la journée.

Lorsque vous créez votre liste d’Actions prioritaires, posez-vous cette question et répondez-y : « Quelles sont les deux ou trois choses les plus importantes que je dois faire aujourd’hui ? Quelles sont celles qui, si je les faisais aujourd’hui, feraient toute la différence ? » N’inscrivez que ces actions sur votre liste, puis essayez de les accomplir sans tarder.

Associer cette technique à la Loi de Parkinson (concept abordé ultérieurement) en vous fixant un délai artificiel se révèle extrêmement efficace. Si vous vous fixez l’objectif d’avoir effectué toutes vos Actions prioritaires à 10 heures du matin, vous allez être étonné de voir avec quelle rapidité vous êtes capable de travailler.

Tenir chaque jour une liste de deux ou trois Actions prioritaires vous aide à maintenir un état de Monoïdéisme en vous autorisant à dire non aux interruptions d’importance mineure. Si vous êtes en train de travailler sur l’une de vos Actions prioritaires et que quelqu’un vous appelle, ignorez cet appel ou dites à la personne que vous avez une action urgente à effectuer et que vous reviendrez vers elle plus tard. Par définition, toute action qui n’est pas une Action prioritaire ne mérite pas qu’on s’en préoccupe dans les plus brefs délais.

Accomplissez vos Actions prioritaires le plus rapidement possible et vous aurez le reste de la journée pour accomplir les autres.

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Les objectifs

« Se fixer un objectif vague est comme entrer dans un restaurant et dire : “J’ai faim. Je veux quelque chose à manger.” La faim continue de vous tenailler jusqu’à ce que vous commandiez quelque chose de précis. »

STEVE PAVLINA, AUTEUR DE PERSONAL DEVELOPMENT FOR SMART PEOPLE ET BLOGGEUR SUR STEVEPAVLINA.COM

D e nombreux livres de management n’ont cessé de souligner l’importance d’avoir des Objectifs . Des Objectifs clairs vous aident à visualiser ce que vous souhaitez et vous stimulent en vous donnant envie de l’obtenir. Un Objectif est une formule qui clarifie et précise ce que vous voulez, facilitant le travail de votre cerveau qui va utiliser la Simulation mentale pour Visualiser le résultat souhaité. Si la Finalité que vous désirez atteindre est vague, floue ou confuse, les systèmes de planification automatique de votre cerveau vont avoir du mal à vous donner les moyens d’obtenir ce que vous voulez. Des Objectifs précis jouent également un rôle clé dans la Motivation – plus votre Objectif est clairement défini, plus vous êtes motivé à faire ce qu’il faut pour l’atteindre.

Des Objectifs aussi vagues que « J’aimerais gravir une montagne » ne sont pas très utiles parce qu’ils ne donnent pas à votre cerveau une « matière » à travailler. Quelle montagne ? Où ? Quand ? Pourquoi ? Si vous ne répondez pas à ces questions, vous n’entreprendrez probablement rien du tout.

Les Objectifs clairs réussissent le « Test de l’Everest ». En voici un exemple : « Je veux grimper jusqu’au sommet de l’Everest avant mon quarantième anniversaire et prendre une photo panoramique à accrocher au mur de ma chambre. » Cet Objectif est facile à simuler par votre cerveau – l’Everest est au Népal, donc vous devrez organiser un voyage. Vous devrez aussi améliorer vos techniques d’escalade, trouver un guide, acquérir du matériel et des équipements, acheter un appareil photo qui fasse de belles photos panoramiques, etc. Une fois que vous prenez la Décision consciente d’atteindre cet Objectif, votre cerveau trouve automatiquement les moyens de vous aider à y parvenir.

Les Objectifs sont particulièrement utiles s’ils sont Cadrés de manière positive, immédiate, concrète et spécifique :

  • images  La formulation positive fait référence à la Motivation – votre Objectif doit être quelque chose qui vous attire, vers lequel vous voulez aller, et non quelque chose dont vous voulez vous éloigner. Des Objectifs tels que « Je ne veux plus être gros » sont le meilleur moyen de tomber dans le piège de la Concentration sur la menace – vous renforcez l’aspect négatif au lieu d’utiliser la Réinterprétation pour changer votre vision des choses et avoir envie de vous améliorer. Pour un résultat optimal, commencez par supprimer les Conflits, puis tendez vers le but que vous souhaitez atteindre.

  • images  La formulation immédiate fait référence au temps – votre Objectif doit être quelque chose que vous décidez de faire ici et maintenant, pas « un de ces jours » ni « plus tard ». Si vous ne voulez pas vous engager à travailler sur un Objectif donné dès à présent, inscrivez-le sur la liste des choses que vous aimeriez faire un jour ou l’autre et focalisez-vous sur autre chose.

  • images  La formulation concrète signifie que vous verrez le résultat dans le monde réel. Les Objectifs sont des réalisations tangibles – vous devez savoir à quel moment vous avez accompli ce que vous vouliez. Vous fixer des Objectifs tels que « Je veux être heureux » ne marchera pas parce qu’ils ne sont pas concrets. En revanche, quand vous atteignez le sommet de l’Everest, vous avez accompli quelque chose de concret dans le monde réel.

  • images  La formulation spécifique signifie que vous pouvez définir exactement quel Objectif vous voulez atteindre, quand et où. Gravir l’Everest à une date précise dans un futur proche est spécifique et permet à votre cerveau de savoir exactement comment il va s’y prendre pour s’efforcer d’y parvenir.

De plus, un Objectif doit porter sur quelque chose que vous pouvez contrôler. Un Objectif comme « Je veux perdre 10 kg » est démoralisant parce que vous ne pouvez pas le contrôler directement – perdre du poids est un résultat et non un effort. Par conséquent, veillez à ce que vos Objectifs soient des actions qui entrent dans le cadre de votre Zone de contrôle (concept abordé ultérieurement), comme par exemple faire au moins trente minutes d’exercice physique par jour et contrôler le nombre de calories que vous absorbez.

Pour effectuer un suivi de vos Objectifs, un simple cahier ou système de référence fera l’affaire. Personnellement, je saisis tous mes Objectifs dans un fichier texte que j’imprime et que je garde dans mon agenda. À chaque fois que je pense à ce que je dois faire, j’ai ma liste d’Objectifs sous la main, ce qui me permet de distinguer facilement les actions principales des actions secondaires.

Bien sûr, vous avez parfaitement le droit de changer d’Objectifs. Parfois, nous pensons que nous voulons absolument quelque chose pour nous apercevoir par la suite que nous n’en avons pas ou plus tellement envie, finalement. Ne culpabilisez pas, cela fait partie de l’apprentissage. Si vous vous rendez compte que vous ne voulez plus poursuivre tel ou tel Objectif, abandonnez-le et passez à autre chose.

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L’état d’esprit

« Je ne suis peut-être pas allé là où j’avais l’intention d’aller, mais je pense que je me suis retrouvé là où je voulais être. »

DOUGLAS ADAMS, HUMORISTE ET AUTEUR DU GUIDE DU VOYAGEUR GALACTIQUE

L orsque les gens se fixent des Objectifs, ils commettent souvent l’erreur de partir du principe que tout peut faire l’objet d’un Objectif.

Pensez à des formulations du style « Je veux être heureux », « Je veux me sentir motivé » ou « Je veux réussir ». Comment savez-vous si vous avez atteint l’Objectif que vous vous êtes fixé ? Et puis est-il vraiment possible de parvenir au bonheur, à la motivation ou à la réussite comme s’il s’agissait d’atteindre des Objectifs ?

L’ État d’esprit est l’état actuel de votre ressenti, de votre expérience. Les états psychiques et émotionnels ne sont pas des « réalisations » concrètes parce qu’ils fluctuent avec le temps – vous pouvez être heureux maintenant et contrarié une heure plus tard. Par conséquent, « être heureux » n’est pas la réalisation d’un Objectif, mais un état de votre expérience présente.

Les États d’esprit sont des critères de décision et non des Objectifs. Il est compréhensible de vouloir être heureux ou de vouloir réussir, mais considérer ces désirs comme des Objectifs est le meilleur moyen de se sentir frustré. Il est donc préférable de les assimiler à des critères de décision, c’est-à-dire des outils permettant de savoir si vos actions débouchent sur les résultats souhaités ou non.

L’État d’esprit vous aide à répondre à la question « Est-ce que ce que je suis en train de faire maintenant m’apporte les résultats que j’attends ? » Par exemple, si vous souhaitez être heureux, vous remarquez peut-être que passer du temps avec des amis proches ou des membres de la famille crée l’expérience que vous attendez, d’où l’importance de consacrer du temps à ces moments de partage. Si vous voulez vous sentir calme alors que votre travail vous stresse continuellement, il est clair que la situation doit changer parce que ce que vous êtes en train de faire ne vous apporte pas la sérénité attendue.

Je vous recommande également de décomposer des États d’esprit complexes en États d’esprit plus simples, plus concrets et plus précis. Par exemple, au lieu d’utiliser des États d’esprit complexes tels que la réussite et le bonheur comme critères de décision, il est largement préférable de déterminer ce que ces états signifient réellement pour vous. Personnellement, je définis la réussite comme « travailler à des choses que j’aime avec des gens que j’aime », « me sentir libre de choisir sur quoi je veux travailler » et « avoir suffisamment d’argent pour vivre sans soucis financiers ». Ensemble, ces États d’esprit fournissent une définition de la réussite beaucoup plus utile – ma manière de représenter le monde, en résumé.

Cela vaut également pour le bonheur. Au lieu d’être un seul État d’esprit, « être heureux » associe « m’amuser », « passer du temps avec les gens que j’aime », « me sentir serein » et « me sentir libre ». Si ces États d’esprit décrivent mon expérience ici et maintenant, je suis « heureux ». Décomposer le « bonheur » en ses différents éléments constitutifs m’aide à avoir la certitude de faire des choses qui me permettent de le vivre plus pleinement et plus souvent.

Décidez quels États d’esprit vous voulez expérimenter et vous disposerez d’un ensemble de critères de décision que vous pourrez utiliser pour évaluer les résultats de vos actions d’une manière totalement nouvelle et particulièrement fructueuse.

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Les habitudes

« Nous sommes ce que nous faisons de façon répétée. Par conséquent, l’excellence n’est pas une action, mais une habitude. »

WILL DURANT, HISTORIEN AMÉRICAIN, PARAPHRASANT LE PHILOSOPHE GREC ARISTOTE

E t qu’en est-il des choses que vous voulez faire au quotidien, par exemple pratiquer une activité physique ? S’agit-il d’un Objectif ou d’un État d’esprit ? Ni l’un ni l’autre.

Les Habitudes sont des actions régulières qui favorisent notre santé, notre bien-être et notre équilibre. Faire de l’exercice, se brosser les dents, prendre des vitamines, suivre un régime ou rester en contact avec des amis et des membres de la famille sont des Habitudes qui nous permettent de rester heureux et en bonne santé. En vertu du pouvoir de l’Accumulation, de petites Habitudes peuvent aboutir à de grands résultats avec le temps.

