{1} Cette situation est peut-être en train de changer, notamment avec le vote de la loi relative à la biodiversité « Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », et la création afférente de l'Agence Française pour la Biodiversité (AFB).
{2} Ce résultat est issu du travail de Master spécialisé de Clément Vialade (2014), co-encadré par Etienne Maclouf et Anne-Caroline Prévot.
{3} Travaux de thèse d'Alix Cosquer et Hélène Cheval, sous la responsabilité de Richard Raymond et Anne-Caroline Prévot.
{4} Par exemple, une lettre ouverte a été envoyée au Président du Muséum national d'histoire naturelle en 2010, signée par un collectif d'entomologistes, dénonçant le caractère « pseudo-scientifique » du nouveau programme SPIPOLL de sciences participatives, « qui ne peut produire aucune information utile ni sur la diversité des espèces, ni sur la richesse des communautés, ni sur la conservation. Elle ne peut mener rapidement qu'à une grande déception du public, dès lors qu'elle est dès le début mal accueillie par la communauté scientifique et associative et qu'aucun résultat tangible ne peut en être espéré ». Or, un an après, les premiers articles scientifiques basés sur les données récoltées étaient cependant publiés (niant toutes les prévisions de cette lettre ouverte), articles relayés jusque dans l'arène de l'Assemblée nationale.
{5} « Le droit à l'information en matière d'environnement est encore peu connu des administrés et les autorités administratives tardent à remplir leur obligation d'information du public dans ce domaine, alors que les principales dispositions ont été introduites en droit français en 2005. Dans le sillage de la Convention Aarhus (2001), la Communauté européenne a adopté la directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement, transposée en droit interne par la loi no 2005-1319 du 26 octobre 2005 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de l'environnement. Le dispositif est complété par la loi no 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire ». Cf. http://www.cada.fr/informations-relatives-a-l-environnement,6086.html
{6} Docteure en science politique, chercheuse invitée à Columbia University/CIESIN (Early Postdoc. Mobility du Fonds national suisse), docteure associée au CERI/SciencesPo.
{7} Ce chapitre est issu des travaux de la thèse de Lucile MAERTENS (2015), Ils ont également été partiellement publiés dans Maertens L., 2016.
{8} Discours disponible sur le lien suivant (AFP) : http://www.dailymotion.com/video/x3gfxhc
{9} Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/687, 3 avril 1991, §16.
{10} Conseil de sécurité, 6587e séance, S/PV.6587, 20 juillet 2011 ; Conseil de sécurité, 6587e séance, S/PV.6587, 20 juillet 2011 (Resumption 1).
{11} Déclaration du Président du Conseil de sécurité, S/PRST/2011/15, 20 juillet 2011.
{12} Rapport du Secrétaire général sur la situation concernant le Sahara occidental, S/2012/197, 5 avril 2012, §19-20-23.
{13} Note du Président du Conseil de sécurité, S/23500, 11 février 1992.
{14} Agenda pour la Paix. Rapport du Secrétaire général, A/47/277, 17 juin 1992, §12.
{15} « Nous les peuples » : Le rôle des Nations Unies au XXIe siècle. Rapport du millénaire du Secrétaire général des Nations Unies, A/54/2000, 27 mars 2000, Chapitre 4, §196.
{16} Les autres dimensions étant : la sécurité économique, la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire, la sécurité personnelle, la sécurité de la communauté, la sécurité politique.
{17} Rapport intérimaire du Secrétaire général sur la prévention des conflits armés, A/58/365, 12 octobre 2003, p. 13.
{18} Un monde plus sûr : notre affaire à tous, Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, A/59/565, 2 décembre 2004, p. 11.
{19} Agenda pour la Paix. Rapport du Secrétaire général, A/47/277, 17 juin 1992, §13.
{20} Unis dans l'action, Rapport du Groupe de haut niveau sur la cohérence de l'action du système des Nations Unies dans les domaines du développement, de l'assistance humanitaire et de la protection de l'environnement, A/61/583, 20 novembre 2006, p. 8.
{21} Déclaration du Secrétaire général à l'occasion du débat public du Conseil de sécurité consacré à l'énergie, à la sécurité et au climat, SG/SM/10949 – CS/9001 – ENV/DEV/921, 17 avril 2007.
{22} Rapport du Groupe d'étude sur les opérations de paix des Nations Unies, A/55/305–S/2000/809, 21 août 2000, p. 5.
{23} Application de la Déclaration du Millénaire adoptée par l'Organisation des Nations Unies. Rapport du Secrétaire général, A/58/323, 2 septembre 2003, p. 7.
