76. |
De tous les livres à faire, le plus difficile, à mon avis, c’est une traduction. (Alphonse de Lamartine, dans Larousse, 1866-1890, XV : 389) |
77. |
Nul art langagier ne l’emporte en difficulté sur celui de bien traduire. (René Étiemble, 1970 : 12) |
78. |
Traduire correctement est un art long et difficile. (Leonardo Bruni, 2008 (c1424/1426) : 31. Traduction : Charles Le Blanc) |
79. |
Traduire suppose une conscience des difficultés et même des impossibilités de la traduction, et dans le même temps une confiance dans leur surmontement. (Georges Banu et Danièle Sallenave, « De la traduction généralisée », dans Sallenave et Banu, 1991 : 586) |
80. |
À propos de l’art difficile de traduire : « Nul ne peut estimer, quel tourment d’esprit & quelle croix d’entendement c’est, qui ne l’a essayé. » (Jacques Amyot, 1971 [c1572], I : X) |
81. |
Si l’on mesurait uniquement le mérite à la difficulté vaincue, souvent il y en aurait moins à créer qu’à traduire. (Jean d’Alembert, « Observations sur l’art de traduire » [c1763], 1967, IV : 35-36) |
82. |
La peine de la Traduction est si grande, qu’on ne la doit prendre, à mon avis, que pour des sujets qui le méritent. (Nicolas Perrot d’Ablancourt, « Préface », Les Guerres d’Alexandre [c1646] d’Arrian, dans Zuber, 1972 : 138) |
83. |
À propos de sa traduction de Beowulf : « Ce fut un travail de Romain, d’une lenteur de scriptorium. » (Seamus Heaney, 2000 : XXII. Traduction) |
84. |
C’est un ouvrage de beaucoup de temps qu’une bonne traduction. Il en coûte souvent moins d’être auteur de son cru. (Cousin d’Avallon, 1825 : 482) |
85. |
À l’impossible le traducteur est toujours tenu, et pour arriver à ses fins tous les moyens lui seront bons. (Françoise Wuilmart, 2013b : 9) |
86. |
La traduction est un travail compliqué et difficile de sa nature ; c’est de cette difficulté même que résulte son utilité. (Marie-Claude-Frédéric Vaultier, De la traduction [c1812], dans D’hulst, 1990 : 71) |
87. |
Chaque fois que l’on traduit, on tente une approximation, on frôle l’échec ou on rate la cible. (George Steiner, 1970 : 23. Traduction) |
88. |
La tâche du traducteur est beaucoup plus difficile que celle de l’auteur de l’original. (Theodore Savory, 1968 [c1957] : 26. Traduction) |
89. |
Écrire est difficile ; traduire, bien traduire, est plus difficile. Un parfait traducteur doit être un artiste. (André Maurois, dans Le Bidois, 1961 : 5) |
90. |
Il faut avoir soi-même « joué le jeu » et peiné à la tâche pour mesurer les difficultés innombrables que doit surmonter le traducteur. (Robert Le Bidois, 1961 : 6) |
91. |
Traduire, c’est souffrir un peu, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de traduction facile, il n’y a pas de texte littéraire facile à traduire, bien que la nature des difficultés que l’on rencontre varie, naturellement, selon le caractère du texte de départ. (Marianne Kaas, dans Actes des quatrièmes Assises…, 1988 : 98-99) |
92. |
Combien de traducteurs ont cru entrer dans la maison du père, qui n’ont fait que s’essuyer les pieds sur le paillasson ! (Dominique Grandmont, 1997 : 79) |
93. |
Quand on passe en revue toutes les difficultés de l’art de traduire, on conçoit difficilement que l’on ose tenter l’entreprise. (Anonyme, « Des traductions » [c1836], dans D’hulst, 1990 : 224) |
94. |
Il est facile de découvrir des imperfections, ou même des erreurs, chez les meilleurs traducteurs, mais il est autrement difficile de saisir toute la complexité et toute la valeur de leur travail. (Ivo Andrić, 1967 : 63) |
95. |
Traduire Shakespeare, le traduire réellement, le traduire avec confiance, le traduire en s’abandonnant à lui, le traduire avec la simplicité honnête et fière de l’enthousiasme, ne rien éluder, ne rien omettre, ne rien amortir, ne rien cacher […], le traduire sans recourir à la périphrase, cette restriction mentale, le traduire sans complaisance puriste pour la France ou puritaine pour l’Angleterre, dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, le traduire comme on témoigne, […], être sa chair et ses os, prendre son empreinte, mouler sa forme, penser sa pensée, parler sa parole, répercuter Shakespeare de l’anglais en français, quelle entreprise ! (Victor Hugo, 1973 [c1864] : 342) |
96. |
Toute l’opération de la traduction est une opération dangereuse : il y a toujours péril en la demeure. (Céline Zins, dans Actes des deuxièmes Assises…, 1986 : 50) |
97. |
L’art du traducteur a ses limites et ses défaillances. (François Vermeulen, 1976 : 19) |
98. |
Produire un texte verbalement identique à l’original (faire de la traduction une transcription parfaite) dépasse en complexité les limites de l’entendement. (George Steiner, 1978 [c1975] : 79. Traduction : Lucienne Lotringer et Pierre-Emmanuel Dauzat) |
99. |
C’est une chose plus difficile qu’elle ne paroist, que de bien traduire, aussi de tant de plumes qui s’en mêlent en France, à peine s’en trouve-t-il cinq ou six de bien taillées. (Samuel Sorbière, dans Zuber, 1968 : 102) |
100. |
