CHAPITRE 23

— Wô, wô, matante Florie, je comprends rien de ce que tu me dis !

Découragée, Marie-Camille se résolut à abandonner l’idée de retourner se coucher. Le téléphone qui avait sonné chez elle à 7 heures du matin, le premier dimanche d’octobre, n’était pas de bon augure. Et en effet, quand la femme à l’autre bout de l’appareil réussit enfin à contrôler ses pleurs, la jeune entendit :

— Louisette est moorrrttttte !

— Oh ! Louisette ?

— Ouiiiiii… mon amie… ma meillleurrrre amie…

Florie recommença à pleurer, avec de longs sanglots qui n’en finissaient plus. Sachant l’amitié qui unissait les deux femmes, après un début de relation houleux, Marie-Camille tenta de questionner affectueusement sa tante :

— Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle a eu un accident ?

— Dans son lit… Oh ! Pouf de même ! Oh… ma Louisette !

Incapable d’obtenir plus de détails, la blonde ferma les yeux en éloignant le combiné de son oreille. Elle attendit un petit répit dans les sanglots et se pressa de glisser :

— Tu veux bien me passer papa ou mononcle Laurent, matante, le temps que tu te calmes un petit peu ?

Florie laissa tomber le combiné sans délicatesse et Marie-Camille grimaça en soupirant. La voix d’Édouard, endormie, lui arracha un premier sourire.

— Qu’est-ce qui se passe, papa ? Louisette est vraiment morte ?

— Hum, hum.

— Matante Florie est vraiment dans tous ses états…

— C’est pas peu dire !

La jeune femme entendait les plaintes lancinantes de la femme de cinquante-huit ans, qui témoignaient de sa peine réelle. Marie-Camille n’avait jamais entendu Florie pleurer autant. Un brouhaha empêcha son père de continuer à discuter et, même si Édouard tentait de mettre sa main sur le combiné pour éviter à sa fille le désagrément du bruit qui s’ensuivit, cette dernière n’eut aucune difficulté à s’imaginer la scène qui avait lieu dans la maison familiale. Au bout de plusieurs minutes, enfin, Édouard reprit l’appareil et chuchota :

— Je te rappelle dès que j’en sais un peu plus, ma chérie. Je vais appeler son fils Ludovic.

— OK.

Marie-Camille déposa le combiné, étira les jambes pour les allonger sur la table basse du salon et déposa sa tête sur son sofa. Elle ferma les yeux, en songeant que sa grasse matinée était à l’eau.

— Je me demande ce que Jean-Luc fait aujourd’hui, murmura-t-elle.

Ils réussissaient à se retrouver deux à trois fois par semaine. Certains jours, son amoureux allongeait son heure de dîner pour la retrouver au parc situé près de son travail. D’autres soirs, il se faufilait dans l’immeuble de la rue de la Roche, afin de passer un moment plus intime avec Marie-Camille. Même s’il n’en parlait jamais, la jeune femme se demandait parfois ce qu’il pouvait bien dire à son épouse lorsqu’il ne rentrait pas pour le souper. Mais elle s’était promis, le jour où elle avait décidé de s’embarquer dans cette relation adultère, de ne pas poser de questions. Malgré l’envie de le faire, malgré son désir de savoir. Son amoureux lui avait fourni son numéro de téléphone, quelques semaines auparavant, en précisant gentiment :

— Au cas où… mais c’est certain que…

— C’est bon, j’ai compris, avait sèchement répondu Marie-Camille, en fourrant le papier dans son portefeuille sans le regarder.

L’homme avait eu une moue désolée. Surtout lorsque sa jeune amoureuse avait chuchoté, les yeux dans l’eau :

— Je suis pas folle ! Je sais bien que je dois pas t’appeler, à moins d’une urgence majeure.

— Je t’en prie, Marie-Camille…

— Quoi ?