{24} Un monde plus sûr : notre affaire à tous, Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, A/59/565, 2 décembre 2004, p. 21.
{25} Déclaration du Président du Conseil de sécurité, S/PRST/2007/22, 25 juin 2007.
{26} Conseil de sécurité, 6982e séance, S/PV.6982, 19 juin 2013.
{27} Conseil de sécurité, 5705e séance, S/PV.5705, 25 juin 2007.
{28} Conseil de sécurité, 6982e séance, S/PV.6982, 19 juin 2013.
{29} Le projet n'a toujours pas été publié sous cet intitulé mais le PNUE a produit en collaboration avec le Département des affaires politiques un rapport sur la médiation de conflit et les ressources naturelles (DPA et UNEP 2015).
{30} Rapport intérimaire du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d'un conflit, A/64/866–S/2010/386, 16 juillet 2010, p. 13.
{31} Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/792, 30 novembre 1992 ; Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/810, 8 mars 1993.
{32} Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/1459, 28 janvier 2003.
{33} Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/1625, 14 septembre 2005.
{34} Déclaration du Président du Conseil de sécurité, S/PRST/2007/22, 25 juin 2007.
{35} Résolution du Conseil de sécurité, S/RES/1565, 1er octobre 2004.
{36} Entretien, Division Politique, évaluation et formation, DOMP/DAM (New York, 12 février 2013).
{37} Résolution de l'Assemblée générale, A/RES/60/223, 23 décembre 2005.
{38} Résolution de l'Assemblée générale, A/RES/61/28, 4 décembre 2006.
{39} Désarmement, démobilisation, réintégration. Rapport du Secrétaire général, A/65/741, 21 mars 2011, p. 13.
{40} Résolution de l'Assemblée générale, sans vote, parrainée par plus de 90 pays, A/63/L.8/Rev.1, 18 mai 2009.
{41} Déclaration du Président du Conseil de sécurité, S/PRST/2011/15, 20 juillet 2011.
{42} Unis dans l'action, Rapport du Groupe de haut niveau sur la cohérence de l'action du système des Nations Unies dans les domaines du développement, de l'assistance humanitaire et de la protection de l'environnement, A/61/583, 20 novembre 2006, p. 8.
{43} Les changements climatiques et leurs répercussions éventuelles sur la sécurité. Rapport du Secrétaire général, A/64/350, 11 septembre 2009.
{44} Security Council, in Statement, Says `Contextual Information' on Possible Security Implications of Climate Change Important When Climate Impacts Drive Conflict, Département de l'information, SC/10332, 20 juillet 2011.
{45} Pour une analyse détaillée de la dimension stratégique du discours onusien, voir l'étude complète de laquelle sont tirées les données présentées dans ce chapitre.
{46} Par exemple en réponse au rapport du Club de Rome, Halte à la croissance ? (1971), Paris, Fayard, 1972, le rapport H. COLE et al., L'anti-malthus : une critique de « Halte à la croissance » (1973), Science Policy Research Unit (SPRU), Université du Sussex ; trad. fr. Paris, Seuil, 1974.
{47} Voir le site http://palim-psao.over-blog.fr
{48} Le documentaire de Laure Noualhat et Franck Guérin sur les climatosceptiques illustre cette réalité : le doute sur la question climatique vient d'un refus de mise en cause de l'idéologie politique sous-jacente. Les interviewés parlent des écologistes comme de « pastèques » (watermelons).
{49} Nous soulignons.
{50} CNRS, LAMSADE – Université Paris Dauphine/PSI Research University, CNRS UNR [7243] LAMSA DE, 75016 France. Je remercie A.-C. Prévot et C. Fleury de m'avoir sollicité pour la rédaction de ce texte. Merci à S. Coq, C. Dehais, M. Lelièvre, M. Martin, B. Schmid et C. Debru, qui ont joué un rôle clef dans les différentes études dont les résultats sont exploités dans ce texte.
{51} Un certain nombre d'écoles alternatives mettent en place des projets d'éducation basés sur les rencontres avec la nature. Cependant, la plupart des enfants scolarisés en France restent dans le système d'Éducation nationale dont nous parlons ici.
{52} Dans une compréhension voisine de la notion de care en anglais.
{53} L'intériorité désigne ici l'accès à la conscience personnelle, la présence à soi, l'expérience d'une certaine unité – ou d'un chemin d'unification – de sa personne, ce que certains philosophes politiques appellent le « respect de soi » ; pour le regard croyant, en particulier dans la tradition chrétienne, le terme est une manière de parler de l'expérience spirituelle comme accès à l'altérité en soi, dans le mouvement décrit par Saint Augustin à propos de « Dieu plus intime que le plus intime de moi-même » (Confessions, III, 6, 11).