De toutes les difficultés que le traducteur peut rencontrer, il n’y en a guère de plus embarrassantes que celles qui se déguisent sous une apparence de facilité. (Guillaume-Dubois de Rochefort, « Observations sur les difficultés… » [c1788], dans D’hulst, 1990 : 143) |
101. |
Ce sont quelquefois moins les beautés de l’original que ses défauts qui font le tourment des traducteurs. (Guillaume-Dubois de Rochefort, « Observations sur les difficultés… » [c1788], dans D’hulst, 1990 : 142) |
102. |
Traduire est très difficile, tout autant que la rédaction de textes dits « originaux », mais ce n’est pas impossible. (Octavio Paz, « Translation : Literature and Letters » [c1971], dans Schulte et Biguenet, 1992 : 156. Traduction) |
103. |
L’art de traduire est peut-être le plus difficile de tous les arts, surtout en vers, si l’on veut être littéral et élégant. (Charles-Joseph Panckoucke, « Sur l’art de traduire » [c1787], dans D’hulst, 1990 : 134) |
104. |
Rien ne permet de passer de la constatation que traduire est difficile à l’affirmation que traduire est impossible. (Georges Mounin, 1994 [c1955] : 50) |
105. |
En traduction, on fait ce qu’on peut, non ce qu’on voudrait. (Sylvère Monod, dans Dixièmes Assises…, 1994 : 38) |
106. |
Il est moins facile d’écrire les pensées des autres que les siennes propres. (Michel de Marolles, « Préface », Les satyres de Juvenal [c1653], dans Zuber, 1968 : 137) |
107. |
Je sue sang et eau pour donner les Prophètes en langue vulgaire. Bon Dieu, quel travail et combien difficile de forcer les écrivains hébreux de parler allemand ! […] C’est comme si le rossignol, perdant sa douce mélodie, était obligé d’imiter le coucou et sa note monotone. (Martin Luther, dans Bogaert, 1991 : 49) |
108. |
À mesure que dans un ouvrage, le caractère de la pensée tient plus à l’expression, la traduction devient plus épineuse. (Jean-François Marmontel, 1751, IV : 953) |
109. |
Le traducteur est crucifié entre la fidélité aux formes d’origine et les exigences de la langue d’arrivée. (Michel Ballard, 1995 [c1992] : 48) |
110. |
Le texte original devient un ennemi, un satan aux muscles d’acier et à la ruse de tous les instants, intraitable et enjôleur, qu’il faut terrasser, qu’il faut contraindre à subir la loi du vainqueur… sans, pour autant, le trahir ni le briser. (Edmond Cary, 1956 : 30) |
111. |
Il est malaisé, quand on suit les lignes tracées par un autre, de ne pas s’en écarter en quelque endroit ; il est difficile que ce qui a été bien dit dans une autre langue garde le même éclat dans une traduction. (Saint Jérôme, « Lettre LVII – À Pammachius » [c395], 1953, III : 60-61. Traduction : Jérôme Labourt) |
112. |
Difficulté considérable des traductions. Idiotismes dans les langues, idiosyncrasies dans les écrivains. De toutes parts l’écrivain fait obstacle au traducteur. (Victor Hugo, 1973 [c1864] : 441) |
113. |
Tous les traducteurs rendent assez bien la pensée, mais on a peu d’exemples de traductions qui satisfassent pour le style, le rythme, le vocabulaire, la couleur et la résonance des mots. (Georges Hugnet, Huitièmes Assises…, 1992 : 20) |
114. |
Il est besoin d’une haute suffisance, et d’une longue méditation, pour empêcher qu’un auteur ne paroisse ridicule soubs des habits qu’il n’a pas accoustumé de porter. (Antoine Godeau, « Discours sur les œuvres de M. de Malherbe » [c1630], dans Malherbe, 1862, I : 369) |
115. |
La traduction est simplement pour moi un passe-temps hygiénique du genre de ceux que les pères jésuites qualifiaient de plaisirs solitaires. Cette seule tentative a suffi en tout cas pour me faire prendre conscience des difficultés et des sacrifices auxquels s’exposent ceux qui veulent marcher sur les plates-bandes des traducteurs professionnels. (Gabriel Garcia Marquez, dans Circuit, 1985, 10 : 32) |
116. |
Frapper des expressions n’est pas aussi facile que frapper des pièces de monnaie. (John Dryden, « Dedication of the Aeneis » [c1697], 1961, II : 232. Traduction) |
117. |
S’il y a aussi peu de bonnes traductions, c’est, me semble-t-il, qu’il y a peu de personnes qui réunissent toutes les qualités nécessaires pour traduire. (John Dryden, Ovid’s Epistles [c1680], 1961, I : 243. Traduction) |
118. |
La traduction n’est pas aussi facile qu’un vain peuple le pense. (Pierre Daviault, 1936 : 1er cours) |
119. |
L’homme moderne sait aller dans le cosmos, mais il ignore la secrète alchimie qui permet de faire franchir à une idée, sans la mutiler, les hermétiques frontières des langues et des cultures. (André Chouraqui, 2002 : 6) |
120. |
Toute traduction pose le problème de l’écart entre le littéral et le littéraire. […] Entre le trop près du texte et le trop loin. (Albert Bensoussan, dans Actes des deuxièmes Assises…, 1986 : 76) |
121. |
Autant l’expression originale est florissante, autant le traducteur végète. (Carlos Batista, 2003 : 37) |
122. |
Entre tous ces pièges, pièges des structures linguistiques, pièges des cultures, pièges des vocabulaires, pièges des civilisations, le traducteur est rejeté de l’outrecuidance (tout peut se traduire) au désespoir (rien ne peut se traduire). (Dominique Aury, « Préface », dans Mounin, 1963 : xi-xii) |