Jean-Luc avait juste secoué la tête, sachant qu’il ne pouvait pas décemment demander plus à la jeune femme, qui sacrifiait beaucoup pour être à ses côtés. Depuis que les cours à l’université avaient recommencé, il pouvait passer plus de temps avec elle, sa femme acceptant sans contester l’excuse des leçons du soir et des congrès. Durant l’été, Micheline avait abandonné son travail de secrétaire, en sifflant méchamment à son mari :

— C’est ton rôle de nous faire vivre, après tout. Je vais rester avec mon fils au lieu de le faire garder par la bonne femme en bas de chez nous. Ça devrait te rendre heureux qu’il soit avec sa mère au lieu d’une inconnue.

Pourtant, le professeur aurait au contraire préféré que Mathieu passe un peu de temps loin de Micheline. Il avait tellement peur qu’elle ne le contamine de son discours haineux qu’il s’assurait d’être là chaque matin à son réveil et chaque soir à son coucher. Lorsqu’il quittait la maison pour se rendre chez sa jeune maîtresse, il prenait soin d’embrasser affectueusement son fils en lui mentionnant à quel point il l’aimait. Son garçon l’empêchait d’envisager une décision indécente, comme celle de demander le divorce. Sans Mathieu, il est certain que l’enseignant aurait quitté cette épouse qui lui pourrissait l’existence. Il l’aurait abandonnée, malgré les reproches de sa famille, de sa communauté.

Désireuse de profiter au maximum de son dimanche de congé, Marie-Camille se leva pour faire un peu de cuisine.

« Aussi bien m’y mettre tout de suite. Je dois rejoindre Gabriel à midi. J’espère que papa va me rappeler avant », pensa-t-elle.

Pendant deux heures, la jeune femme resta en jaquette et s’affaira à préparer des repas pour sa semaine : pâté chinois, sauce à spaghetti et un pouding au pain bien sucré pour compléter le tout. La gourmande en elle était satisfaite. Ensuite, elle s’empressa de faire la vaisselle.

— Matante Florie serait contente de voir que je me nourris ! murmura-t-elle, avec un sourire dans la voix. Elle alluma son poste de radio.

La voix de l’animateur de CKVL l’égaya :

« Ce programme a pour but de conseiller les indécis, les inquiets, ceux qui hésitent devant deux chemins, ceux qui ne voient pas clair en eux-mêmes…* »

Marie-Camille resta appuyée contre le comptoir pour entendre les premiers conseils offerts par madame X. Les auditrices, car il s’agissait principalement de femmes, voulaient avoir l’avis de l’experte. Une voix nasillarde se fit aussitôt entendre, après le salut de l’animatrice :

« Mon mari me semble bien distant depuis quelque temps. Pensez-vous que je devrais m’inquiéter ? »

« Est-ce que vous en prenez bien soin de votre mari, ma chère dame ? Lorsqu’il revient du travail, son souper est-il prêt ? Vous assurez-vous d’être bien mise et à l’écoute ? Car… »

En grimaçant devant les avis et opinions bien arrêtés de madame X, Marie-Camille baissa le son de son poste de radio.

— Toujours à rejeter le blâme sur la femme de la maison ! grogna-t-elle à l’intention d’Israël. On croirait entendre matante Florie ! Mais au moins, elle a l’excuse de vivre à la campagne et de jamais avoir été mariée ! Je peux pas croire que…

La sonnerie du téléphone l’empêcha de poursuivre ses ronchonnements et elle s’avança vers l’appareil.

— Rebonjour, ma fille.

— Allô, papa. Alors ?

— Selon Ludovic, lorsqu’il est allé voir dans la chambre de Louisette, ce matin, sa mère était morte. Probablement depuis un petit bout, parce qu’elle était déjà froide et rigide.