{54} Sainte Marie-Eugénie Milleret, Credo, texte écrit entre 1841 et 1844, sans doute à l'attention du père Lacordaire.
{55} Pour penser hors du cadre, précisément, une première difficulté est posée par ma propre appartenance à la congrégation dont il est question dans ces pages ; je n'ai évidemment pas l'indépendance voulue d'un sociologue. Ma réflexion se situe au croisement de la philosophie et de la théologie, et tente de s'élaborer comme critique sociale interne, et en référence explicite à une perspective spirituelle qui me semble féconde pour réfléchir aux enjeux éducatifs contemporains, notamment à une conception relationnelle de l'écologie. Le propos qui suit est le fruit de mon regard à la fois interne et un peu décalé vis-à-vis des enjeux éducatifs portés par la congrégation à laquelle j'appartiens. J'ai enseigné plusieurs années la philosophie et j'ai été responsable de la formation éthique et spirituelle en classes de terminale à Bordeaux et Paris, ce qui m'a notamment conduite à animer un échange avec un établissement scolaire du Rwanda (chaque année, voyage/immersion de certains élèves français dans ce lycée rwandais, échanges culturels et projet de solidarité) en engageant une réflexion pluridisciplinaire autour des enjeux de justice. Je continue à donner des conférences et rencontrer des élèves, étudiants, professeurs et membres de nos communautés éducatives ; mon activité d'enseignement et de recherche sur le libéralisme, autour des enjeux éthiques et politiques relatifs à l'engagement des firmes multinationales dans les chaînes de valeur mondiales, me fait percevoir avec acuité les défis liés à une formation qui intègre la justice sociale et écologique comme une préoccupation essentielle. Le présent texte est aussi en dette à l'égard de l'élaboration d'un document collectif sur l'écologie, traduit en trois langues, Vers une éco-Assomption, réunissant cinquante contributions de religieuses et laïcs travaillant sur des projets communs aux quatre coins du monde ; j'ai participé pendant 18 mois à la coordination de ce travail (éditions des Religieuses de l'Assomption, 2016).
{56} Il s'agit d'éducation scolaire formelle, de l'école primaire à l'enseignement supérieur en passant par des formations techniques. Les projets éducatifs comprennent aussi d'autres réalités d'éducation dite « informelle », liés par exemple à un engagement sanitaire et social, à l'empowerment des femmes et autres projets de développement communautaire, à l'accueil d'étudiants, à la formation dans diverses institutions ecclésiales ou non confessionnelles.
{57} Chapitre général des Religieuses de l'Assomption, Orientation « Répondre aux préoccupations concernant l'écologie et la migration, notre manière d'aimer notre temps », juillet 2012.
{58} Rahner reprend cette analyse dans le Traité fondamental de la foi (Centurion, 1983) : « C'est seulement là où l'on s'éprouve en responsabilité comme sujet libre devant Dieu, là où l'on assume cette responsabilité, que l'on comprend ce qu'autonomie veut dire, qu'elle croît dans une même proportion et qu'elle ne diminue pas avec le fait que l'on provient de Dieu. C'est seulement en ce point qu'il nous apparaît que l'homme d'un même mouvement est autonome et dépendant de son fondement », p. 97.
{59} Sainte Marie-Eugénie Milleret, « Du dégagement joyeux des choses terrestres », chapitre du 19 mai 1878.
{60} Martha Nussbaum (2010) analyse de façon précise ces tendances à partir de son étude comparée de l'évolution des modèles éducatifs en Inde et aux États-Unis.
{61} Expérience rapportée plusieurs années de suite par différents animateurs de groupes de réflexion en terminale, lors d'échanges sur la justice avec des groupes différents d'élèves.
{62} « Ce n'est que lorsque se montre quelque chose d'unique et d'incomparable au milieu de la multiplicité infinie des styles de vie et grâce à la recherche d'une démesure [la justice qui dépasse toute justice] à la mesure humaine, propre à chacun, que la dramatique messianique est à l'œuvre. »
{63} Ainsi la congrégation des religieuses de l'Assomption fait partie de l'ONG Vivat International, ayant un statut consultatif auprès de l'ECOSOC. http://vivatinternational.org/
{64} Ici entendue dans le sens kantien de catégorie des choses « en soi » dont l'existence se trouve au-delà de ce que les sens peuvent saisir. Dans la terminologie bouddhiste, c'est le néologisme « ainséité » (sanskrit : tathâta) qui traduit cette notion.