La plupart des Habitudes revêtent l’une des quatre formes courantes suivantes : les choses que vous voulez commencer à faire, les choses que vous voulez arrêter de faire, les choses que vous voulez faire davantage et les choses que vous voulez faire moins. Par exemple, vous souhaitez peut-être vous mettre à l’exercice régulièrement, cesser de regarder la télévision, boire davantage d’eau ou dépenser moins d’argent.

En général, créer une Habitude réclame une certaine dose de Volonté. Et pour prendre plus facilement les Habitudes souhaitées, il est préférable d’utiliser les techniques que nous avons abordées dans la section sur la Structure directrice. Si vous voulez démarrer votre journée en allant à la salle de gym de votre quartier, préparer votre sac et vos affaires la veille vous permettra de prendre plus facilement cette Habitude puisque vous avez structuré votre environnement de manière à réduire vos efforts.

Il est plus facile de prendre une Habitude en recherchant des déclencheurs aptes à vous signaler quand vous devez accomplir telle ou telle action. Par exemple, si vous voulez prendre des vitamines, il est plus facile de vous rappeler quand vous devez les prendre en utilisant une autre action habituelle comme déclencheur de l’action. Au lieu de compter sur votre mémoire pour vous rappeler que vous devez prendre vos vitamines, vous pouvez les prendre juste avant ou après vous brosser les dents le matin– le brossage des dents faisant office de déclencheur.

Si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté, prenez une Habitude à la fois. N’oubliez pas que la ressource de votre Volonté a ses limites quotidiennes et que vous risquez de l’épuiser rapidement si vous n’en tenez pas compte. Si vous essayez de prendre plusieurs Habitudes à la fois, vous avez toutes les chances de ne pas parvenir à en adopter une seule. Par conséquent, attachez-vous à répéter une action jusqu’à ce qu’elle devienne automatique, puis focalisez-vous sur une autre Habitude à prendre.

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Le ciblage

« De nombreux objets nous échappent, bien qu’ils soient dans notre champ visuel, parce qu’ils ne rentrent pas dans notre champ intellectuel ; autrement dit, nous ne les cherchons pas. Ainsi ne trouvons-nous que le monde que nous cherchons. »

HENRY DAVID THOREAU, ÉCRIVAIN AMÉRICAIN, JOURNAL 1837-1861

A vez-vous déjà manifesté un intérêt à l’égard d’une marque ou d’un modèle de voiture, au point de voir cette voiture partout autour de vous ? Moi oui, et c’est comme si quelqu’un déchargeait soudain des centaines de voitures de cette marque ou de ce modèle sur les autoroutes, les nationales, dans les rues, etc.

Bien sûr, ce n’est pas vrai, et l’univers ne vous joue pas des tours à ce point-là ! Les voitures ont toujours été là ; simplement, vous ne les aviez pas remarquées auparavant. Avant de décider d’être intéressé par un type de voiture en particulier, votre cerveau filtrait systématiquement la réalité et éliminait ces véhicules de votre conscience.

Cependant, dès que vous avez commencé à montrer un intérêt pour cette marque ou ce modèle, votre cerveau a cessé de laisser cette information de côté et, subitement, vous vous êtes mis à remarquer la présence de ce type de voiture. Dans une certaine mesure, vous avez programmé votre cerveau pour prêter attention à certains éléments de votre Environnement (concept abordé ultérieurement). Il suffit de commencer à s’intéresser à une information donnée pour faire sauter le système qui empêchait cette information d’accéder à la conscience.

Le Ciblage est une méthode qui consiste à programmer consciemment votre cerveau pour qu’il vous alerte dès qu’une information donnée est présente dans votre Environnement. L’un des aspects les plus fascinants de la capacité de notre cerveau à Reconnaître des schémas est de nous permettre de scanner constamment l’Environnement à la recherche d’informations utiles. Si vous dites précisément à votre cerveau ce que vous cherchez, il va vous alerter à chaque fois que vos sens détectent ce type d’information.

Le Ciblage est un moyen d’influencer consciemment l’aptitude de votre cerveau à Reconnaître des schémas. En prenant le temps de décider de ce qui vous intéresse et de ce que vous recherchez, vous pouvez programmer votre cerveau pour qu’il vous alerte dès qu’il remarque une information pertinente. Certaines personnes appellent cela l’intuition, et le Ciblage est un moyen de l’exploiter au mieux.

Prenons comme exemple du Ciblage la lecture d’un livre. Dans son livre Ten Days to Faster Reading , Abby Marks-Beale recommande une technique qui consiste à définir son objectif. Prenez quelques minutes avant de vous mettre à lire le livre que vous avez choisi pour vous demander : 1) pourquoi vous voulez lire ce livre et 2) quel type d’information vous recherchez. Prendre quelques notes avant d’ouvrir le livre vous permet de mieux cerner ce que vous voulez y trouver.

Après avoir défini votre Objectif, prenez le livre et feuilletez-le rapidement en prêtant une Attention particulière à la table des matières, aux titres de chapitres et à l’index – des sources d’information condensées sur le contenu du livre et sa structure. Notez par écrit quelques termes et concepts qui vous semblent particulièrement importants pour aider votre cerveau à les repérer la prochaine fois qu’il les verra.

Cela ne prend que quelques minutes, mais améliore considérablement la vitesse de lecture. Une fois que vous avez programmé votre cerveau pour qu’il vous alerte sur des termes ou des concepts majeurs, vous pouvez parcourir le livre à la vitesse de la lumière. Pendant que vous lisez, votre cerveau élimine les informations superflues et cible celles qui vous intéressent.

Résultat : vous pouvez parfaitement extraire l’essentiel de ce qui vous intéresse dans n’importe quel livre (en dehors des romans) en moins de vingt minutes. Lorsque je vais dans une bibliothèque ou une librairie, cette technique me permet de lire plusieurs livres en moins d’une heure. Si je ne l’avais pas utilisée, je ne serais jamais parvenu à créer la liste des livres du Personal MBA , et encore moins à écrire ce livre.

Si les gens parviennent à atteindre l’Objectif qu’ils se sont fixé, c’est en partie grâce au Ciblage. S’il est aussi utile de savoir se fixer des Objectifs, c’est parce qu’il s’agit d’un moyen très simple de programmer votre cerveau pour une recherche d’informations qui vous aideront à obtenir ce que vous voulez. Si vous avez comme Objectif d’entreprendre l’ascension de l’Everest, vous avez beaucoup plus de chance de trouver des billets d’avion à prix réduit pour le Népal en consultant un site de voyages sur le Web. Si vous étiez tombé sur cette information avant de vous être fixé l’Objectif de gravir l’Everest, vous l’auriez probablement zappée puisque vous n’aviez aucune raison d’y prêter attention.

Alors prenez le temps de procéder à un Ciblage qui vous permettra de sélectionner ce qui est important à vos yeux et donc de trouver ce que vous cherchez.

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La décision

« Chaque jour, à chaque moment, je dois décider de ce que je vais faire le moment d’après, et personne ne peut prendre cette décision à ma place. »

JOSÉ ORTEGA Y GASSET, PHILOSOPHE ET ÉCRIVAIN ESPAGNOL

U ne Décision est l’acte de s’engager à suivre un plan d’action donné. Le mot « décision » vient du latin decidere qui signifie « trancher ». Lorsque vous prenez une décision, vous vous coupez littéralement de toutes les autres voies possibles que vous pourriez explorer, ne gardant que celle que vous avez choisie. Si vous ne renoncez pas à d’autres options viables, vous ne prenez pas réellement une Décision.

Aussi bon que soit votre système de productivité personnel, il ne peut pas décider à votre place. Aussi perfectionné que soit votre système de suivi des actions, il ne sera jamais capable de vous dire quelle est la meilleure chose à faire à tel ou tel moment. Construire un système capable de prendre des décisions à votre place est une chimère – les systèmes, quels qu’ils soient, ne peuvent que vous aider à trouver des informations que vous pouvez utiliser pour prendre de meilleures Décisions. Mais la prise de Décision restera toujours votre responsabilité.

Aucune Décision, petite ou grande, n’est jamais prise avec des informations complètes. Puisque vous ne pouvez pas prédire l’avenir, vous attribuez souvent votre indécision à un manque d’information. En fait, vous êtes en proie à une grande effervescence mentale : le rôle de votre cerveau antérieur étant de lever les ambiguïtés et de prendre des Décisions, votre cerveau moyen va continuer à lui envoyer des signaux jusqu’à ce qu’il fasse son travail. Une fois qu’une Décision est prise, quelle qu’elle soit, le bouillonnement cérébral cesse.

Ne pensez pas devoir disposer de toutes les informations avant de décider – le monde est trop complexe pour faire des prédictions exactes. Le général en retraite Colin Powell est partisan de recueillir la moitié des informations disponibles, puis de prendre une Décision, même avec des informations incomplètes. « N’attendez pas d’avoir suffisamment de faits pour être sûr à 100 % parce que, à ce stade, il est presque toujours trop tard… Une fois que vous avez recueilli 40 à 70 % des informations disponibles, allez-y courageusement. »8

Si cette stratégie est une stratégie gagnante pour les Décisions cruciales, les « questions de vie ou de mort », elle le sera aussi pour les Décisions courantes du quotidien. Rassemblez juste ce qu’il faut d’informations pour prendre une Décision éclairée, puis prenez votre Décision et avancez.

Le fait de ne pas prendre de Décision est en soi une Décision. La vie ne s’arrête pas si vous refusez de choisir – la Terre va continuer de tourner et vous serez peut-être amené à agir, non pas de gré, mais de force. Ce n’est pas parce que vous refusez d’assumer la responsabilité de vos Décisions que vous ne les prenez pas – vous vous autorisez simplement à être le jouet des circonstances.

Pour des résultats optimaux, prenez des Décisions claires et pleinement conscientes. D’après mon expérience, de nombreuses personnes ont du mal à savoir ce qu’elles doivent faire parce qu’elles hésitent à sauter le pas – l’Aversion pour la perte les pousse à laisser ouvert tout le champ des possibles, juste « au cas où ». Mais en l’absence de Décision, leur cerveau ne peut pas utiliser la Simulation mentale pour se représenter comment aller de l’endroit où elles sont à l’endroit où elles s’imaginent vouloir être, d’où une agitation cérébrale constante et improductive.

Il est beaucoup plus facile de se dire : « Je décide de faire telle ou telle chose tout de suite. » Une fois que votre Décision est prise, les circuits de Simulation mentale de votre cerveau vont se remettre en route et vous sortirez de votre immobilisme.

Si vous éprouvez des difficultés à prendre une Décision, Steve Pavlina, l’auteur de Personal Development for Smart People , vous recommande de vous poser cette question subsidiaire : « Parmi les différentes options possibles, quelle expérience aimerais-je vivre ? » Si vous avez du mal à prendre une Décision particulière, c’est probablement parce que votre cerveau s’efforce de savoir laquelle est la meilleure. C’est une situation inconfortable mais, finalement, peu importe de savoir quel choix vous effectuez. Et si toutes les Décisions se valent dans l’absolu, vous pouvez simplement choisir l’expérience que vous jugez la plus intéressante.