Édouard avait eu beau chuchoter, Marie-Camille entendit une lamentation derrière lui. L’homme posa sa paume sur le combiné pour disputer son aînée :

— Florie, je t’ai dit d’attendre au salon. Excuse-moi, Mimi…

— Demande-lui…

Le ton plaintif de sa tante parvint jusqu’à la jeune femme, qui décida de s’asseoir, la conversation risquant d’être longue. Une discussion en sourdine reprit à Sainte-Cécile, et Marie-Camille soupira en regardant les aiguilles sur les horloges qui trottaient en symbiose.

— Papa ?

— Oui, oui… excuse-moi, ma fille. Tu sais comment est Florie.

— Je sais.

— Bon, heu, ta tante voulait savoir… heu…

Le malaise évident dans la voix de son père surprit la jeune femme. Elle se redressa dans le sofa pour attendre la suite.

— Elle veut savoir si tu peux t’occuper de Louisette.

— M’occuper de Louisette ? répéta bêtement Marie-Camille. Comment, m’occuper de Louisette ?

— Bien, l’embaumer.

De nouveau, une plainte parvint à la jeune femme, qui secoua sa tête échevelée. Elle répondit franchement à son père :

— Je peux pas faire ça, papa.

— C’est ce que j’ai dit à ta tante. Voyons, Florie !

La voix de la femme d’âge mûr retentit fortement dans les oreilles de sa nièce, qui écarta l’appareil. Sa tante avait arraché le téléphone des mains de son frère pour s’adresser directement à Marie-Camille.

— Je veux pas que personne d’autre que toi touche à ma belle Louisette ! Si tu es capable de faire ça pour des étrangers, viens pas me dire que tu peux pas t’occuper de notre amie.

Le ton n’était plus aussi larmoyant. Quand Florie avait décidé quelque chose, il était bien difficile d’aller dans le sens contraire. Marie-Camille chercha une nouvelle excuse sans avoir à donner des détails sur la nature de son travail. Embaumer une amie de la famille lui semblait délicat : il s’agissait d’un acte si personnel entre l’embaumeur et le défunt qu’il était préférable de conserver une certaine distance, lui semblait-il. Sachant que sa tante ne voyait rien d’étrange dans sa demande, tout ce que Marie-Camille trouva à dire fut :

— Je pense pas que les responsables du salon de Labelle aimeraient m’avoir dans leurs affaires malheureusement, matante.

— Je viens de leur parler, puis ils ont dit oui.

— Heu…

Découragée, Marie-Camille vint pour demander comment elle avait pu organiser tout cela en moins de deux heures, tout en pleurant comme une madeleine. Mais elle connaissait assez sa tante pour savoir que lorsque le tourbillon Florie se mettait en place, rien ne lui résistait. Elle avait dû réveiller le directeur funéraire et l’obliger à acquiescer à sa demande pressante sans qu’il puisse placer un mot ! Même si une partie d’elle avait envie d’accepter le mandat pour faire plaisir à sa tante, Marie-Camille hésitait toujours à s’imposer ainsi à la famille. Elle essaya une nouvelle approche :

— Ludovic doit pas vraiment vouloir que je me mêle de leurs affaires.

— Laisse faire ça. Je m’en occupe !

Marie-Camille grimaça. Comment sa tante pouvait-elle lui formuler une telle demande avant même d’en avoir parlé aux fils de Louisette ?

Déterminée à ne pas se laisser imposer une tâche de cette nature sans obtenir au préalable l’accord des principales personnes concernées, la jeune prit une voix ferme pour dire :

— Matante Florie, passe-moi papa s’il te plaît.

— Pour quoi faire ?

— Matante, coupa Marie-Camille, papa !

En rechignant, la grosse femme tendit l’appareil à son frère, tout en restant bien près de lui. L’homme lui fit des gros yeux, mais il en fallait plus pour déstabiliser la reine de la maison Gélinas !

— Écoute papa, je pense pas que je peux m’imposer ainsi au salon de Labelle. Peux-tu le faire comprendre à matante Florie ? Je vais m’arranger pour être aux funérailles, mais il va falloir qu’elle laisse les gens de l’endroit faire leur travail. Elle peut leur faire confiance, quand même !