{65} En particulier sur son site Internet officiel qui comprend une rubrique précisément dédiée à cette thématique http://www.dalailama.com/messages/environment
{66} On en veut pour preuve la publication d'un numéro spécial de la revue Pardès sur le thème, ainsi que le numéro spécial de Ténou'ah « Je suis Adam ».
{67} Le magazine gratuit Biocontact de juillet-août 2016 consacre d'ailleurs de longues pages au jeûne en signalant ses origines juives.
{68} Édition du 14 décembre 2015.
{69} Ce chapitre est basé sur des textes originaux publiés dans The Oxford Handbook of Environmental and Conservation Psychology (S. Clayton 2012 (Ed.), chapitres 1 et 34, New York, Oxford University Press.
{70} Traduction du mot anglais « care ». [note d'A.C. Prévot]
{71} La biologie de la conservation s'est construite en référence à l'écologie scientifique, qui étudie le fonctionnement de la biosphère, en insistant sur la compréhension des impacts humains et pour aider à résoudre la crise de la biodiversité (Soulé 1985). [note d'A.C. Prévot]
{72} Restauration : terme générique, en psychologie de l'environnement, se réfère à l'expérience d'un processus de récupération psychologique et physiologique, déclenchée par des environnements particuliers et les configurations de l'environnement.
{73} Ce chapitre est la traduction de l'article suivant, avec la permission des auteurs et de l'éditeur :
Kahn P.H. Jr., Ruckert J.H., Severson R.L., Reichert A.L. et Fowler E. 2010, « A Nature Language : An Agenda to Catalog, Save, and Recover Patterns of Human–Nature Interaction », Ecopsychology, 2 : 59-66.
{74} Courant de la psychologie auquel adhère P. Kahn (voir détails en français sur le site http://eco-psychologie.com/) [note d'A.C. Prévot]
{75} Nous invitons nos lecteurs à participer en ligne à l'adresse suivante : www.naturelanguage.com
{76} Certains passages courts dans ce chapitre sont adaptés de Chawla (2007) avec l'autorisation de Willem van Vliet, fondateur et directeur de Children, Youth and Environments, www.jstor.org/journal/chilyoutenvi.
{77} La version originale utilise très souvent le mot « care », terme très difficilement traduisible. Nous avons employé des termes comme attention, engagement, intérêt, respect, soin, souci ou protection selon les contextes. Nous avons signalé ces traductions par une *.
{78} Le terme anglais « affordance » pourrait être traduit par « prise sur », mais nous avons choisi de ne pas le traduire, selon l'usage de la communauté des psychologues de l'environnement.
{79} En France, la fédération des Club CPN a lancé une opération similaire « nature en famille » (http://www.fcpn.org/famille_nature) [note d'A.C. Prévot]
{80} Le réseau École et Nature et sa dynamique Sortir s'appuient sur cet ouvrage pour recommander « l'éducation dans la nature » en France [note d'A.C. Prévot].
{81} Définis comme des univers de synthèse avec lequel l'utilisateur s'immerge et peut interagir, sans contact avec le monde réel.
{82} Pictogrammes composés de pixels qui, une fois photographiés par un smartphone, donnent accès à un contenu en lien avec le lieu ou l'objet où le flashcode se trouve.
{83} Ces résultats font l'objet d'un article soumis dans une revue scientifique.
{84} L'écologie dans Wakfu : « Tuez trop [d'animaux] sans leur laisser le temps de se reproduire, et ils disparaîtront à tout jamais. Fauchez trop de blé sans jamais en replanter, et ce sera votre dernière récolte...Vous êtes libre de protéger ou d'exploiter les espèces naturelles jusqu'à leur extinction totale. Votre monde, vos décisions. Mais ce sera également à vous d'en assumer les conséquences » (Ankama 2012).
{85} Selon les mots d'Alexandre de Humboldt cités par J.-M. Besse 2003, p. 204.
{86} Selon la formule d'Escalante dans son traité Discurso de la navegación (1577), citée dans Gruzinski 2004 : 78.
{87} Selon les formules, respectivement, de Balbuena et de Camõens, citées dans Gruzinski 2004 : 307.
{88} Nous soulignons les premiers et les derniers mots.
{89} Nous soulignons.
{90} Distinction reprise et approfondie dans les récentes entrées « Géopolitique » et « Globalisation » du Dictionnaire de la pensée écologique dirigé par D. Bourg et A. Papaux, Paris, PUF, 2015, respectivement p. 470-473 et p. 481-483.