Lorsque ma femme a reçu une offre d’emploi très alléchante à New York, nous avons passé des semaines à nous torturer l’esprit en nous demandant si nous devions rester à Cincinnati ou déménager. L’éventualité d’un déménagement comportait de nombreuses incertitudes : Où habiterions-nous ? Pouvions-nous nous le permettre ? Et mon travail ? Cela suffisait à engendrer chez nous une Concentration sur la menace.

Finalement, nous avons réalisé qu’il n’y avait pas une Décision nettement meilleure que l’autre et, du coup, peu importait laquelle nous allions choisir. Nous avions tous les deux envie de tenter l’expérience de vivre à New York, alors nous avons décidé de déménager. Et là, nous avons tout de suite senti que la clarté et la sérénité revenaient dans notre esprit. Cette prise de Décision nous a permis de continuer à avancer, même face à l’ Incertitude (concept abordé ultérieurement).

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Les cinq pourquoi

« Posez la question suivante, et celle qui suit la question suivante, et celle qui suit celle qui suit la question suivante. »

THEODORE STURGEON, ÉCRIVAIN AMÉRICAIN ET AUTEUR DE LES PLUS QU’HUMAINS

I l nous arrive très souvent de ne pas être pleinement conscients de la raison pour laquelle nous voulons ce que nous voulons. Mener une « analyse des causes racine » est utile pour nous amener à découvrir ce qui motive nos désirs.

Les Cinq pourquoi est une technique qui vous aide à découvrir ce que vous voulez réellement. Au lieu de prendre vos désirs au pied de la lettre, examinez la cause profonde qui les motive en vous disant qu’un désir peut en cacher un autre. Ainsi, vous pourrez définir plus précisément vos désirs fondamentaux.

Il est facile d’appliquer les Cinq pourquoi : à chaque fois que vous vous fixez un Objectif, demandez-vous pourquoi vous voulez l’atteindre. Si vous désirez devenir millionnaire, demandez-vous pourquoi vous souhaitez posséder un million d’euros.

N’essayez pas de trouver absolument une réponse, mais contentez-vous de vous poser la question par curiosité et attendez que votre cerveau produise une réponse tout seul. Lorsqu’il vous fournira une réponse, demandez à nouveau « pourquoi ? » Continuez de vous demander pourquoi jusqu’à ce que vous aboutissiez à la réponse « parce que je le veux » – signe que vous avez trouvé la cause première de votre Objectif initial.

Voici un exemple des Cinq pourquoi appliqués à l’Objectif très répandu « Je veux être millionnaire » :

  • 1.  Pourquoi voulez-vous posséder un million d’euros ? Parce que je ne veux pas être sans cesse préoccupé par des questions d’argent.

  • 2.  Pourquoi ne voulez-vous pas être sans cesse préoccupé par des questions d’argent ? Parce que je ne veux pas être anxieux.

  • 3.  Pourquoi ne voulez-vous pas être anxieux ? Parce que je veux avoir l’esprit tranquille.

  • 4.  Pourquoi voulez-vous avoir l’esprit tranquille ? Parce que je veux me sentir libre.

  • 5.  Pourquoi voulez-vous vous sentir libre ? Parce que je veux me sentir libre.

Le désir premier n’est pas de posséder un million d’euros, mais de se sentir libre. Est-il possible de se sentir libre sans posséder un million d’euros ? Absolument, il existe de nombreuses façons de se sentir libre qui n’ont rien à voir avec l’argent. Adopter une autre approche pour satisfaire son vrai désir, à savoir se sentir libre, peut se révéler plus efficace que vouloir être millionnaire, l’Objectif initial.

Découvrez la cause racine qui se cache derrière vos Objectifs et vous découvrirez de nouvelles voies pour obtenir ce que vous voulez réellement.

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Les cinq comment

« Allez aussi loin que vous pouvez voir ; quand vous y arriverez, vous pourrez voir encore plus loin. »

THOMAS CARLYLE, HISTORIEN ET ÉCRIVAIN BRITANNIQUE

A près avoir appliqué les Cinq pourquoi, vous allez probablement vous rendre compte que ce que vous désirez vraiment est assez différent de ce que vous pensiez vouloir. Maintenant que vous avez identifié la raison première de vos Objectifs initiaux, vous devez réfléchir à la question suivante : Comment obtenir ce que vous désirez réellement ?

Les Cinq comment est un moyen de connecter vos désirs fondamentaux à des actions physiques. Prenons l’exemple précédent : se sentir libre. Comment allez-vous faire pour vous sentir libre ? Il existe plusieurs voies possibles, dont :

  • 1.  Rembourser vos dettes.

  • 2.  Réduire vos heures de travail, trouver un autre poste ou vous mettre à votre compte.

  • 3.  Déménager dans une autre ville ou à la campagne.

  • 4.  Mettre un terme à une relation personnelle contraignante ou frustrante.

Une fois que vous trouvez un « comment ? » qui vous paraît être une bonne idée, demandez-vous à nouveau « comment ? ». Supposons que démissionner de votre poste et lancer votre propre affaire vous procure le sentiment de liberté le plus grand. Comment allez-vous faire pour atteindre cet Objectif ? Pensez tous les détails de ce projet et ce qui était au départ une idée assez floue va commencer à prendre forme.

Continuez de vous demander « comment ? » en déroulant les Cinq comment jusqu’à aboutir à une définition claire de votre projet avec les Prochaines actions (concept abordé ultérieurement). Le but des Cinq comment est de créer une chaîne d’actions complète qui part de votre idée initiale et déroule toutes les actions que vous pouvez exécuter ici et maintenant.

À chaque action effectuée, vous sentez que vous vous rapprochez de votre Objectif. Si rembourser vos dettes vous permet de vous sentir plus libre, vous vous sentirez de plus en plus libre à chaque paiement effectué, ce qui vous motivera pour poursuivre vos remboursements jusqu’au dernier centime.

Reliez vos grands Objectifs à de petites actions que vous pouvez réaliser maintenant et vous obtiendrez forcément ce à quoi vous aspirez.

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La prochaine action

« Si nous nous attachons à faire systématiquement et rapidement le peu de choses que nous puissions faire, nous n’allons pas tarder à découvrir avec surprise qu’il reste finalement peu de choses que nous ne puissions pas faire. »

SAMUEL BUTLER, ÉCRIVAIN BRITANNIQUE DU XIXE  SIÈCLE

N ous nous apercevons souvent que notre Objectif ne peut pas être atteint en une seule fois. Les projets sont des Objectifs qui nécessitent plus d’une action pour être réalisés, et plus le projet est ambitieux, plus il est difficile d’anticiper toutes les actions à effectuer.

Gravir l’Everest est un projet aussi complexe qu’ Incertain (concept abordé ultérieurement). Comment travaillez-vous sur un projet si ambitieux qu’on risque d’être débordé ?

Très simple : en vous focalisant uniquement sur la prochaine action à effectuer pour vous rapprocher du but.

La Prochaine action est la prochaine mesure spécifique et concrète à mettre en œuvre sans tarder pour faire avancer un projet. Vous n’avez pas besoin de savoir toutes les actions que vous devez mener pour faire avancer votre projet, mais uniquement la prochaine.

David Allen, l’auteur de S’organiser pour réussir , a inventé ce terme pour décrire l’une des étapes clés de ce « processus fondamental » :

  • 1.  Notez par écrit tout ce qui concerne un projet, un problème ou une situation qui occupe votre esprit.

  • 2.  Décrivez en une seule phrase le résultat que vous souhaitez atteindre ou la solution que vous voulez obtenir. À quoi ressemble le projet réalisé ou le problème résolu ?

  • 3.  Notez par écrit l’action concrète à effectuer maintenant pour faire avancer la situation.

  • 4.  Intégrez ces réponses dans un système auquel vous faites confiance.

Selon l’auteur, ces questions vous aident à mieux distinguer le résultat escompté de l’action à mener. Si vous parvenez à définir à quoi ressemble l’Objectif atteint, vous pouvez focaliser votre attention et votre énergie sur ce qu’il faut faire pour l’atteindre.

L’écriture de ce livre fut un projet très ambitieux. Il m’a fallu des années pour compiler tous les documents issus de mes recherches et un peu plus d’un an pour rédiger le texte. « Écrire le livre » n’est pas une action, mais un projet. Évidemment, je ne pouvais pas terminer l’écriture en une seule séance, mais je pouvais écrire une petite section en moins d’une heure. Après avoir divisé l’ouvrage en sections clairement définies, il m’a été beaucoup plus facile de progresser dans l’écriture – une succession de tâches individuelles étant nettement moins impressionnante qu’un projet global.

Pour éviter de vous sentir dépassé, suivez l’évolution de votre projet et de vos tâches séparément. Voici comment je procède : j’ai toujours sur moi un cahier qui contient une petite fiche cartonnée.9 Sur cette carte figure une courte liste de mes projets en cours. Le cahier, lui, contient ma liste des choses à faire : les actions suivantes qui feront avancer mes projets et que j’effectue grâce au système « Autofocus » créé par Mark Forster.10 Ce système m’aide à utiliser mon intuition pour identifier ce que je peux faire ici et maintenant pour avancer dans mes projets. Tant que mes projets sont reliés à mes Objectifs et en accord avec mon État d’esprit préféré, les réaliser n’est qu’une question de temps.

Concentrez-vous sur l’Action suivante à effectuer et vous accomplirez l’ensemble de votre projet sans aucun problème.

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L’extériorisation

« Les mots sont une lentille grossissante qui permet de concentrer son esprit. »

AYN RAND, PHILOSOPHE ET AUTEUR DE LA RÉVOLTE D’ATLAS ET DE LA SOURCE VIVE

L e fonctionnement de notre cerveau est soumis à des bizarreries, notamment celle de mieux gérer les informations extérieures que les pensées qui s’entrechoquent à l’intérieur.

Si vous avez déjà travaillé avec un coach, vous savez ce que je veux dire. Lorsque vous faites un exercice tout seul, il est très facile d’écouter votre petite voix intérieure qui vous dit : « Cela fait mal et réclame beaucoup d’efforts, tu devrais t’arrêter » – même s’il est dans votre intérêt de continuer.

Lorsque vous travaillez avec quelqu’un d’autre, cette petite voix s’efface puisqu’il y a une personne dans votre Environnement qui vous encourage à aller un tout petit peu plus loin dans votre effort. Et, du coup, votre séance d’entraînement est plus productive.

Puisque nous répondons plus facilement à des stimuli présents dans notre Environnement qu’à nos propres pensées intérieures, nous pouvons employer une méthode simple pour améliorer notre productivité – à savoir traduire nos pensées internes sous une forme externe que notre cerveau pourra utiliser plus efficacement.

L’ Extériorisation tire profit de nos capacités de perception de manière très intelligente. En traduisant nos processus de pensée internes sous forme externe, l’Extériorisation nous permet de réintroduire l’information dans notre cerveau à travers un canal de transmission différent qui nous donne accès à des ressources cognitives supplémentaires que nous pouvons utiliser pour traiter la même information, mais autrement.