— Je vais essayer.

Le ton d’Édouard semblait peu assuré, lui qui n’hésitait pourtant pas à tenir tête à sa sœur Florie en général. Il murmura, pour éviter que l’aînée ne l’entende :

— C’est juste que je pense que ce serait une idée pas si folle moi aussi.

— Papa !

L’homme entreprit de lui expliquer que cela permettrait à sa tante Florie d’arrêter de se plaindre du métier qu’exerce Marie-Camille.

— Penses-y, ma chérie. Après une telle faveur, elle pourrait plus te demander pourquoi tu as choisi de t’occuper des morts. Dis-moi pas que t’es pas tannée de l’entendre chaque fois qu’elle t’appelle ?

— Hum, oui, mais ici, au salon, je suis toujours supervisée par monsieur Pépin. Même si je fais la plupart de mes embaumements seule, il est jamais bien loin.

— Tu penses que tu serais pas capable sans sa présence ?

Marie-Camille aurait menti si elle avait prétendu le contraire. Même si elle ne travaillait au salon funéraire Gouin que depuis cinq mois, son patron semblait assez satisfait pour ne plus descendre dans la salle du sous-sol qu’à la toute fin de son ouvrage. Il jetait un regard attentif sur les défunts pour ensuite approuver d’un hochement de tête appréciateur.

— Oui, oui, c’est pas ça !

— Écoute, poursuivit Édouard, penses-y et rappelle-nous demain, OK ?

— Non, non ! Ce soir, au plus tard ! cria Florie dans le dos d’Édouard, qui soupira.

— Ce soir, ma chérie ? corrigea-t-il.

La jeune femme donna son accord avant de raccrocher. Puisqu’elle considérait l’idée d’accepter, Marie-Camille se dit qu’il lui faudrait d’abord prendre congé du salon. Si monsieur Pépin n’y voyait pas d’inconvénients, évidemment !

Assis devant un gros sandwich au jambon accompagné de frites bien graisseuses, Marie-Camille écoutait Gabriel lui parler de son expérience de travail. Les deux s’étaient retrouvés pour dîner et se donner des nouvelles, le vendredi suivant la mort de Louisette Marquis. Ils aimaient bien partager leurs bons et moins bons coups !

— Je l’ai échappé ! rigola Marie-Camille

— Bien voyons donc ! Comment ça ?

— La madame voulait absolument que son mari porte son dentier. Je te jure, on aurait dit que le monsieur voulait pas ! Chaque fois que j’essayais de le glisser dans sa bouche, ça faisait… pffffit… puis il était expulsé ! À un moment donné, je pensais que j’avais réussi et j’ai commencé à faire autre chose. J’ai entendu pffffit… et le dentier s’est retrouvé à mes pieds.

Marie-Camille racontait son histoire et les amis riaient aux éclats. Les larmes coulaient sur les joues de la femme et elle dut enlever ses lunettes pour les essuyer. Dans le restaurant Schwartz de la rue Saint-Laurent, les conversations étaient perçues en sourdine. Assis près de la grande vitrine, les copains partageaient leurs anecdotes lorsque deux jeunes femmes arrêtèrent sur le trottoir, le regard fixé sur Gabriel. Comme celui-ci leur faisait dos, il commenta l’histoire sans remarquer l’air interrogateur de la blonde.

— Psst, Gabriel, tu les connais ?

— Qui ça ?

L’homme prit une grosse bouchée de son sandwich à la viande fumée avant de tourner la tête vers la rue. Il faillit s’étouffer et se retourna vers Marie-Camille.

— Mon doux, t’es blanc comme un drap ! C’est qui ?

La porte qui s’ouvrit dans son dos l’empêcha de répondre. Gabriel savait qu’il n’avait pas le temps de fuir ni d’expliquer la situation à son amie. La tête penchée, il vit deux souliers noirs juste à côté de leur table et entendit la voix curieuse de sa sœur Kayla :

— Tiens, Gabriel. Qu’est-ce que tu fais ici ?