{91} Terme débattu par la communauté scientifique pour caractériser l'époque de l'Histoire de la Terre que nous vivons aujourd'hui. Elle aurait débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global sur l'écosystème Terre. La philosophe des sciences Donna Haraway par ces propositions alternatives de dénomination de l'ère géologique veut appuyer le fait qu'une partie bien restreinte de l'humanité provoque cet impact global menaçant tout le reste des vivants.
{92} Un aspect normatif est ainsi appuyé dans cette définition.
{93} Par exemple, Pierre Hadot dans son livre Le voile d'Isis (2004) donne deux significations différentes du mot nature, une prométhéenne qui tente de dominer la nature pour apporter « progrès » aux humains, et une orphique qui tente d'interpréter les signes de la nature pour apporter une « fusion » entre les humains et la nature. À partir d'une étude linguistique ; Fréderic Ducarme de son côté donne au moins quatre significations : il ajoute aux deux précédentes une idée de nature processuelle que l'on retrouve par exemple chez Nietzche, Whitehead ou dans le vitalisme mais également dans les sciences de l'évolution, une idée essentialiste communément répandue où l'ensemble de propriétés physiques spécifiques font la qualité d'un objet inerte ou vivant.
{94} L'analyse des effets des projets éducatifs a demandé la comparaison de deux groupes d'enfants : l'un ayant suivi des projets EEDD et l'autre pas (groupe témoin). Le traitement statistique de ces données a été réalisé par analyses en composantes principales, puis par un modèle linéaire généralisé permettant de déceler un effet significatif entre les deux groupes. Les questionnaires fermés interrogent plus précisément les usages en nature, les pratiques de soins envers la nature, les préoccupations écologiques et la capacité d'agir des élèves. Les dessins ont été analysés en étudiant la richesse de différents éléments de nature, la présence humaine, l'artificialisation du milieu dessiné, les couleurs et le fond du dessin (cf les méthodes précises dans Faure-Michaels 2015). url : http://culturedelanature.com/index.php/education-a-lenvironnement/
{95} Le premier colloque international sur le thème Ecosomatiques a été organisé en décembre 2014 par le groupe Soma&Po en partenariat avec le Centre National de la Danse, le Muséum national d'histoire naturelle et le collectif Natural Movement. http://natural-movement.fr/index.php/conferences/ecosomatique/
{96} Discipline de l'esthétique développée depuis le début des années 2000 par Shusterman. R. Shusterman, 2007, Conscience du corps. Pour une soma-esthétique, Paris, L'éclat, trad. N. Vieillescazes.
{97} Les « pratiques somatiques » sont un ensemble de pratiques corporelles dont l'émergence en Occident commence à la fin du XIXe siècle, et qui continuent à se développer jusqu'à aujourd'hui. John Dewey a préfacé le livre de Frederick Alexander, Man's supreme inheritance : conscious guidance and control in relation to human evolution, Kessinger Publising, 1918 (1re ed. 1910).
{98} Cellules du corps capables de se renouveler par mitose.
{99} Cellules du corps qui subissent la meïose et deviennent nos « germes », à savoir les spermatozoïdes ou les ovules.
{100} Je remercie Annette Orphal, psychologue et praticienne, de m'avoir fait découvrir ces recherches. url : http://www.dailymotion.com/video/x3Dizsr
{101} Le modèle d'autopoïese définit un système dont l'organisation interne permet de se produire lui-même en interaction avec son environnement, contribuant ainsi à maintenir son organisation malgré le changement de structure ou composant. Comme souvent dans le cas des systèmes complexes, la possibilité de propriété émergente rend la prédiction du comportement du système non triviale ; il demande une simulation, une actualisation par l'expérience, afin d'en dégager ses propriétés. L'autopoïese est à la base de la théorie de l'énaction, théorie qui s'oppose au dualisme et au cognitivisme (Varela et al. 1974).
{102} Je renvoie aux travaux effectués par Heidelise Als et au développement du programme néonatal individualisé d'évaluation et des soins de développement (NIDCAP en anglais), voir également l'article d'Annette Orphal.
{103} Du latin : e variante de ex « hors de », movere « mouvement ».
{104} http://biodiversite.reseauecoleetnature.org/sortir
{105} L'observation du réel, l'attention aux formes vivantes qui nous entourent « permet d'allier une réalité objective avec le partage du sensible, voir et sentir pour affiner notre conscience de l'autre » (Clavel et al. 2017).