Nous pouvons Extérioriser nos pensées par deux moyens principaux : l’écriture et la parole. L’écriture (ou le dessin si vous préférez) est le meilleur moyen de saisir des idées, des projets et des actions. L’écriture vous permet, non seulement de stocker l’information sous une forme à laquelle vous pouvez vous référer ultérieurement, mais elle donne à votre cerveau l’occasion d’examiner ce que vous savez sous un angle différent. Des difficultés que vous ressassez dans votre lobe frontal et qui vous semblent insurmontables peuvent être résolues étonnamment vite une fois couchées sur papier.

Noter vos idées par écrit vous permet, non seulement de conserver vos pensées pour vous y référer plus tard, mais aussi de les partager plus facilement avec les autres. Ne dit-on pas que l’encre la plus pâle vaut mieux que la meilleure mémoire ? Les cahiers de notes et les journaux personnels, s’ils sont utilisés régulièrement, valent leur pesant d’or.

Vous parler à vous-même ou parler à quelqu’un d’autre est une autre méthode d’Extériorisation efficace. L’Extériorisation vocale explique pourquoi nous parvenons si souvent à résoudre des problèmes personnels juste en parlant avec un ami ou un collègue. Parler de votre problème vous permet de mieux le cerner et le comprendre, même si votre interlocuteur n’a pas dit un mot.

Mais pour Extérioriser vocalement ses pensées, encore faut-il trouver quelqu’un qui accepte de vous écouter patiemment et évite de vous interrompre.

Toujours est-il que même se parler à soi-même ou prendre à témoin un objet inanimé peut aider : exposer votre problème à un canard en caoutchouc, à un ours en peluche, à une poupée ou à un objet anthropomorphe posé sur votre bureau peut vous faire beaucoup de bien, à condition de surmonter la gêne initiale.

L’essentiel est de ne pas laisser vos pensées enfermées dans votre tête. Expérimentez différentes approches pour voir celle qui marche le mieux pour vous. Et, dans votre planning, consacrez un petit moment de la journée à une séance d’Extériorisation – dans l’idéal, le matin ou le soir.

Quelle que soit la forme d’Extériorisation que vous choisissez, plus vous Extérioriserez vos pensées, plus elles seront claires et plus vite vous progresserez vers la réalisation de vos Objectifs.

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Le questionnement personnel

« Comment savoir ce que je pense si je n’entends pas ce que je dis ? »

E. M. FORSTER, ROMANCIER ET ACTIVISTE

L ’Extériorisation produit un résultat optimal si vous l’utilisez pour examiner vos projets, vos objectifs et vos actions. Noter les événements de la journée sous la forme d’un journal permet de les consulter ultérieurement, mais utiliser un journal ou un confident pour résoudre ses problèmes est encore plus efficace.

Le Questionnement Personnel est une pratique qui consiste à vous poser des questions et à y répondre. En vous posant les bonnes questions (ou en travaillant avec quelqu’un qui vous pose les bonnes questions), vous pouvez prendre conscience de beaucoup de choses ou générer très rapidement de nouvelles idées.

Les Cinq pourquoi et les Cinq comment sont des exemples de questionnement personnel. En vous posant simplement des questions, vous explorez des possibilités que vous n’aviez pas envisagées auparavant et procédez à un Ciblage pour sélectionner les informations qui vous intéressent.

Dans Self-Directed Behavior , David Watson et Roland Tharp expliquent une technique de questionnement intérieur très efficace à laquelle vous pouvez recourir pour découvrir les raisons qui motivent certains de vos comportements négatifs. La Méthode ACC (Antécédents, Comportement, Conséquences) est constituée d’un ensemble de questions à vous poser à chaque fois que vous remarquez un comportement personnel que vous souhaitez modifier.

Si vous notez vos réponses aux questions suivantes dans un journal, à quel moment vos comportements se manifestent, ainsi que leur fréquence et leur durée, vous allez très certainement découvrir des modèles de comportement ou de pensée. Et une fois le modèle identifié, il est plus facile de modifier le comportement.

Antécédents

  • images  Quand cela s’est-il passé ?

  • images  Avec qui étiez-vous ?

  • images  Que faisiez-vous ?

  • images  Où étiez-vous ?

  • images  Qu’étiez-vous en train de vous dire ?

  • images  Quelles étaient vos pensées ?

  • images  Quels étaient vos sentiments et/ou vos émotions ?

Comportement

  • images  Qu’étiez-vous en train de vous dire ?

  • images  Quelles étaient vos pensées ?

  • images  Quels étaient vos sentiments et/ou vos émotions ?

  • images  Qu’étiez-vous en train de faire ?

Conséquences

  • images  Que s’est-il passé finalement ?

  • images  Était-ce agréable ou désagréable ?

Si vous ne savez pas par où commencer, vous aurez du mal à identifier les questions importantes. La solution ? Demandez-vous : « Quelles sont les meilleures questions que je pourrais me poser au sujet de cette situation ? » Cette question générale s’applique à toutes les situations et va vous aider à établir une liste de sujets pertinents à explorer. Une fois que vous aurez cette liste de questions, vous pourrez continuer avec des questions connexes qui vous aideront à trouver des réponses. Par exemple : « À qui je peux demander ? », « Qu’est-ce que je peux lire ? » et « Qu’est-ce que je pourrais essayer ? ».

Vous poser les bonnes questions vous aide à trouver les bonnes réponses. Prenez l’Habitude de vous poser systématiquement les bonnes questions et vous serez surpris de voir avec quelle facilité vous surmonterez les difficultés que vous rencontrez.

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La simulation prospective

« Soyez capable de poser clairement une question et vous avez déjà les deux tiers de votre réponse. »

JOHN RUSKIN, CRITIQUE D’ART ET SOCIOLOGUE BRITANNIQUE

C omme nous l’avons expliqué dans la section sur la Simulation mentale, notre cerveau est sans cesse en train d’essayer de prédire l’avenir. À présent, il est temps d’apprendre à simuler intentionnellement des actions potentielles.

Les questions « et si ? » vous permettent d’accéder directement aux capacités de simulation de votre cerveau. Vous pouvez considérer la Simulation prospective comme de l’imagination appliquée – vous posez consciemment la question « et si ? » ou « que se passerait-il si ? » à votre cerveau, puis vous le laissez faire ce qu’il sait faire le mieux.

En s’appuyant sur la Reconnaissance de modèle, les Associations mentales et les Interprétations que vous avez stockées dans votre mémoire, votre cerveau va produire ce qu’il croit être le résultat le plus probable. Tout ce que vous avez à faire est de suspendre votre jugement, de poser la question et d’attendre la réponse.

La Simulation prospective est l’une de nos facultés les plus puissantes, mais aussi les plus sous-exploitées. Au lieu d’attendre que votre cerveau simule une action donnée, la Simulation prospective l’oblige à réaliser les simulations que vous voulez lui faire faire.

La Simulation prospective doit son efficacité à la souplesse du cerveau : vous pouvez simuler tout ce que vous voulez. L’objet de votre simulation peut être totalement arbitraire – la seule limite étant celle de votre imagination. Si vous souhaitez simuler ce qui se passerait si vous abandonniez soudainement votre travail pour aller vous installer à Tahiti, rien ne vous en empêche. Vous pourriez même simuler ce qui se passerait si vous viviez dans 10 000 ans ou déménagiez sur Jupiter.

La Simulation prospective peut vous aider à découvrir des opportunités cachées que vous pensiez impossibles. Lorsque je travaillais chez P&G, je rêvais souvent de m’installer à mon compte et de consacrer tout mon temps au développement du Personal MBA, mais je me disais toujours que c’était trop tôt, que je verrais cela dans un ou deux ans. Et l’année d’après, je me disais la même chose. Il m’était agréable de m’imaginer en train de travailler en freelance, mais je partais du principe que ce n’était pas réaliste sans examiner réellement les possibilités.

Tout a changé après ma découverte de la Simulation prospective. En septembre 2008, alors que j’étais en voyage d’affaires, j’ai réalisé une simulation : « Que va-t-il se passer si je quitte mon poste chez P&G début novembre pour mon anniversaire ? » Je jugeais cette question irréaliste, mais suffisamment ambitieuse pour être intéressante, alors j’ai Inhibé mon jugement et procédé à une simulation.

Lorsque vous réalisez une Simulation prospective, vous partez du principe que l’événement ou l’état final que vous simulez est déjà vrai. Fournissez à votre cerveau une destination artificielle et il va automatiquement remplir les vides entre le point A et le point B. En simulant que je quittais P&G, j’ai supposé que cet événement allait se produire, puis j’ai imaginé comment les choses pourraient se passer.

En cours de simulation, d’autres questions me sont venues à l’esprit, naturellement. Combien j’allais pouvoir gagner ? Combien de clients il me faudrait ? Sur quels autres projets j’allais travailler et combien d’argent je devrais générer pour atteindre le Point de suffisance financière ? Au moment où ces questions ont surgi, j’ai essayé d’y répondre du mieux possible et noté mes réponses sur un cahier.

À la fin de ma Simulation prospective, j’avais découvert qu’il m’était possible de quitter P&G immédiatement et non pas dans un an ou deux. Quand je suis retourné travailler le lundi, j’ai donné ma démission. Mon dernier jour de travail en entreprise tombait quatre jours avant mon vingt-huitième anniversaire.

Selon mon expérience personnelle, le temps passé à faire de la Simulation prospective n’est jamais perdu. Au lieu de vous dire que ce que vous voulez est irréaliste ou impossible, vous imaginez ce qu’il vous faudrait pour réaliser votre désir. Après ce genre de simulation, vous avez toujours une meilleure compréhension de ce dont vous avez besoin pour réaliser votre projet ou de ce qui devrait se passer pour le faire fonctionner.

Pratiquez la Simulation prospective et vous serez très étonné de voir comme il est facile d’accomplir des choses que vous n’osiez imaginer qu’en rêve.

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La loi de Parkinson

« Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement. »

CYRIL NORTHCOTE PARKINSON, HISTORIEN DE LA MARINE ET THÉORICIEN DU MANAGEMENT

E n 1955 Cyril Northcote Parkinson a rédigé un essai humoristique dans The Economist fondé sur son expérience dans l’administration britannique. Dans cet essai apparaît pour la première fois ce qui deviendra sa loi éponyme : « Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement. »

Si quelque chose doit être fait en une année, il sera fait en une année. Si quelque chose doit être accompli la semaine prochaine, il sera accompli la semaine prochaine. Si quelque chose doit être réalisé demain, il sera réalisé demain. Nous projetons d’effectuer certaines tâches en fonction du temps dont nous disposons, et quand le délai approche, nous commençons à faire des Choix et des Compromis pour parvenir à achever ces tâches en temps.

La Loi de Parkinson n’est pas faite pour fixer des délais irréalistes. Tous les projets prennent du temps et vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel en un jour ou une usine en une semaine. Plus le projet est complexe, plus il prend de temps – jusqu’à un certain point.

