158. |
Commentant une traduction libre de son ami Nicolas Perrot d’Ablancourt : « Lors que la version de Lucien de M. d’Ablancourt parut, bien des gens se plaignirent de ce qu’elle n’étoit pas fidele. Pour moi je l’appellai la belle infidele, qui étoit le nom que j’avois donné étant jeune à une de mes maîtresses. » (Gilles Ménage, 1694-1696, I : 329) |
159. |
Les belles traductions faites au XVIIe siècle ne dépaysaient pas à plaisir le lecteur. « Belles infidèles » tant qu’on voudra ; mais si elles trahissaient c’était avec un amour dont on voudrait quelques traces sous la revêche fidélité de bien des traductions modernes. (Jean Schlumberger, 1920 : 49) |
160. |
Il ne faut pas exagérer la retenue des « belles infidèles ». Les bienséances ne sont pas la pudibonderie. Le public du XVIIe siècle s’effarouche bien moins facilement que ne fera celui du siècle suivant. (Roger Zuber, 1968 : 294) |
161. |
La pratique des « belles infidèles » a contribué, chez les écrivains et dans le public, à former le goût classique. (Roger Zuber, 1968 : 9) |
162. |
La belle infidèle a peut-être contribué à la dévalorisation de la traduction. (Henri Meschonnic, 1999 : 45) |
163. |
Maîtresses et traductions. – Belles malgré leurs infidélités ? Non, grâce à elles. (François Vaucluse, 2001 : n. p.) |
164. |
Les Belles Infidèles ! Les traductions volontairement inexactes qu’il ne faut pas laisser entre les mains de nos enfants ! (Valery Larbaud, 1934 : VI) |
165. |
Il y a des belles traductions, il n’y en a pas de fidèles. (Anatole France, 1923 : 92-93) |
166. |
Contrairement à une opinion très répandue dans le public, les Belles Infidèles ressemblent plus à une dévotion au sens, dans les canons de l’époque, qu’à une trahison éhontée de l’auteur par le biais de la contamination interlinguistique. (Christian Balliu, 2002 : 86) |
167. |
Je souhaite la réhabilitation de ce que l’on appelait naguère la « belle infidèle ». Ainsi, une phrase courte pourra devenir longue, un jeu sur le sens des mots sera rendu par un autre jeu… (Antoine Vitez, « Je voudrais dire des choses… » [c1981], dans Sallenave et Banu, 1991 : 271) |