{106} Par exemple, la création sous l'influence des artistes peintres de l'école de Barbizon en 1853 de la première réserve naturelle de France dans la forêt de Fontainebleau (Guinier 1950) ou encore aux États-Unis l'influence majeure des photographies de C. Watkins ou A. Adams dans la protection de la vallée du Yosemite (e.g. réservation dans Clavel 2012).
{107} En contexte artistique ou scientifique.
{108} Organisation des Nations Unies [1]. Action 21 – Chapitre 36, puis chapitre 28. UN.org. Consulté le 20/10/15. Disponible à l'adresse :
{109} Par exemple : Conseil général de Seine-et-Marne. 2011. Quelques éléments de bilan du 1er agenda 21. Dans Agenda 21 – la Seine et Marne poursuit son engagement pour le développement durable. Conseil général de Seine-et-Marne. 2014. Développement durable – Agenda 21. Disponible à l'adresse : Conseil général de Seine-et-Marne. 2014. Concours Collèg'Ecolo. Seine-et-Marne.fr. Consulté le 20/03/14.
{110} Mouvement intellectuel et artistique de la fin XVIIIe-début XIXe siècle mettant l'accent sur le thème et la connexion à la nature (Murray 2004).
{111} http://www.universalis.fr/encyclopedie/zoo/2-les-missions-d-un-parc-zoologique/ [consulté le 6 février 2016]
{112} Travail de Léo Martin, encadré par Agathe Colléony, Nicolas Misdariis et Anne-Caroline Prévot.
{113} Il n'y a pas de consensus clair pour définir les jardins partagés. La charte « La Terre en partage » suggère qu'ils soient définis à la fois par la pluralité de leurs objectifs et par une méthodologie de réalisation des projets qui repose sur l'implication des habitants, dans la définition à la fois des objectifs et des modalités de fonctionnement des jardins. La loi relative aux jardins collectifs adoptée en 2007, les définit comme des « jardins créés ou animés collectivement, ayant pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d'activités socioculturelles et étant accessibles au public ».
Je propose de les définir comme des jardins urbains (ornementaux, potagers ou une combinaison des deux) à but non lucratif, gérés de façon collective par des membres d'une association. Ils deviennent publics quand au moins un membre de l'association est présent sur le jardin. Ils se trouvent dans des endroits prêtés, qui appartiennent généralement à la municipalité, à des bailleurs sociaux ou à des entreprises de l'État.
{114} La notion de socio-écosystème intègre que la nature (rétro)-agit constamment avec le social (Foyer 2011, Berkes et Folke 2000). Parler de socio-écosystème veut dire que les systèmes sociaux et écologiques sont étroitement liés et que les délimitations exclusives d'un écosystème ou d'un système social sont artificielles et arbitraires (Berkes et Folke 2000). Les socio-écosystèmes sont définis comme des systèmes complexes et adaptatifs dans lesquels différentes composantes culturelles, personnelles, politiques, sociales, économiques, écologiques, etc. interagissent.
{115} L'enquête a été réalisée dans le cadre d'une thèse en cours sur « Le rôle des initiatives citoyennes des jardins partagés. Un engagement personnel et politique vers la nature ».
{116} Laurence Baudelet est membre du réseau français des jardins partagés « Jardin dans Tous Ses États » (JTSE) et cofondatrice de l'association Graines de jardin, qui anime le réseau régional des jardins partagés d'Ile-de-France. Cette association appuie, accompagne et intervient si besoin, comme médiateur [En ligne] URL : http://www.jardinons-ensemble.org/ Consulté le 10 octobre 2015.
{117} Les sigles des prénoms des personnes interviewées ont été changés pour garder l'anonymat.
{118} Ingénieur horticole, paysagiste, écrivain, jardinier, enseignant à l'École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles ; [En ligne] URL : http://www.gillesclement.com/cat-cv-tit-Parcours-Professionnel. Consulté le 6 septembre 2014.
{119} L'association avait une convention d'occupation de l'espace jusqu'à juin 2014. Plusieurs réunions et consultations ont voulu depuis plusieurs années discuter ou essayer de construire un projet participatif sur le futur de l'îlot Danton. Cependant, le 16 novembre 2015, la mairie a fait savoir que le projet urbain retenu prévoit l'arasement de tout le jardin à la fin du mois de Mars 2016.
{120} La journée de patrimoine a pour objectif de présenter de biens culturels inédits et l'ouverture exceptionnelle au public d'édifices historiques. [En ligne@] URL : http://pjp-eu.coe.int/fr/web/ehd-jep/presentation Consulté le 28/10/2015.