La Loi de Parkinson montre toute sa puissance combinée avec la Simulation prospective. Qu’est-ce qui se passerait si vous finissiez votre projet dans un délai très court ? Si vous deviez construire un gratte-ciel en une journée, comment vous y prendriez-vous pour accomplir ce tour de force ? Répondez à la question et vous découvrirez des techniques ou des approches que vous pourrez utiliser pour accomplir votre travail plus rapidement que prévu.

Ingvar Kamprad, le fondateur d’Ikea, a dit un jour : « Si vous divisez votre journée en petits créneaux de dix minutes et si vous essayez d’en perdre le moins possible, vous serez étonné du travail que vous pouvez accomplir. » Pour les petites tâches, appliquez ce que j’appelle la Règle d’Ingvar – partez du principe que chacune de vos actions ne vous prendra pas plus de dix minutes, puis mettez-vous au travail. Réunions et coups de téléphone obéissent à cette règle. Même si l’on considère qu’une réunion dure une heure en moyenne, vous pouvez en tirer autant, si ce n’est plus, de bénéfices en la réduisant à dix minutes.

Alors quelle que soit votre action à effectuer, demandez-vous : « Que ferais-je si je n’avais que dix minutes pour l’accomplir ? » et agissez en conséquence.

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Le scénario catastrophe

« Ce qui paraît grand vu de loin n’est finalement pas si grand que cela vu de près. »

BOB DYLAN, COMPOSITEUR ET CHANTEUR

S i vous êtes en mode Concentration sur la menace, vous avez du mal à agir, car votre esprit est obnubilé par la menace que vous percevez, imaginant des scénarios dignes d’un film d’horreur.

Supposons que vous envisagiez de monter votre propre affaire, mais que vous êtes paralysé à l’idée de devoir vous débrouiller seul. Vous vous imaginez donner votre démission et vous voyez déjà en train d’investir beaucoup d’argent dans une affaire qui ne marche pas, de faire faillite et de devenir mendiant. Vous serez incapable de retrouver un emploi, tout le monde vous détestera et vous passerez le restant de vos jours à vivre dans une caravane sous un pont.

Comment faites-vous pour inciter votre cerveau à cesser de vouloir vous protéger s’il est clair qu’il réagit de façon excessive ?

Un Scénario catastrophe est une Simulation prospective où vous imaginez que tout ce qui peut mal se passer se passe mal. Que va-t-il se passer si vous ne terminez pas ce projet à temps ? Que va-t-il vous arriver si votre projet ne marche pas ? Et si vous perdez tout ? Et si tout le monde se moque de vous ?

Les Scénarios catastrophe ne sont qu’une approche pessimiste qui vous aide à réaliser que, dans la plupart des situations, tout va bien pour vous. Le Syndrome de l’homme des cavernes pousse notre cerveau archaïque à tout dramatiser, comme si toute menace potentielle était une question de vie ou de mort. Si nous sommes aussi stressés, c’est parce que notre cerveau Interprète la perte des ressources, l’affaiblissement du statut social ou le rejet comme des menaces à notre survie. Ce fut le cas pendant très longtemps, mais ne l’est plus aujourd’hui. À notre époque, vous pouvez perdre de l’argent, subir des échecs ou être rejeté des centaines de fois par jour sans pour autant perdre la vie.

Si vous regardez vos plus grandes peurs en face, vous découvrez finalement que les choses ne sont pas aussi terribles que vous le pensiez. Créer un Scénario catastrophe est l’équivalent de donner une lampe électrique à un petit enfant terrorisé à l’idée qu’il y a des monstres sous son lit – en mettant en lumière l’objet de leur peur, ils se rendent compte qu’il n’y a rien à craindre.

En Extériorisant et en donnant un nom à vos plus grandes peurs, vous découvrez ce qu’elles sont vraiment, à savoir des réactions irrationnelles excessives. Et, le plus souvent, vous vous rendez compte que vous aviez peur de quelque chose qui n’a pas vraiment d’importance. Même s’il vous arrive un événement fâcheux, cet événement fâcheux ne sera pas aussi fâcheux que vous le pensiez. Dès que vous réalisez que vous n’allez pas en mourir, vous êtes libre d’aller au-delà de ce que vous osiez faire.

Une fois que vous avez imaginé votre Scénario catastrophe, vous ne pouvez qu’agir pour améliorer la situation. Si vous montez votre affaire, vous pouvez commencer à définir les risques réels et réfléchir à des moyens de les réduire. Au lieu d’être victime de vos peurs, vous les utilisez de façon constructive.

Construisez votre Scénario catastrophe et vous ferez de votre cerveau archaïque porté aux exagérations votre allié et non plus votre ennemi.

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La tendance à la surestimation

« Je ne me suis pas trompé depuis 1961, date à laquelle j’ai pensé avoir commis une erreur. »

BOB HUDSON, HOMME POLITIQUE AMÉRICAIN

L orsque vous regardez des concours de chant à la télévision, ne vous arrive-t-il pas d’avoir un mouvement de recul en voyant certains candidats montrer au monde entier combien ils chantent mal ?

L’aspect le plus fascinant de ce genre de spectacle n’est pas tant que les candidats ne savent pas chanter, mais qu’ils croient être des chanteurs de talent. Comment peuvent-ils autant se leurrer sur quelque chose d’aussi évident que leur manque de talent ?

La Tendance à la surestimation est la tendance naturelle à surestimer vos propres capacités, en particulier si vous n’avez qu’une expérience limitée du domaine en question. Certes, avoir confiance dans nos capacités offre des avantages, notamment d’augmenter nos chances d’essayer quelque chose de nouveau. C’est ce qui explique pourquoi des novices en la matière accomplissent parfois des prouesses – ils agissent sans réaliser à quel point leur Objectif était risqué ou difficile à atteindre.

Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple avec Steve Jobs, a mis au point le premier ordinateur personnel du monde. Et voici ce qu’il disait de son expérience : « Je n’avais jamais rien fait de ce genre auparavant, je n’avais jamais construit d’ordinateur, je n’avais jamais créé d’entreprise, je n’avais aucune idée de ce que j’étais en train de faire. Mais je savais que je pouvais le faire, et je l’ai fait. »

Malheureusement, la confiance naturelle amène souvent les individus à se faire des illusions qui peuvent leur coûter cher.

La tendance à la surestimation est encore plus prononcée si vous ne savez pas grand-chose du domaine en question. Plus une personne est incompétente, moins elle réalise qu’elle est incompétente. En revanche, plus une personne possède de connaissances, plus elle est capable d’évaluer ses capacités et donc de douter d’elle-même jusqu’à ce qu’elle ait suffisamment d’expérience pour savoir qu’elle maîtrise le sujet.

Selon David Dunning et Justin Kruger de la Cornell University, le célèbre mot d’esprit de Charles Darwin « L’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance » est tout à fait vrai. Ils expliquent l’effet Dunning-Kruger de la façon suivante :

  • 1.  Les individus incompétents ont tendance à surestimer leur propre niveau de compétence.

  • 2.  Les individus incompétents ne reconnaissent pas les compétences réelles des autres.

  • 3.  Les individus incompétents ne reconnaissent pas l’ampleur de leur insuffisance.

  • 4.  S’ils sont amenés à améliorer considérablement leur propre niveau de compétence, les individus incompétents peuvent reconnaître qu’ils manquaient de compétence.

Les personnes « inconsciemment incompétentes » ignorent qu’elles sont incompétentes – elles en savent tellement peu dans le domaine en question qu’elles sont incapables de voir à quel point elles en savent peu. C’est la raison pour laquelle tous les coiffeurs ou les chauffeurs de taxi que vous rencontrez sont des experts en économie et en politique internationale.

Une fois que vous développez vos connaissances dans un domaine particulier, vous devenez « consciemment incompétent », c’est-à-dire que vous savez que vous ne savez pas. Par conséquent, la plupart des individus deviennent moins confiants dans leurs capacités dès qu’ils en savent davantage sur un sujet donné. En général, l’amélioration des connaissances permet de mieux apprécier les limites de son savoir et de ses compétences.

Développer une « compétence consciente » – le fait de savoir ce que vous faites – exige de l’expérience, du savoir et de la pratique. Lorsque vous devenez compétent en toute conscience, vous retrouvez votre confiance : vous connaissez désormais les limites de votre savoir et pouvez évaluer précisément vos capacités.

Une certaine dose d’humilité est une qualité précieuse pour se remettre en question. La confiance en soi excessive peut parfois amener l’individu à faire de grandes choses, mais c’est un pari risqué – si vous n’êtes pas encadré ni conseillé, vous risquez fort de vous retrouver dans une situation critique. Cultiver une humilité saine peut vous empêcher de partir du principe que vous savez tout sur tout pour découvrir un jour, douloureusement, que c’est loin d’être le cas.

La Tendance à la surestimation est une tendance universelle (faites très attention si votre première impulsion est de penser que vous n’êtes pas concerné). Il est donc important d’avoir des conseillers de confiance qui n’hésitent pas à vous dire que vous commettez une erreur quand vous vous trompez. La Tendance à la surestimation peut avoir des conséquences fâcheuses lorsqu’il s’agit d’estimer un délai – l’excès de confiance est une cause majeure de l’ Illusion du Planning (concept abordé ultérieurement). Lorsque j’ai donné mon accord pour écrire ce livre, je croyais que j’allais en avoir pour six mois environ – mais comme je n’avais jamais écrit de livre auparavant, je n’en avais aucune idée. Des personnes plus expérimentées de mon entourage m’ont dit qu’il faudrait plutôt tabler sur un an d’écriture, et j’ai bien fait de les écouter, car ils avaient raison.

Nous avons tous tendance à surestimer nos capacités. Alors ne vous entourez surtout pas de béni-oui-oui ! Car les gens qui sont toujours d’accord avec vous et soutiennent systématiquement vos décisions ne peuvent pas vous aider à vous corriger et sont bien incapables de vous empêcher de faire des erreurs.

Cultivez des relations avec des personnes qui osent vous dire que vous émettez des hypothèses contestables ou que vous êtes en train de vous fourvoyer – ce sont des amis précieux.

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Le biais de confirmation

« Le danger, ce n’est pas ce qu’on ignore, c’est ce qu’on tient pour certain et qui ne l’est pas. »

MARK TWAIN, ÉCRIVAIN AMÉRICAIN

P aradoxalement, l’un des meilleurs moyens de savoir si vous avez raison ou tort est de rechercher activement des informations qui prouvent que vous avez tort.

Le Biais de confirmation est la tendance générale des individus à prêter Attention aux informations qui vont dans le sens de leurs conclusions et à ignorer les informations susceptibles de les invalider. Nous n’aimons pas particulièrement reconnaître que nous avons pris une mauvaise décision, c’est pourquoi nous sélectionnons les informations sur lesquelles nous focalisons notre attention.

Plus nos opinions ou nos convictions sont fortes, plus nous ignorons les sources d’information susceptibles de les mettre en question. C’est la raison pour laquelle vous n’allez pas trouver beaucoup de conservateurs lire des journaux libéraux et vice versa – ils savent déjà qu’ils ne sont pas d’accord, alors à quoi bon ? Malheureusement, les deux camps s’en trouvent radicalisés puisque ni l’un ni l’autre ne recherchent des informations qui pourraient ébranler leurs convictions.