L’interpellé inspira pour faire face à ses deux sœurs. Mazal restait en retrait et fixait d’un air curieux la jolie blonde, clairement pas juive, qui partageait un repas avec son frère.

— Je mange avec une collègue.

— Ah.

Mazal fixa Marie-Camille, qui repoussa ses lunettes sur son nez et se redressa. Devant les jeunes femmes vêtues pudiquement de longues robes chemisiers, l’embaumeuse se sentait presque nue dans sa mini-jupe noire et sa camisole à pois. Gabriel n’eut pas le choix de faire les présentations :

— Mazal, Kayla, voici Marie-Camille, une collègue de travail. Ce sont mes sœurs.

La cadette sourit légèrement, alors que Kayla demanda curieusement :

— Ah bon ? Vous êtes embaumeur ?

— Oui. Nous avons fait notre formation ensemble, votre frère et moi. Je suis bien contente de vous rencontrer enfin. Depuis le temps…

La femme cessa de parler en recevant un coup de pied sous la table. Elle joignit ses mains sur ses cuisses, ne sachant plus comment se comporter. Les deux brunettes ne disaient plus un mot et le malaise entre tous s’intensifia. Au bout de quelques secondes, Kayla tira sa sœur par la jupe.

— Bon, on va rentrer. Maman nous avait demandé d’aller chercher des cubes de bœuf à la boucherie et comme il fait beau, on a décidé de prendre le chemin le plus long. Heureusement, ça nous a permis de rencontrer ton amie.

Le ton sévère de Kayla indisposa Marie-Camille. Elle savait que Gabriel n’avait pas le droit de fréquenter une femme non juive et elle avait envie d’expliquer aux deux sœurs de son ami qu’il n’y avait rien de malsain ni d’inapproprié entre eux. Mais alors qu’elle ouvrait la bouche pour commencer à parler, les jeunes femmes tournèrent les talons.

— On se voit à la maison. À tantôt, Gabriel.

Kayla avait prononcé ces mots sur un ton neutre. Toutefois, lorsque la porte du restaurant se referma, le Juif se leva en vitesse pour suivre ses sœurs sur le trottoir. D’où elle était assise, Marie-Camille assista à ce qui ressemblait à une dispute, qui dura quelques minutes. Puis, Gabriel revint s’installer en face d’elle. Il repoussa son assiette.

— Tu penses qu’elles vont le dire à tes parents ? Es-tu dans le trouble ?

Le jeune homme répondit en haussant ses larges épaules. Il en avait assez de toujours se cacher, de fuir la vérité, de taire ses amitiés. Il avait vingt-six ans depuis deux jours et se sentait comme un enfant dans ce milieu familial contraignant. S’il avait envie de partager un repas en compagnie d’une amie, même si celle-ci était québécoise, eh bien, il le ferait.

— Je ne pense pas. Mais elles vont certainement prendre plaisir à me faire craindre le pire chaque fois qu’elles voudront une faveur. Tant pis !

— Je suis désolée, Gabriel.

— Pas de ta faute. Parfois…

Le Juif posa une main sur sa kippa avant de poursuivre, le regard vague :

— Parfois, je me demande si ça vaut la peine.

— Quoi ça ?

— De continuer dans cette voie.

— Hein ?

Les yeux foncés de Gabriel se posèrent sur le visage au menton pointu.

— Je me demande si je ne devrais pas devenir athée, ou alors me convertir au catholicisme. Me semble que ça serait plus simple. Les règles que ma religion m’impose rendent ma vie si lourde, si tu savais.

— Mais… hésita Marie-Camille, tu es croyant, non ?

Gabriel ne répondit pas, se contentant de regarder la rue d’un regard flou. L’était-il ? Vraiment ? Il ne savait plus.