{121} Voir aussi la publication de J.-P. Mignard, « Histoire du concept de compensation écologique », Les Cahiers Lysias, 2016, publication en ligne.
{122} COP 21 : 21e conférence des Parties sur les changements climatiques.
{123} « Nous ne pouvons plus considérer la nature comme un vulgaire et inépuisable réservoir de ressources destinées à notre seul et plein accomplissement. Cette transformation est à la fois une obligation morale et une opportunité mondiale, parce qu'elle nous ouvre des possibilités de développement avec des énergies renouvelables (...), la préservation de la biodiversité, l'accès de tous aux biens publics mondiaux ». Discours du Président de la République (Paris, 30 novembre 2015, COP 21) http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/climat/paris-2015-cop21/actualites-et-evenements-lies-a-paris-climat-2015/article/paris-2015-cop-21-discours-du-president-de-la-republique-30-11-15.
{124} La Convention sur la diversité biologique (1992) rappelle dans son préambule « la valeur intrinsèque de la diversité biologique et de la valeur de la diversité et de ses éléments constitutifs sur les plans environnemental, génétique, social, économique, scientifique, éducatif, culturel, récréatif et esthétique ».
{125} Daté du 17 janvier 2015. Quelques mois auparavant, le même journal rappelait que « l'homme dévore 1,5 Terre par an », prenant en compte la disparition de la moitié des populations d'espèces sauvages, l'appauvrissement des stocks de ressources et l'accumulation des déchets (1er octobre 2014).
{126} Selon l'expression de Sigmund Freund dans Malaise dans la civilisation (1929).
{127} Le rapport du Sénat sur « la mondialisation et l'environnement » du 3 mars 2004, aborde entre autres la genèse et l'intérêt de « l'application du concept du bien public à l'échelle internationale ».
{128} La revue Esprit a publié un numéro sur le thème « Habiter la Terre autrement » (no 420, décembre 2015).
{129} En particulier les cycles biogéochimiques de l'azote, du carbone et du phosphore, avec des répercussions sur le pH des océans.
{130} On ne pourra jamais recréer les écosystèmes présents il y a cent ans ! De nouveaux équilibres se construisent régulièrement.
{131} Susan Sontag : « Quand nous émettons des jugements moraux, nous ne disons pas seulement que ceci est meilleur que cela. Encore plus fondamentalement, nous disons que ceci est plus important que cela. La nature de nos jugements moraux dépend de notre faculté d'attention », Textes réunis dans un ouvrage posthume. Éditions C. Bourgois (2008).
{132} En parlant de transition écologique, Michel Griffon souligne d'ailleurs qu'elle est à la portée de tous les agriculteurs, parce qu'ils vivent et comprennent ce qu'est la nature.
{133} Les conséquences néfastes de la réalisation d'un projet, notamment en matière d'atteintes à la biodiversité, sont compensées par la mise en œuvre d'actions qui ont pour objectif d'éviter (prévention), de réduire (atténuation) et, au final, de compenser les impacts résiduels.
{134} Ouvrage paru en 1625. Trad fr. : Le droit de la guerre et de la paix, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2012.
{135} Ouvrage paru en 1609. Trad fr. Mare liberum. De la liberté des mers, Caen, coll. « Bibliothèque de philosophie politique et juridique », 1990.
{136} Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, conclue à Montego Bay (10 décembre 1982), entrée en vigueur en 1994. Cette convention permet aux États de revendiquer au-delà des eaux territoriales des Zones économiques exclusives de 200 miles nautiques qui limitent d'autant les espaces dits de haute mer et sont sources de négociations territoriales et de conflits potentiels par exemple en Méditerranée.
{137} Art. 136 de la Convention.
{138} Article 1 du Traité de 1967 sur l'espace extra-atmosphérique. Le terme « apanage », comme le fait remarquer Marie-Claude Smouts (2005), n'a ni contenu juridique, ni implication économique.
{139} La résolution 2749 de la 25e assemblée générale de l'ONU définit l'exploitation des fonds marins comme devant être contrôlée et en cas d'exploitation s'opérer dans l'intérêt de l'humanité toute entière, définissant ces espaces comme un « patrimoine commun de l'humanité ». Dans cet esprit, l'exploitation de ressources potentielles a conduit à la mise en place d'une autorité internationale en 1994 qui, à ce jour, considère l'intérêt général en limitant les conflits, mais non l'exploitation commerciale.