Le meilleur moyen de combattre le Biais de confirmation est de rechercher délibérément des sources d’information de nature à contester votre hypothèse ou votre croyance actuelle. Lorsque ma femme et moi nous sommes mis à un régime végétalien pendant plusieurs années, il nous a été facile d’adopter aussi la mentalité qui va avec et de nous dire que nous faisions un choix optimal pour notre santé, pour nos amis les animaux et pour la planète. Avec cette vision des choses, nous avions du mal à prêter attention à des sources d’information contestant les bienfaits du régime végétalien.

Finalement, nous avons changé d’avis après avoir trouvé des preuves en contradiction. Après avoir lu The Vegetarian Myth de Lierre Keith, nous avons découvert que le végétarisme n’était pas aussi bon pour la santé ou l’environnement que nous le pensions. Le Pouvoir des protéines de Michael R. et Mary Dan Eades nous en a appris davantage sur les transformations biochimiques des aliments que nous mangeons et sur le fonctionnement des Boucles de rétroaction (concept abordé ultérieurement) qui existent dans notre métabolisme. Résultat : nous avons découvert que certains de nos problèmes de santé chroniques (manque d’énergie, digestion ralentie, etc.) étaient dus à notre régime végétalien.

Ces deux livres, qui apportaient des preuves en contradiction avec notre croyance initiale, nous ont incités à changer d’avis. Nous avons beaucoup appris de notre expérience, à la fois sur l’alimentation et sur l’importance de prêter attention aux preuves qui vont dans un sens opposé.

Il est naturellement difficile de s’intéresser aux preuves en contradiction, car cela signifie chercher activement des raisons pour lesquelles nous pourrions avoir tort, et nous détestons avoir tort. Mais nous pouvons aussi découvrir des preuves de la validité de notre opinion, autrement dit des raisons supplémentaires d’avoir raison. L’essentiel étant de nous abstenir de tout jugement assez longtemps pour tirer la leçon de notre expérience.

Il n’est pas confortable, mais il est utile de chercher des informations susceptibles de réfuter nos opinions ou nos convictions, quelle que soit notre décision finale.

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Le biais rétrospectif

« Termine ta journée et n’en parlons plus. Tu as fait ce que tu as pu. Des impairs et des absurdités s’y sont sans doute glissés, mais oublie-les bien vite. Demain est un autre jour ; tâche de bien le commencer et avec sérénité, sans laisser ta bonne humeur s’encombrer de tes sottises passées. »

RALPH WALDO EMERSON, ESSAYISTE, POÈTE ET PHILOSOPHE AMÉRICAIN

C omment vous sentez-vous lorsque vous vous rendez compte que vous avez commis une erreur ?

Le Biais rétrospectif est la tendance naturelle à s’accuser de choses qu’on aurait dû savoir. À se donner des gifles en se disant : « Quel imbécile tu fais ! » Si vous perdez votre emploi, vous auriez dû savoir que c’était inévitable. Si le cours d’une action que vous possédez chute de 80 % du jour au lendemain, vous auriez dû la vendre. Si vous lancez un produit que personne n’achète, vous auriez dû savoir qu’il était voué à l’échec.

Vous êtes stupide. Car si vous aviez su alors ce que vous savez maintenant, vous n’auriez pas fait ce que vous avez fait.

Chaque décision que vous prenez est basée sur des informations incomplètes et vous devez faire appel à l’Interprétation pour combler les vides. Puisque vous n’êtes pas omniscient, vous aurez toujours plus d’informations au moment où vous évaluez les résultats de votre action qu’au moment où vous avez pris votre décision.

Par conséquent, il est très facile de se sentir idiot si les choses ne se passent pas comme prévu. Il est important de réaliser que ces sentiments sont irrationnels, que vous avez pris votre décision en fonction des informations dont vous disposiez à ce moment-là et que vous ne pouvez rien faire de plus maintenant pour changer la situation.

Ne vous en voulez pas de choses que vous auriez dû voir ou que vous auriez dû faire. Changer le passé est en dehors de notre Zone de contrôle (concept abordé ultérieurement), alors à quoi bon gaspiller notre énergie à imaginer ce qui aurait pu être ? Le Biais rétrospectif devient destructeur si vous vous accusez ou accusez les autres de ne pas savoir ce qu’il est impossible de savoir.

Réinterprétez vos erreurs passées sous un éclairage constructif et concentrez vos efforts sur ce que vous pouvez faire ici et maintenant pour aller dans le bon sens.

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Le seuil d’incompétence

« S’il n’est pas contrôlé, le travail va envahir progressivement l’homme compétent et finir par le submerger. »

CHARLES BOYLE, ANCIEN MEMBRE DU CONGRÈS AMÉRICAIN

I l est préférable d’être occupé que de s’ennuyer, mais il est possible d’être trop occupé pour se sentir bien.

Le Seuil d’incompétence est un concept qui explique ce qui se passe quand vous avez trop de choses à faire. Au-delà d’une certaine limite, plus un individu a de choses à faire, moins il les fait bien.

Imaginez-vous en train de jongler avec des quilles de bowling. Si vous êtes adroit, vous pourrez peut-être jongler avec trois ou quatre quilles sans les faire tomber. Mais plus vous avez de quilles entre les mains, plus vous risquez de les laisser tomber par terre en jonglant avec.

Si vous voulez être productif, vous devez vous fixer des limites. Jongler avec des centaines de tâches et des dizaines de projets n’est pas tenable : vous risquez de commettre des erreurs, d’aller tout droit à l’échec et d’être victime du burn out. Rappelez-vous la Loi de Parkinson : si vous ne limitez pas le temps dont vous disposez, votre travail va s’étendre pour le remplir complètement, brûlant toute votre énergie et vous menant à l’épuisement total.

Les limites ont toujours des conséquences ; si vous n’êtes pas prêt à gérer les conséquences, c’est qu’il n’y a pas réellement de limite. Si votre patron vous demande de travailler vingt heures par jour, sept jours par semaine, et que vous refusez en posant des limites à vos heures de travail, vous risquez de perdre votre emploi. Abattre vingt heures de travail par jour est complètement irréaliste, mais si vous n’acceptez pas la possibilité de perdre votre travail, c’est que vous n’avez pas réellement fixé de limite.

Vous devez aussi vous garder un minimum de temps pour faire face à l’imprévu. La plupart des entreprises modernes sont convaincues que le « temps mort » est improductif et que les salariés doivent être occupés tout le temps. Malheureusement, cette mentalité ignore la nécessité de gérer les événements imprévus, et il y en a toujours. Le temps dont vous disposez dans une journée est, par essence, limité, et si, chaque jour, votre agenda est rempli, vous aurez du mal à répondre à des exigences nouvelles et imprévues.

Vous ne pouvez pas constamment tourner à 110 % de vos capacités. Alors utilisez les Quatre méthodes pour terminer une action pour éliminer, reporter ou déléguer les tâches non prioritaires qui risquent de vous faire atteindre le Seuil d’incompétence. En gardant quelques « capacités de production » en réserve, vous pourrez gérer sans tarder les Actions prioritaires.

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Les cycles de l’énergie

« Nous avons tous des moments où notre pensée est particulièrement efficace et des moments où nous devrions nous abstenir de penser. »

DANIEL COHEN, AUTEUR FRANÇAIS

L e problème avec la « gestion du temps » est le suivant : ce n’est pas le temps qu’il faut gérer. Quoi que vous choisissiez de faire, le temps va passer, inévitablement.

Les systèmes de gestion du temps partent du principe que chaque heure qui passe est interchangeable, autrement dit que toutes les heures se valent. Rien n’est plus éloigné de la réalité : tous les êtres humains ont été créés égaux, mais pas toutes les heures.

Votre niveau d’énergie fluctue tout au long de la journée. Votre organisme est soumis à des rythmes naturels que j’appelle les Cycles de l’énergie . Vous connaissez certainement le rythme circadien qui vous réveille le matin et vous donne envie de vous coucher le soir. Mais peut-être n’avez-vous jamais entendu parler du rythme ultradien décrit dans Le pouvoir de l’engagement total de Jim Loehr et Tony Schwartz.

Le rythme ultradien influence les systèmes organiques et, notamment, commande les fluctuations hormonales. Lorsque votre énergie est au plus haut, vous êtes capable de vous concentrer au maximum et d’accomplir beaucoup de choses. Lorsqu’elle est au plus bas, votre cerveau et votre corps n’ont qu’un désir : se reposer et récupérer. Ces fluctuations énergétiques au cours de la journée n’ont rien d’anormal, et pourtant nous avons tendance à considérer nos baisses de régime comme des problèmes à résoudre.

De nos jours, nous essayons de « manipuler » ce cycle pour en faire plus en nous reposant moins. Dans les entreprises où la concurrence est particulièrement rude, il n’est pas rare de travailler huit à douze heures d’affilée par jour, sans aucune pause. La plupart des salariés tentent alors de doper les performances de leur cerveau à grands renforts de sucre et de caféine. Certains vont même jusqu’à abuser des médicaments ou à prendre des drogues pour travailler un peu plus longtemps ou un peu plus vite.

Comme tous les organismes biologiques, les êtres humains ont besoin de se reposer et de récupérer pour être au top de leur productivité. Faire une pause n’est pas un signe de paresse ou de faiblesse, mais la reconnaissance d’un Besoin humain. Prêter attention à votre Cycle de l’énergie naturel va vous aider à obtenir des performances optimales sur de longues périodes.

Voici quatre conseils très simples pour travailler avec votre organisme et non contre lui :

1.  Découvrez vos tendances naturelles – Notez dans un cahier ou sur un agenda votre « état énergétique » à différents moments de la journée, ainsi que ce que vous mangez et buvez. Si vous faites cela durant quelques jours, vous allez identifier des schémas de fluctuation de votre énergie, ce qui va vous permettre d’organiser votre travail en conséquence.

2.  Optimisez les moments où votre énergie est au plus haut – Lorsque vous atteignez un « pic » énergétique, vous êtes capable d’abattre beaucoup de travail ; par conséquent, veillez à tirer profit de cette énergie maximale en organisant votre journée en conséquence. Si vous faites un travail créatif, réservez-vous les trois à quatre heures durant lesquelles vous êtes au mieux de vos capacités. Si votre travail consiste à assister à de nombreuses réunions, programmez les plus importantes quand votre énergie est au top.

3.  Faites une pause – Lorsque vous ressentez une baisse d’énergie, reposez-vous au lieu de forcer la machine. Le repos et la récupération ne sont pas optionnels – si vous ne faites pas de pause au moment où votre organisme en a le plus besoin, il va vous obliger à vous reposer plus tard, soit en prolongeant les phases où votre énergie est au plus bas, soit en tombant malade. Par conséquent, profitez d’une baisse de régime pour aller vous promener, méditer ou faire une sieste de vingt minutes. La détente vous permettra de recharger vos batteries et d’exploiter au mieux le prochain cycle de remontée de l’énergie.

4.  Dormez suffisamment – Le manque de sommeil prolonge les cycles avec une énergie faible et entrave la performance. Pour être sûr de dormir suffisamment, faites sonner un minuteur une heure avant le moment où, théoriquement, vous devriez vous être endormi. Lorsqu’il retentit, éteignez l’ordinateur et/ou la télévision, procédez aux rituels d’usage (se changer, se brosser les dents, etc.), préparez-vous une infusion et prenez un bon livre. Lorsque vous commencez à moins bien comprendre ce que vous lisez, vous savez qu’il est temps d’aller au lit.

Si vous prêtez attention à vos Cycles de l’énergie au cours de la journée, vous exploiterez au mieux le temps dont vous disposez. Faites un maximum de choses lorsque votre énergie est au plus haut et reposez-vous lorsqu’elle est au plus bas. Vous serez étonné de votre niveau de productivité.

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Stress et récupération

« Seuls ceux qui prennent le risque d’aller trop loin peuvent découvrir jusqu’où ils peuvent aller. »

T. S. ELIOT, POÈTE, ESSAYISTE ET AUTEUR DRAMATIQUE BRITANNIQUE

D urant mon dernier semestre à l’université, à l’époque où j’ai créé le Personal MBA, j’ai atteint mes limites et me suis retrouvé au bout du rouleau.

Je prenais 22 heures de cours sur trois sujets : les systèmes d’information de l’entreprise, l’immobilier et la philosophie. Chacune des disciplines comportait un examen final et un projet personnel. Deux de ces cours exigeaient la rédaction d’un article d’au moins vingt pages sur un sujet extrêmement complexe. J’avais beaucoup trop de travail pour le temps dont je disposais.

Arrivé aux quinze derniers jours, j’étais une véritable épave : manque de sommeil, épuisement et stress intense. J’ai réussi à tout faire à temps, mais cette surcharge de travail a laissé des traces et il m’a fallu plusieurs semaines de repos total après l’obtention de mon diplôme pour retrouver toutes mes forces.

Même si cette expérience n’a pas été agréable, je suis heureux d’être allé au bout de moi-même, car désormais je connais mes limites : je sais de quoi je suis capable et ce qui est au-delà de mes capacités. Je sais mieux comment mon esprit et mon corps réagissent au stress et je peux identifier les signes d’avertissement qui m’empêchent de perdre le contrôle de la situation.

Résultat : j’ai appris à travailler à 90 % de mes capacités, ce qui est suffisant pour en faire beaucoup sans risquer l’épuisement. Je peux écrire, faire du conseil et travailler sur quelques projets annexes intéressants. Prêter attention au Stress et à la Récupération m’évite de prendre une charge de travail trop importante. Je sais désormais quand je peux appuyer sur l’accélérateur et quand je dois ralentir.

Il est impossible de connaître ses limites tant qu’on ne décide pas de les repousser. À condition de limiter vos expériences à des choses qui ne vont pas vous tuer ou provoquer des troubles chroniques, vous pouvez en apprendre beaucoup sur vous-même en allant au bout de vos limites. Et cette meilleure connaissance de vous-même va vous aider à mieux choisir les projets que vous pouvez accepter et ceux qu’il est préférable de laisser de côté.

Cela dit, votre organisme n’est pas une machine conçue pour fonctionner sans cesse au maximum de ses capacités. Il est facile de tomber dans le piège qui consiste à comparer vos capacités à une version idéalisée de vous-même qui pourrait bâtir Rome en un jour, puis construire la Grande Muraille de Chine le lendemain. Si c’est votre vision de l’efficacité personnelle, vous ne serez jamais à la hauteur.

Vous n’êtes pas une machine et l’idéal de la productivité humaine n’est pas d’agir comme un robot. Les êtres humains ont besoin de repos, de détente, de sommeil et de jeu pour fonctionner efficacement. Si ces éléments fondamentaux venaient à manquer, vous deviendriez incapable de faire du bon travail et d’avoir plaisir à vivre.

Alors comment vous reposer et récupérer ? C’est très simple : en passant du temps à faire quelque chose de complètement différent de vos activités et de vos responsabilités habituelles. Plus votre travail et vos loisirs sont éloignés, mieux c’est.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill a subi un stress difficilement imaginable. En tant que Premier ministre du Royaume-Uni, il a été chargé d’organiser la défense de la Grande-Bretagne de 1940 à 1945. Le sort de son pays et la liberté de son peuple étaient entre ses mains.

Comment Churchill ne s’est-il pas écroulé sous le poids d’une telle responsabilité ?

Dans son livre La Peinture, mon passe-temps , il explique comment passer du temps à peindre l’a aidé à récupérer des exigences de la guerre et de la politique :

De nombreux remèdes sont proposés pour éviter les soucis et le surmenage aux personnes qui, sur des périodes prolongées, doivent assumer des responsabilités exceptionnelles et remplir des missions de très grande ampleur. Certains conseillent les voyages, d’autres la retraite et l’isolement. Certains vantent la solitude, d’autres la gaieté. Nul doute que toutes ces choses peuvent avoir leur utilité selon le tempérament de l’individu. Mais leur point commun est le changement.

Le changement est le passe-partout. Un homme peut user une partie de son esprit en l’utilisant constamment et en la fatiguant, tout comme il peut user les coudes de son manteau. Toutefois, il existe cette différence entre les cellules vivantes de l’esprit humain et les objets inanimés, à savoir qu’on ne peut pas raccommoder les coudes usés d’un manteau en raccommodant les manches ou les épaules, alors que les parties fatiguées de l’esprit humain peuvent se reposer et retrouver leur force, non seulement par le repos, mais aussi par l’utilisation d’autres parties. Il ne suffit pas d’éteindre les lumières qui éclairaient la sphère d’activité principale : il faut illuminer une nouvelle sphère d’activité.

Il est inutile de dire à ses muscles mentaux fatigués – si je peux me permettre cette expression : « Je vais vous donner beaucoup de repos », « Je vais faire une longue promenade » ou « Je vais m’allonger et ne penser à rien ». L’esprit reste toujours occupé. S’il était en train de peser le pour et le contre, il continue de peser le pour et le contre. S’il était inquiet, il continue d’être inquiet. Ce n’est que quand de nouvelles cellules sont sollicitées et entrent en activité, quand de nouvelles étoiles deviennent les maîtres de l’ascendant, que le soulagement, le repos et le délassement sont possibles.

Si Churchill réussissait à trouver du temps pour peindre en pleine guerre mondiale, vous pouvez trouver le temps, même avec votre emploi du temps surchargé, de vous reposer et de récupérer en faisant quelque chose que vous aimez. Consacrez du temps au repos et à la récupération sans culpabiliser et vous rendrez votre vie plus agréable et plus productive.

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L’expérimentation

« Les découvertes sont souvent faites en refusant de suivre les instructions, en allant hors des sentiers battus, en essayant ce qui n’a jamais été essayé. »

FRANK TYGER, DESSINATEUR HUMORISTIQUE ET CHRONIQUEUR AMÉRICAIN

C ’est le matin, après huit heures de sommeil, que je suis le plus en forme pour écrire. Je me lève et je bois deux tasses de café, chacune contenant une cuillérée à soupe de beurre doux et d’huile de coco raffinée11 . Puis j’allume une lampe spéciale pour avoir ma dose de soleil matinal. Après avoir rechargé mes batteries, j’allume mon ordinateur, supprime provisoirement ma connexion Internet et me mets à écrire. Une fois que je suis bien concentré, je peux écrire pendant six heures d’affilée, à condition de ne pas être dérangé, bien sûr.

L’écriture est importante pour moi, et j’écris tous les jours. J’ai testé de nombreuses approches différentes, de nombreuses variables différentes. Et j’ai transformé en Habitude celle qui me convient le mieux.

Cette approche est-elle définitive ? J’en doute – je finirai par trouver d’autres méthodes qui marchent encore mieux. Mon désir d’ Expérimentation ne s’arrête jamais.

L’Expérimentation consiste à tester quelque chose de nouveau – une manière d’appliquer la méthode scientifique et le Cycle d’itération à votre propre vie. Les gens les plus heureux et les plus productifs que je connaisse ont en commun de ne jamais cesser d’essayer de nouvelles choses pour voir ce qui marche. Vous ne pouvez pas faire des découvertes de nature à améliorer votre vie si vous n’osez jamais Expérimenter des nouveautés.

L’Expérimentation n’a pas besoin d’être compliquée. Il vous suffit de choisir un aspect de votre vie et de tester de nouvelles façons d’obtenir ce que vous voulez dans ce domaine. Vous pouvez tester des approches au hasard ou Expérimenter par vous-même ce qui fonctionne pour les autres. Extérioriser vos résultats en les couchant sur papier peut vous aider à garder trace de ce que vous avez essayé, de ce qui marche pour vous et de ce qui ne vous convient pas.

Voici comment organiser et exploiter au mieux vos expériences :

  • images  Observations – qu’observez-vous dans votre vie personnelle ou professionnelle que vous souhaiteriez améliorer ?

  • images  Connaissances – qu’avez-vous appris de vos expériences passées que vous pourriez relier à vos observations actuelles ?

  • images  Hypothèses – quelles situations ou quels facteurs pourraient être à l’origine de vos observations ou y contribuer ?

  • images  Tests – qu’allez-vous essayer ou changer pour améliorer votre situation ? Quelles hypothèses allez-vous tester avec cette expérience ?

  • images  Résultats – que s’est-il passé après chaque Expérimentation ? Vos hypothèses s’en trouvent-elles confirmées ou invalidées ?

Voici quelques questions pour vous aider à découvrir des choses qui valent la peine d’être expérimentées :

  • images  De combien d’heures de sommeil avez-vous besoin pour vous sentir reposé et en pleine forme ?

  • images  Quels aliments boostent votre énergie ? Lesquels vous rendent ballonné ou semblent vous mettre dans un état léthargique ?

  • images  À quel moment de la journée êtes-vous le plus productif dans votre travail ? Avez-vous identifié un schéma précis (hausse et baisse de productivité à certains moments de la journée) ?

  • images  Quand avez-vous les meilleures idées ? Qu’êtes-vous en train de faire quand elles surgissent ?

  • images  Quelle est votre plus grande source de stress ou d’inquiétude ? Quand commencez-vous à vous faire du souci, et pourquoi ?

Dès que vous avez repéré certains schémas de fonctionnement, commencez à Expérimenter. Changez consciemment votre approche dans un domaine de votre vie et Extériorisez vos résultats. Si vous trouvez qu’un changement donné vous a été utile, continuez de l’appliquer – sinon, essayez autre chose.

L’Expérimentation est le meilleur moyen de voir votre vie s’améliorer avec le temps. En testant constamment de nouvelles choses, vous découvrez ce qui marche pour vous et ce qui ne marche pas. Avec le temps, vous découvrez ce qui contribue à améliorer votre existence et ce qui tend plutôt à l’aggraver. Les résultats de vos expériences s’Accumulent jusqu’à produire ce que vous attendez.

Vous ne saurez jamais si vous n’essayez pas.