{140} Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l'homme de l'Unesco, 11 novembre 1997. http://www.frqnt.gouv.qc.ca/documents/10191/186011/Declaration_genome_humain_OCDE_2000.pdf/383b1d2a-299c-40f0-b80b-f1b6c29631e5
{141} Voir Mancur Olson sur la théorie des jeux collectifs et la logique de l'action collective où peuvent exister des pratiques opportunistes, comme celle dite « du passager clandestin ».
{142} La survie alimentaire d'une partie des populations humaines les plus fragiles dépend de manière mineure d'espèces considérées comme menacées ; parallèlement, elle dépend massivement d'aménagements et d'exploitation de ressources naturelles qui entraînent des pertes de biodiversité diminuant, dans plusieurs groupes, leurs capacités d'évolution ; par exemple, un tiers des espèces de coraux constructeurs d'atolls et de récifs est menacé d'extinction, les raies et requins sont menacés dans la même proportion.
{143} La propriété fait partie des droits de l'homme : on peut posséder sa maison, ses champs, ses forêts, et on y fait ce que l'on souhaite. Il existe ainsi un droit d'usus et même d'abusus. Ce droit est globalement celui partagé par les États ; il existe une propriété des États, comme il existe une propriété des personnes.
{144} Le droit fixe à la fois des objectifs et des limites. Il est une photographie de l'état des connaissances, des conflits d'intérêts et des convergences auxquels on parvient. Il est donc nécessairement inachevé. Son respect n'est jamais absolu. Les États, les acteurs publics ou privés rusent avec le droit aux fins de réduire ou même de nier leurs engagements. Le niveau d'une mobilisation éthique d'une société est la condition du juste respect du droit.
{145} Res communis, à distinguer de res nullius, les deux n'appartenant à personne, mais les secondes devenant la propriété du premier qui s'en empare.
{146} L'école libertarienne critique notamment la théorie de Samuelson, prolongée par celle de Joseph Stiglitz (2006), en ce que le coût de la gestion confiée à l'État serait considérable et inutile alors que la propriété et la régulation privées des biens permettraient une sauvegarde à un coût adapté.
{147} http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl14-359.html, le projet de loi a fait l'objet d'une nouvelle lecture à l'Assemblée en juillet 2016, avant son adoption.
{148} Site officiel du ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.
{149} Ibid.
{150} Titre III : « Création de l'agence française pour la biodiversité ».
{151} La Charte mondiale de la nature adoptée par la résolution 37/7 de l'assemblée générale des Nations unies du 28 octobre 1982 et la Charte de l'environnement de 2005, intégrée dans le bloc de constitutionnalité, insistent sur l'importance de la nature dont l'humanité est l'une des composantes, sur la protection de l'environnement et sur la santé humaine. Les deux textes sont d'inspiration essentiellement anthropique.
{152} On parle d'externalité (ou d'effet externe) lorsque l'action de consommation ou de production d'un agent a des conséquences sur le bien-être d'au moins un autre agent, sans que cette interdépendance soit reconnue par le système de prix, et donc sans donner lieu à compensation monétaire. L'agent émetteur de l'effet externe n'est alors pas conduit à intégrer dans son calcul avantages-coûts la nuisance (en cas d'externalité négative) ou le bénéfice (en cas d'externalité positive) que son comportement engendre pour autrui. Par suite, la valeur sociale de son activité diffère de sa valeur privée.
{153} Dans ce traité de philosophie politique, Hobbes met en évidence la nécessité d'un État fort, issu d'un contrat où les sujets lui cèdent une partie de leur pouvoir et de leur liberté, du fait même de leur incapacité à s'entendre.
{154} Article L 310-10 du projet.
{155} Par extension, Bruno Latour évoque lors de la COP 21 la création d'une deuxième chambre mondiale aux côtés de l'assemblée des États qui serait en charge de la représentation des éléments de la nature, forêts, sols et territoires, océans, par les populations ou agents économiques directement concernés. Voir Le Monde (18 janvier 2016).
{156} Au-delà des conventions internationales, certains États sont très en avance sur ce point. Par exemple la Corée du Sud se distingue par l'amélioration de son couvert forestier, qui est passé de 34 % à 64 % entre 1960 et 1990.
{157} Voir sur ce sujet l'article du Monde du 24 février 2016.
{158} Déclaration du Muséum national d'histoire naturelle (2014). Initiative pour une éthique de la biosphère. Paris, en association avec l'Espace pour la vie et les musées de la civilisation (Québec, Montréal).
{159} L'encyclique du pape François Laudato si en souligne d'ailleurs l'urgence (juin 2015).
{160} CCNE – 6 novembre 2015.