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE : http://book.personalmba.com/testing/

L’idéalisation

« Nous éviterions bien des tourments si nous savions comment transférer nos expériences émotionnelles de génération en génération, comme nous le faisons avec l’argent ou les connaissances scientifiques. »

ALAIN DE BOTTON, PHILOSOPHE ET ESSAYISTE

I l existe une différence énorme entre aimer l’idée d’être ou de faire quelque chose et aimer être ou faire réellement cette chose.

Il est facile d’aimer l’idée d’être le directeur d’une grande entreprise, mais plus difficile d’apprécier les heures de travail, les responsabilités et le stress que ce rôle implique.

Il est facile d’aimer l’idée d’être un manager, mais plus difficile d’apprécier les exigences de ses supérieurs, les mauvaises surprises de ses subordonnés directs et la nécessité de défendre son territoire dans un environnement politique.

Il est facile d’aimer l’idée d’avoir un MBA, mais plus difficile d’aimer avoir une dette à six chiffres et être dans l’obligation de trouver un emploi stressant de 60 heures par semaine pour rentabiliser cet investissement.

Il est facile d’aimer l’idée d’être à son compte, mais plus difficile d’apprécier le fait que 100 % de son revenu provient de ses efforts personnels et que si l’on fait faillite, on est le seul à devoir en assumer les conséquences.

Il est facile d’aimer l’idée de lever des millions d’euros de capital-risque, mais plus difficile d’apprécier le fait de devoir abandonner tout contrôle sur le projet d’une vie.

Il est facile d’aimer l’idée d’être écrivain, mais plus difficile d’aimer la solitude, les doutes sur soi et les longues heures passées assis sur une chaise et les mains sur le clavier.

Il est facile d’aimer l’idée d’être une célébrité, mais plus difficile d’aimer être observé à la loupe, ne plus avoir de vie privée et avoir constamment peur de tomber dans l’oubli.

L’ Idéalisation est une force puissante – un léger mystère enveloppant les choses qui les rend plus séduisantes qu’elles ne sont en réalité. Heureusement, il existe un moyen très simple de faire tomber le masque de l’Idéalisation : avoir une conversation sincère avec quelqu’un qui a fait ce que vous aimeriez faire.

Demandez à cette personne : « Je respecte vraiment ce que vous faites, mais j’imagine qu’il y a des avantages et des inconvénients. Pourriez-vous m’en parler ? Sachant ce que vous savez maintenant, le jeu en vaut-il la chandelle ? »

Cette discussion ne vous prendra que quelques minutes, mais vous serez étonné de tout ce que vous pourrez en apprendre, de positif et de négatif.

Aucun métier, aucun projet, aucune position ne sont idylliques. Il faut toujours faire des Compromis. Mais savoir d’avance lesquels vous donne un avantage de taille : vous pouvez envisager une possibilité sans l’Idéaliser, puis vous demander si c’est vraiment ce que vous souhaitez avant de vous lancer. Ce type de connaissance est d’une valeur inestimable.

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Le manège du bonheur

« Si vous voulez rendre un homme heureux, n’ajoutez pas à ses richesses, mais ôtez à ses désirs. »

ÉPICURE, PHILOSOPHE GREC

S upposons que vous pensez qu’acheter une nouvelle voiture va vous rendre heureux. À court terme, pourquoi pas : pendant les premières semaines, vous allez certainement avoir grand plaisir à la conduire. Mais au fil du temps, votre plaisir va diminuer – un phénomène que les psychologues appellent « l’adaptation hédoniste ». Votre nouvelle voiture ne va pas tarder à faire partie du paysage et votre esprit va jeter son dévolu sur un autre désir à satisfaire dans une quête du bonheur sans fin.

Cette sensation correspond au cycle du Manège du bonheur  : nous sommes en quête d’expériences agréables dans l’idée qu’elles vont nous rendre heureux. Lorsque nous finissons par obtenir ce que nous désirons, nous nous adaptons très rapidement à notre satisfaction et elle ne nous apporte plus de plaisir. Par conséquent, nous nous mettons en quête d’autre chose et le cycle se répète.

Le Manège du bonheur explique pourquoi les individus qui ont richesse, statut social et célébrité continuent leur quête et en veulent toujours plus. Puisque ce que nous acquérons ou obtenons ne nous satisfait pas longtemps, nous ne tardons pas à convoiter autre chose et à vouloir le posséder.

Le Manège du bonheur constitue un problème majeur si vous aspirez à éprouver un sentiment de réussite ou de satisfaction durable. Vous pouvez travailler dur et faire des sacrifices pour atteindre ce que vous avez toujours voulu atteindre, et puis vous retrouver dans un état d’abattement ou, au contraire, d’agitation fébrile et d’insatisfaction. Vous seriez surpris si vous saviez le nombre de gens qui ont « réussi » et qui ne sont pourtant pas satisfaits de leur vie, même après avoir réalisé leur rêve.

Il n’est pas facile de court-circuiter le Manège du bonheur, car il s’agit d’un effet secondaire du Syndrome de l’homme des cavernes. Néanmoins, certaines choses peuvent nous amener à un état de satisfaction durable. D’après les recherches actuelles, il existe cinq priorités qui contribuent à un bonheur durable en minimalisant l’adaptation hédoniste :

1.  Travaillez pour gagner « suffisamment » d’argent . L’argent contribue au bonheur, mais seulement jusqu’à un certain point. Selon une étude réalisée en 2010 par Daniel Kahneman et Angus Deaton, l’argent est lié au bonheur jusqu’à un revenu mensuel d’environ 75 000 dollars par an (environ 60 000 €). Atteindre ce niveau de revenus réclame des efforts, mais il est tout à fait possible d’y parvenir : le revenu moyen des ménages américains en 2008-2009 s’élevait à 71 500 dollars.

Une fois que vous avez assez d’argent pour couvrir vos Besoins fondamentaux et quelques besoins supplémentaires, vous atteignez un seuil au-delà duquel vous subissez la Loi des rendements décroissants (concept abordé ultérieurement) : tout euro supplémentaire que vous gagnez ne vous est pas aussi utile. Au-delà de ce seuil, avoir plus d’argent ne rend pas plus heureux et peut même rendre moins heureux en devenant une source de stress et d’inquiétude. (Si vous voulez des exemples qui montrent que l’argent peut diminuer le bonheur, lisez Fables of Fortune: What Rich People Have That You Don’t Want de Richard Watts.)

Il est utile de savoir au-delà de quel niveau de revenus vous ne serez pas plus heureux, voire serez moins heureux : en limitant votre consommation au-delà d’un certain point et en faisant des économies à long terme, vous pouvez récolter les bénéfices de la sécurité financière et de la Résilience (concept abordé ultérieurement) sans vous tuer à la tâche pour vous offrir des plaisirs qui ne vous donneront plus de plaisir au bout de quelques semaines.

En règle générale, les expériences contribuent davantage au bonheur que les biens matériels. Au-delà du seuil où vos besoins sont satisfaits, vous aurez une gratification plus importante en voyageant avec des gens que vous aimez qu’en achetant un produit de luxe qui vous coûtera horriblement cher.

2.  Attachez-vous à améliorer votre santé et votre énergie . La santé est un grand facteur de bonheur : lorsque vous vous sentez en pleine forme, vous avez toutes les chances de vous sentir heureux et satisfait. L’inverse vaut également : lorsque vous êtes malade ou vous sentez mal, vous avez tendance à éprouver moins de plaisir aux choses et à être moins satisfait de votre vie.

Expérimentez différents moyens d’améliorer votre état de santé et votre dynamisme, et vous verrez votre qualité de vie s’améliorer considérablement. N’oubliez pas que l’organisme humain a des Besoins physiques : nourriture, exercice et repos lui sont indispensables. Si vous vous donnez comme priorité de fournir à votre corps ce dont il a besoin pour fonctionner de manière optimale, vous en récolterez les bénéfices dans les années à venir.

3.  Passez du temps avec des gens que vous aimez . Se retrouver en famille, avec des amis ou avec des personnes avec lesquelles on s’entend bien est l’un des principaux facteurs de bonheur. Le contexte et l’environnement sont moins importants que les gens que l’on côtoie.

Tous les êtres humains n’ont pas les mêmes besoins de contact social pour être heureux. Les individus extravertis sont dynamisés par les relations avec leurs semblables et ont besoin d’échanger régulièrement avec les autres. Les individus introvertis (comme moi) peuvent passer des jours, voire des semaines, sans voir grand monde et trouvent l’essentiel de leur énergie dans la solitude. Malgré tout, passer du temps avec des gens qu’ils aiment, que ce soit autour d’un repas ou en voyage, leur fait du bien : des contacts réguliers avec des amis contribuent à augmenter durablement leur satisfaction.

Selon George Vaillant, le directeur du projet, les résultats de la Harvard Study of Adult Development (l’étude la plus étendue et la plus longue sur la santé mentale) se résument à cette constatation : « La seule chose qui importe vraiment dans la vie, ce sont vos relations avec les autres. »12

4.  Supprimez les sources de stress chronique . Dans la vie, beaucoup de choses peuvent vous porter sur les nerfs. Essayez de réduire ou d’éliminer les sources de tensions et de contrariétés chroniques et vous serez largement plus satisfait de votre existence.

Si les bouchons aux heures de pointe vous tapent sur les nerfs, déménagez pour vous rapprocher de votre lieu de travail. Si vous n’aimez pas ce que vous faites actuellement, cherchez un autre emploi. Si l’un de vos clients vous agace vraiment, ne travaillez plus avec lui. Si vous oubliez systématiquement d’emporter le câble d’alimentation de votre ordinateur portable quand vous voyagez, achetez-en un second qui restera dans votre valise ou dans votre sac. En trouvant des solutions simples pour supprimer les stress et les frustrations inutiles, vous passerez moins de temps et d’énergie à vous énerver et plus de temps à vous sentir bien.

5.  Lancez-vous un nouveau défi . La plupart des gens pensent que la retraite est une sinécure. Mais ce n’est pas toujours le cas. Le travail est souvent une source de motivation et de satisfaction, avec des objectifs à atteindre à la clé, et les retraités éprouvent fréquemment un sentiment de vide et de désœuvrement qui peut aller jusqu’à la dépression.

La solution ? Se lancer un nouveau défi à relever. N’importe lequel. Qu’il s’agisse de développer une nouvelle compétence, d’apprendre une nouvelle langue, d’apprendre à jouer d’un instrument, de construire une machine ou de courir un marathon, déployer toute son énergie pour accomplir quelque chose est le meilleur moyen d’être durablement heureux et épanoui.

Si vous voulez sortir du Manège du bonheur, privilégiez les expériences et laissez tomber l’acquisition de biens matériels. Comme le disait Charles Kingsley, un historien et homme d’église britannique du XIX e  siècle : « Nous agissons comme si le confort et le luxe étaient une nécessité vitale, alors que la seule chose dont nous avons besoin pour être heureux est de pouvoir nous passionner pour quelque chose. »

RETROUVEZ CE CONCEPT À L’ADRESSE : http://book.personalmba.com/hedonic-treadmill/